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La ville de Bandol par un bandolais : Bandolais.fr

Un point de vue sur la vie publique bandolaise

Le Maire de Bandol était-il un « homme de paille »?

·Actualité, Humeur, Politique

Comme envisagé lors de mon article d’hier matin, Marcel BOGI a sonné la rentrée politique bandolaise en annonçant qu’il stoppait sa démission à mi-parcours (il a démissionné auprès du Maire mais ne confirmera pas auprès du Préfet). On ne peut pas dire que l’info ait déclenché un flot impressionnant de commentaires, malgré une fréquentation du blog au plus haut depuis la reprise… La tension de juillet est en train de renaître et tout le monde observe ce qui se passe, mais à part les atermoiements de Marcel, personne ne prend l’initiative de trop bouger ou parler sur la scène publique bandolaise.

Alors c’est moi qui vais causer: si j’ai un blog consacré à Bandol, c’est bien pour donner mon opinion de citoyen, rendre publique et partager ma perception de la politique locale. Ca tombe bien, le tango de Marcel me donne l’occasion de revenir sur un point que je n’avais pas commenté (ni même lu ) à temps à cause des « vacances » du blog en août.

Rien de très neuf qui n’ait été déjà dit ici ou ailleurs, mais puisque je me mêle de faire des éditoriaux sur Bandol, il me paraît difficile de ne pas m’exprimer sur ce point.

Le protocole d’accord rendu public par l’AMB de l’équipe Palix/Bogi est à mon sens l’information majeure de 2010. Rien de très scandaleux dans le fait qu’un tel document existe: il me semble normal que des gens qui s’approchent pour collaborer se fixent un cadre. Un accord signé, un contrat est le cadre normal dans notre société et notre droit pour fixer les règles du jeu.

Les listes Sauzet et Delaud avait d’ailleurs établi un truc du genre lors de leur fusion d’entre deux tours pour l’élection municipale de mars 2008: et ils avaient communiqué dessus, expliquant par exemple que l’urbanisme qui pouvait présenter un souci de conflit d’intérêt eu égard à la profession de Michel SAUZET était confié à la liste Delaud, et inversement, la partie Jardins/Espaces verts serait dans le périmètre Sauzet pour échapper au soupçon d’influence d’un professionnel du secteur présent aux côtés de Christian DELAUD. La communication servait à rassurer l’électeur dans un délai très court.

Je pense que l’électeur devrait s’intéresser de près au contenu et à la forme de ce genre d’accords, tant il peut s’avérer révélateur de l’équilibre politique et humain de listes qui fusionnent pour une proposition de compromis. La transparence est là aussi souhaitable, s’agissant bien au final d’accords qui vont régir notre gestion publique.

morale politiqueMais si j’avais été dirigeant de l’AMB, je me serais abstenu de rendre public un tel document a posteriori, car s’il n’est pas à l’avantage de Christian PALIX, il représente un vaccin anti-Bogi assez redoutable… Ou comment se tirer une balle dans le pied en voulant gêner l’adversaire.

A la lecture de ces deux pages, début août, les bras m’en sont tombés: au final on se représente Christian PALIX comme l’homme de paille consentant d’un Marcel BOGI marionnettiste…
Résumons: Christian PALIX sera officiellement tête de liste puis Maire, mais pratiquement tous les pouvoirs et outils de contrôles seront aux mains de Marcel BOGI.

Marcel BOGI qui a appris en 2001 que Bandol ne le choisirait pas comme Maire a décidé de recréer la situation finalement confortable qu’il avait connu sous le mandat du Dr Suquet (dont il faut reconnaître qu’il était affaibli par la maladie à la fin de sa vie – tous les témoignages recueillis vont en ce sens – l’obligeant à déléguer plus qu’il n’aurait été normal): exercer le pouvoir sur Bandol, en laissant le titre et l’écharpe (ainsi que la responsabilité) à un autre… On ne peut pas dire que le procédé brille ni par la grandeur, ni par le courage, ni par l’éthique. Vous ne m’avez pas voulu comme Maire: qu’à cela ne tienne, je serai Maire de fait et à l’insu de votre plein gré*… Dommage pour un homme dont l’argument choc en campagne était qu’une poignée de main, d’homme à homme, les yeux dans les yeux, représentait le meilleur moyen de juger du candidat (à moi ça m’a toujours paru court comme programme, et un poil démagogique).

Rien dans cet accord formel sur le contenu du programme commun de la liste fusionnée: se faire élire, et « réussir ». Pas étonnant que leur campagne m’ait paru d’une vacuité sans bornes, doublée d’une exagération aujourd’hui prouvée du diagnostic financier du mandat de François BAROIS maire sortant.

Balix PoggiMarquage à la culotte du futur Maire par son futur premier adjoint, jusqu’au ridicule: l’ampoulage de l’amitié factice dans la communication municipale a même fini par faire rire tout Bandol tant leur côté siamois devenait surfait et d’une rigidité, on le sait aujourd’hui, contractuelle. De fait, Marcel BOGI avait la haute main sur la campagne électorale d’abord, mais ensuite sur la Direction Générale des Services (le tronc central de la Mairie), sur les services techniques, sur la communication, sur la police, et même sur le cabinet du Maire!!! Comme le pouvoir des délégations était aussi dans son périmètre sous signature, il avait contrôle entier de la Mairie, loin devant le « Maire ». Tout juste pouvait-on sentir un léger avantage du futur premier magistrat sur les structures intercommunales (la politique étrangère de Bandol en quelque sorte).

Seuls les membres de feu leur équipe commune, et les personnels de Mairie, peuvent avoir une vision un peu honnête de comment cet accord fût appliqué pendant 2 ans. Je fais partie de ceux qui ont librement critiqué l’action municipale depuis 2008, mais sur qui rejeter la responsabilité de ce que chacun jugera comme succès ou erreur selon les cas? Faut-il voir la signature de Marcel dans l’affaire des sucettes publicitaires, ou celle du Maire? Les choix de (non-) communication et concertation sont le fait de qui jusqu’à aujourd’hui? La préemption foireuse de la Caravelle, c’est qui? Le quai rose? Etc.

Du point de vue légal, Christian PALIX est bel et bien Maire de Bandol, et pour l’instant rien ne fait obstacle à ce qu’il aille au bout de son mandat. S’il ne sort pas grandi non plus de l’affaire, en ayant signé un contrat léonin qui trahit une ambition du pouvoir (ou au moins de son prestige), prête à avaler bien des couleuvres, il apparaît comme un dirigeant assez vierge car si on s’en tient à leur accord, ce n’est pas lui qui a « régné » sur Bandol depuis 2 ans.

Pour ma part je constate des améliorations sensibles depuis que Christian PALIX s’est libéré de son premier adjoint, au moins sur la forme, en commençant par la communication: vidéodiffusion des conseils municipaux malgré le cafouillage de juillet, établissement d’un forum municipal en ligne, arrêt des mesures d’obstruction systématiques contre les voix discordantes (je sais que c’est sur son intervention que ma société a finalement été référencée dans l’annuaire municipal comme toute autre entreprise bandolaise après des années d’exclusion arbitraire), mention de mon blog très indépendant sur le site municipal pour me créditer d’un article, bref, bien des nouveautés qui malgré le caractère difficile du Maire montrent un mouvement d’ouverture vers plus de démocratie. On s’écarte peu à peu de la politique à l’ancienne. Et tout porte à croire qu’il est en train de réussir sur « sa » partie: entrée dans la communauté de communes de Sud Sainte Baume pratiquement acquise (et question majuscule de la dernière élection).

J’espère que la grosse moitié de mandat qui reste à Christian PALIX lui permettra de progresser sur les aspects où il est personnellement critiqué, tout en prouvant aux bandolais(es) que la manoeuvre d’alliance politicienne pas très reluisante qui a permis son accession au pouvoir, aura finalement donné un Maire compétent volontaire et capable, au bout des péripéties. Il vient de quitter son costume d’homme de paille, avec quelques signes encourageants. Je ne lui souhaite pas de « réussir »: je souhaite qu’il fasse réussir Bandol. Et je reste un observateur attentif et toujours aussi indépendant de la vie politique locale.
Pour l’instant, je me demande quel but poursuit le premier adjoint en conservant son titre sans plus de délégations ni pouvoirs…

F.M. – Bandolais.fr

* copyright: Richard VIRENQUE

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