Un radar à Port d’Alon !…

  • Publié le 31 Mai 2006
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  • DiversHumeur

Cette note fût publiée originellement et à cette date sur mon blog perso : reprise ici le 22/10/2007.

Dans la série « on aura tout vu », je n’avais pas pris le temps de le commenter dans la foulée, mais j’ai eu la surprise pendant l’un des lundis fériés de mai, de constater la présence de gendarmes équipés de jumelles radar sur le petit bout de route qui relie la route Bandol/St Cyr-sur-mer à la calanque de Port d’Alon.

Pour ceux qui connaissent le coin, ça vaut son pesant de cacahouètes.

Autrement dit, on peut s’attendre à les voir absolument partout, car c’est le dernier endroit où je m’attendais à les trouver.

Au passage ils ont vu passer une 2CV chargée de 6 passagers qui reliait Port d’Alon à la plage voisine de La Madrague (par cette route qui tient pratiquement du chemin vicinal).

Ils ne l’ont pas arrêté (forcément, leur mission étant la répression de la vitesse, ils ne se seraient probablement pas occupé de toute autre infraction) mais ont fait des gestes de réprimandes le plus sérieusement du monde, et j’ai encore une fois pensé avec tristesse à l’utopie sécuritaire après laquelle court notre société. A croire que ces gendarmes n’ont jamais eu de jeunesse, de vacances ou de bonheur :

– n’ont-ils jamais pris le chemin d’une plage entre copains dans une 4L surchargée?

– n’ont-ils jamais fait un retour de vendanges entassés avec des camarades dans une charrette agricole?

– n’ont-ils jamais fait un bout de chemin assis dans la benne arrière d’un pick-up les ayant pris en stop?

Ce genre de souvenirs, j’en ai, et ils font partie des moments heureux et simples de l’existence. Ils sont tous pourtant passibles d’amendes pour infraction au code de la route, et seraient aujourd’hui le plus souvent réprimés par les forces de l’ordre.

Fougeres-1Cela m’attriste car l’un des plus heureux souvenirs que j’ai, remonte à l’enfance, quand mon grand-père nous emmenait avec mes soeurs dans sa vieille Renault 6 en Sologne. Il vivait dans le village à l’orée de cette forêt, et à l’automne, allait avec nous y chercher des fougères qui lui servaient au jardin (pour faire un tapis isolant au dessus des dahlias et autres bulbes remisés pour l’hiver). On en coupait tellement qu’on revenait avec tout le coffre plein, banquette arrière rabattue. Les 3 petits-enfants s’allongeaient sur le tas de fougères pour faire tenir le tout, et on rentrait sur quelques kilomètres, hayon arrière grand ouvert, nous 3 riant et faisant force gestes aux voitures qui nous rejoignaient, et auxquelles nous faisions face, affalés à l’arrière de la R6. En arrivant à la maison, nous restions allongés dans ces fougères, le temps que Papy prévienne Mamie qui venait rire du spectacle des 3 petits-cochons (cf. photo jointe). Que de bonheur dans ces rires-là, avec les 3 mômes qui grognaient pour la faire rire, et c’est peut-être Papy qui riait le plus ! A pleurer de bonheur.

Dans l’état actuel des pratiques des forces de l’ordre, je me dis que Papy aurait droit à une prune, et que pire, nous serions privés de ces souvenirs là…

A force de sécurité, obsédante, disproportionnée dans les mesures qu’elle implique ou impose, on va finir par tuer le bonheur de vivre.