Vous n’avez pas tous eu accès à la V2 de Bandolais.fr en même temps

Ceci est un (long) article de vulgarisation informatique qui n’intéresse les bandolais que pour l’anecdote, et/ou leur culture de ces techniques. Si cela ne vous titille pas, zappez vers le prochain article… Même si je vais tenter de jouer le formateur avec des explications en français pour réserver le jargon aux parenthèses et les retirer progressivement.

La version 2 de Bandolais.fr que vous avez sous les yeux a été activée le 31 août 2010 quelques minutes après 21H. Pratiquement personne n’a pu la découvrir à ce moment là. C’est normal, comme il est normal que vous ayez constaté les uns et les autres sa disponibilité très progressivement aujourd’hui, à des heures variables.

Tous les sites internet ont une adresse sous la forme www.adresse.com ou quelque chose approchant. Pour qu’il n’y ait pas de doublons, tous les organismes habilités pour enregistrer ces adresses (à qui s’adresser si votre entreprise ou la mairie veut louer une adresse comme www.bandol.fr par exemple), centralisent ces adresses forcément uniques auprès d’un organisme international (ICANN).
Ca c’est pour ce que vous voyez devant votre écran.

Informatiquement parlant, les adresses des sites sur la vaste toile sont en fait composées de chiffres présentés sous une forme qui ressemble plutôt à ça: 88.206.13.27 (au hasard). C’est ce qu’on appelle adresse IP (Internet Protocol), dont on vous a déjà parlé un peu partout: quand vous surfez sur Internet, si vous faîtes des bêtises, c’est grâce à ça qu’un juge peut vous retrouver. Vous aussi avez une adresse IP quand vous êtes connectés au Net. Au moment où vous l’utilisez, elle est unique (seule votre box ADSL a cette séquence de chiffres).

Pour faire la liaison entre les adresses « texte » et les adresses « chiffres », votre navigateur Internet (Firefox, Explorer, Safari, Opera, Chrome, etc.) va interroger, dès que vous demandez une page web, une machine (serveur DNS) qui va lui permettre de trouver son chemin jusqu’à l’ordinateur qui stocke le site qui vous intéresse (et donc la page que vous demandez). Le problème c’est que l’organisme centralisateur (ICANN) n’a pas beaucoup de machines (serveurs) qui font cette conversion/traduction entre les adresses web des sites et les adresses IP des machines qui stockent « physiquement » les sites. La dernière fois que je m’étais intéressé dans le détail à cette organisation du web (début des années 2000), l’ICANN n’avait que 13 serveurs dédiés à cette tâche (ça a pu augmenter, mais le principe est inchangé). Avec le nombre d’internautes connectés sur la planète, 13 guichets pour demander son chemin, même si on arrive à 26 ou 50 guichets aujourd’hui, c’est insuffisant, pas besoin d’être spécialiste pour l’imaginer, si on veut que ça file vite.

Alors?
Alors en fait votre navigateur internet ne va pas s’adresser à l’ICANN. Votre accès Internet, via votre Box ADSL, vous le devez à SFR, Free ou Orange si vous êtes bandolais, peut-être Bouygues ou Darty ou autre mais qui passent techniquement par les 3 premiers. C’est à un « guichet » de votre fournisseur que votre navigateur va poser la question. Chacun d’eux a ses propres serveurs DNS qui stockent la même chose que ceux de l’ICANN.

ET C’EST LA QU’EST MON EXPLICATION…

En fait, chaque fournisseur va informatiquement et automatiquement interroger l’ICANN (l’une des 13 ou plus de machines dont l’ICANN dispose), et faire une copie du contenu. Puis le copiera sur chacun de ses propres guichets (serveurs DNS). Dans tous les pays du monde chacun des plus ou moins nombreux fournisseurs d’accès à internet va donc avoir ses propres guichets: 13, 26, 50, ou peut-être 500 serveurs DNS selon la taille de sa clientèle…
Et globalement, cette interrogation automatique de l’ICANN se fait à tour de rôle (ils ne se précipitent pas tous en même temps et sinon ils feront la queue devant les 13 guichets de l’ICANN). Mais globalement, chacun refera une demande à l’ICANN toutes les 48H au maximum en général, pour prendre connaissance des nouveaux sites (les nouvelles adresses web activées depuis le dernier passage), effacer les adresses qui n’ont pas été renouvelées, les déménagements d’un site d’une machine de stockage vers une autre, etc.

Et donc chacun de vous a dû patienter jusqu’à ce que le guichet (serveur DNS) dont il dépend ait fini de recopier les résultats de la dernière interrogation de l’ICANN par son fournisseur d’accès: pour les 3 grands fournisseurs français, cette interrogation a eu lieu apparemment dans les 12 ou 15H qui ont suivi l’activation de Bandolais.fr V2. Pour être à jour, ils le font probablement 1 ou 2 fois par 24H.

En effet, Bandolais.fr a tout changé: graphisme, mais aussi moteur interne, mais aussi fournisseur de stockage : pour la petite histoire, Bandolais.fr V1 était « stocké » en Californie. Bandolais.fr V2 est stocké à Roubaix. En activant la V2 mardi soir, on a changé l’IP de la machine qui vous envoie les pages. Ce matin, les clients Free comme moi recevaient encore la page stockée en Californie. C’est à partir de 12H ce mercredi que des clients Free ont signalé qu’ils voyaient les pages de la V2. Le serveur DNS venait de recopier la nouvelle adresse IP correspondant à www.bandolais.fr

Cet article est bourré d’inexactitudes (on peut utiliser des serveurs DNS autres que ceux de son fournisseur, l’ICANN a aujourd’hui probablement plus de 13 serveurs, etc.) mais le principe est exactement celui que je viens de vous décrire. Ca se passe grosso modo comme ça à chaque fois qu’un site « déménage ». Et il est possible que certains d’entre vous voient encore la version 1 jusqu’à ce jeudi soir, dans des cas de connexions particulières (connexion 3G sur téléphone, ou bandolais à l’étranger, etc.). Mais à l’heure où j’écris ces lignes, je crois que tout Bandol a eu accès à la version 2 par les connexions ADSL.

F.M. – Bandolais.fr

PS: pour ceux qui n’ont pas compris mais le veulent, on peut faire une séance de rattrapage aux prochaines rencontres du web bandolais. Ce genre de notions passent beaucoup mieux en conférence orale que par écrit… en général.





4 Commentaires