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La ville de Bandol par un bandolais : Bandolais.fr

Un point de vue sur la vie publique bandolaise

L’humiliation publique du port de Bandol

·Humeur, Nautisme

C’est un point de vue extérieur. Imparfait bien que tentant une approche objectivisée au maximum sur des critères mesurables pour l’essentiel. Extérieur parce qu’il ne vient pas d’acteurs locaux mais d’un magazine national spécialisé, et parce qu’il se place du point de vue du plaisancier visiteur à Bandol.

Et dans son palmarès de 60 ports français de Méditerranée, Voile Magazine classe Bandol (8 ou 9ème port de France par sa capacité d’accueil en plaisance), à la 53ème place… Heureusement que la capacité d’accueil était mesurée, et que le tirant d’eau (à Bandol il approche les 4m) comme la qualité de protection (bonne chez nous) sont des atouts intrinsèques. Et ouf, les ports de l’Atlantique ne seront classés que dans un prochain palmarès, distinct (ça évitera de plonger plus bas).

Le numéro de mars est encore disponible en kiosque, même si je prédis une rupture générale des stocks à Bandol dans la journée.

Les critiques sont connues de tous

Je le savais indépendamment de ma propre opinion ou des articles consacrés au port de Bandol que j’ai pu publier sur ce blog (plus de 70 papiers en relation à ce jour). La deuxième visite d’un vieux sage espagnol et de son marin professionnel deux ans en arrière s’était transformé en réquisitoire lors du dîner à bord, se terminant par un verdict sans appel: « nous reviendrons vous rendre visite, mais nous nous verrons ailleurs, aux Embiez, à la Ciotat même, mais plus d’escales même d’une nuit à Bandol« … Je m’en étais voulu de ne pas avoir filmé l’entretien (je n’ai pas – encore – pour habitude d’installer une caméra lors d’un apéro entre amis), si riches de leçons, que le palmarès publié en ce mois de mars 2013 ne restitue que partiellement.
J’aurais hésité de toutes façons à diffuser un tel condensé de reproches (justifiés hélas et parfaitement assumés par nos amis), gardant en tête la phrase que Delaud cite souvent pour expliquer certains de ses choix : ne pas jouer contre son équipe (il pense à Bandol quand il emploie cette formule). Voile Magazine rendant publique notre performance auprès de la communauté navigante, je balaie mes derniers scrupules* en relayant leur palmarès, et ai failli titrer encore plus cinglant. Vient un moment où tergiverser est également contre-productif, et c’est une limite du raisonnement « Delaud ».
A minima je vous renvoie à l’article et surtout au commentaire que je faisais concernant des sanitaires refaits sous la mandature de François BAROIS pour un coût de 84000€ sans qu’ils donnent satisfaction et certainement pas à la hauteur du prix payé, et à la liste des articles relatifs au port susmentionnée.

Les classements sont toujours discutables

Les responsables se consoleront en lisant que si Sanary fait mieux (26ème place), nous sommes devant St-Cyr, La Ciotat, et même Hyères ou Porquerolles (ça fera remonter l’inquiétude sur la capacité du bassin de navigation au coeur duquel nous sommes à accueillir ses visiteurs, si on omet la très belle première place du port des Embiez au top de la Méditerranée française).
Rappelons-leur que le magazine s’est montré indulgent (ou daté pour certaines informations), en ignorant que la dernière laverie bandolaise à disposition des navigateurs impose d’aller jusqu’à la zone commerciale face au bowling, de même que pour trouver un magasin 100% shipchandler (les voiliers ou magasins faisant un peu d’accastillage en ville ne couvrant qu’en partie les besoins spécifiques des marins): la note évaluant la proximité qui attribue trois étoiles semble a minima très généreuse pour chacun de ces deux critères.
Le commentaire « bon compromis entre le charme et la qualité d’accueil » est formidablement ambigu, et si interprété en mode positif, ne doit pas nous faire oublier que nous sommes derrière un port annoté d’un lapidaire « pas une escale inoubliable« , et encore derrière le Brusc où les visiteurs du port n’ont pratiquement droit qu’à des mouillages… Ca relativise soit notre charme, soit notre qualité d’accueil.

Du pain sur la planche

Michel SAUZET était le candidat de 2008 qui accentuait le plus son programme sur le port de Bandol, en en parlant comme d’un des deux « poumons économiques de la ville« . Ceux de 2014 savent d’ores et déjà qu’ils ont là matière à réfléchir, même si le port n’est a priori pas la préoccupation première d’électeurs qui majoritairement ne sont pas usagers de cet équipement (mais il peuvent être bénéficiaires en tant que contribuables d’un outil rentable pour la ville, à plus d’un titre – finances, image, notoriété, retombées économiques diverses, etc.). Charge aux différentes institutions concernées (mairie, Sogeba, capitainerie, associations d’usagers, etc.) de trouver les voies de l’amélioration pour que le classement de Bandol corresponde à la taille de son port.

Si certains craignent de voir un jour une gestion totalement privée ou sous contrôle de la Chambre de Commerce et d’Industrie comme c’est parfois le cas ailleurs, Voile Magazine a peut-être trouvé le meilleur argument pour plaider en faveur d’une reprise en main effective de la part de la commune sur un élément essentiel de son image et de son économie, avec un exercice du pouvoir volontariste et ambitieux (ce ne sont pas les travaux de la panne D juste achevés qui vont changer la donne).

Mais étant donnée la marge qui nous est indiquée, la bonne nouvelle est que progresser semble presque facile. Je vous raconterai d’ailleurs prochainement comment Bandol a bêtement renoncé sciemment à gagner des points…

F.M. – www.bandolais.fr

* croyez-le ou nom, je retiens ou modère une partie de mes critiques dans l’exercice du blog, qui touche à l’image de Bandol (on me l’a souvent reproché), exercice de contre-pouvoir, par définition critique.

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