Un journal pour le port de Bandol

La mairie de Bandol annonçait en novembre un journal du port, 8 pages disponibles en papier à la capitainerie, à l’Office du Tourisme, et envoyé aux plaisanciers avec les contrats (on l’a reçu depuis). Jacques K. en avait parlé ici-même, sans susciter beaucoup de commentaires. Je lui avais promis que je reviendrais sur le sujet.

Maquette présentée au Nautic de Paris 2011Toute initiative de communication est à saluer comme il le soulignait, mais me souvenant de ce que j’avais pu voir à La Rochelle lors de séjours professionnels liés à mes activités dans le nautisme, je n’ai pas résisté à l’envie d’aller vérifier où on en est là-bas pour mesurer le chemin qui nous reste à parcourir. Sachant que La Rochelle a encore une bonne marge de progression possible (mais c’est déjà pas mal), et qu’avec une capacité de 3600 places, le plus grand port français de l’Atlantique pour la plaisance est logiquement une référence, tout à coup je me dis que c’est curieux que ce soit moi qui fasse ce travail qui devrait être le B-A-BA des gens chargés de ces questions par chez nous.

Le port de la Rochelle a aussi son journal…
…mais en 2012 il devient 100% numérique

Eh oui, la Rochelle a aussi son journal du port. On en est même au numéro 56.
Extrait du numéro 55 de la lettre Plaisance à La RochelleMais à l’heure où nous découvrons cet outil sur 8 pages de papier glacé, celui de la Rochelle est en avance de phase : fini le papier, 100% numérique, envoyé automatiquement à ceux qui communiquent leur email, et librement téléchargeable (archives incluses) sur le site (voir l’extrait du n°55 ci-contre). Ca permet de passer de 3 numéros/an à 6/an (quitte à n’avoir que 4 à 6 pages selon le volume d’actualités).
Vient un moment où il faut savoir comment dépenser intelligemment son argent, et La Rochelle préfère visiblement les efforts de communication plus régulier au maintien perfusé d’une activité d’imprimerie. A moi ils me paraissent parfaitement dans le timing de la révolution mobile, les tablettes tactiles fleurissant allègrement à bord des cockpits des bateaux de plaisance, et l’email étant suffisamment répandu dans ce public. Quant à la quantité de papier imprimé jamais lue, d’une façon générale elle me laisse pantois…

Un vrai site web pour un vrai port
avec de vraies informations dedans

A La Rochelle, l’information des plaisanciers n’est pas complète, mais c’est assez fourni.
Sur le site de la ville, la page qui traite du sujet (dans la rubrique économie) n’est qu’un résumé destiné aux contribuables ou visiteurs « terriens », et renvoie vers un site autonome, qui est lui très riche pour son public propre. Gros bémol quand même, pas moyen de s’abonner aux différentes pages pour recevoir les modifications de façon automatique (comme l’excellente rubrique des avis aux navigateurs par exemple).
logo_port La RochelleOn y trouve l’info du port, mais aussi l’agenda nautique de la ville (chez nous la page des événements ne traitent pas des manifestations du plan d’eau et la liste des articles ne présente même pas leur date de publication), des informations générales assez poussées pour les navigateurs, des questions pratiques intéressant directement les visiteurs marins y sont traitées (comme les moyens de déplacement à terre). L’internaute pourra télécharger le formulaire de demande d’inscription sur liste d’attente (il n’y a plus de port en France où l’on obtienne une place de port sans attendre, je veux dire pour un marin lambda), et les associations trouveront les formulaires pour déclarer leurs manifestations nautiques, etc. Evidemment, tous les tarifs pour les divers publics et toutes les durées y sont publiés, jusqu’au tarif du wifi ou du fax ou les réductions pour les professionnels.
J’ai l’air de dire des évidences mais chez nous seuls les tarifs de passage et de l’aire de carénage sont en ligne (et ceux des douches dans la page des services portuaires).
Côté environnement, LE port qu’est La Rochelle a lui aussi le pavillon bleu, label touristique, mais on a aussi entrepris depuis un moment une démarche rigoureuse avec la certification ISO (normes 14000 – environnementales). On y mesure donc les résultats, mais on s’y engage aussi sur les méthodes, et bien sûr on le fait savoir.
Et puis des trucs fous vus d’ici :
Là-bas, l’internaute moyen saura qu’il y a un conseil portuaire et même comment ça marche. Plus incroyable encore, il y a un CLUPP (Comité Local des Usagers Permanents du Port), et le port en publie l’information (relative notamment aux élections). Bon d’accord, ils ont pas l’air d’être tout à fait à l’heure pour des élections 2012 qui pourraient se tenir sous un mois, mais quand même! Moi je me suis inscrit au CLUPP de Bandol à l’automne 2010 via notre capitainerie, et depuis, aucune nouvelle… et le site du port est muet sur le sujet. Quand on pense qu’il y a des ports où le CLUPP a son propre site, ça paraît dingue : on associerait donc les usagers à la vie du port… je veux dire, vraiment?! YCB logoFaut peut-être que notre propre CLUPP pense à se doter d’un site web et à communiquer, pour que le port de Bandol le prenne en considération et veille à sa représentativité (ça pourrait faire partie des objectifs du YCB par exemple…, non?). En tous cas c’était un sujet qui était sorti dès la première assemblée générale de constitution du Yacht Club.

De la transparence, à Sanary

Pas besoin d’aller à la Rochelle (en plus dès qu’on sort d’Internet, c’est franchement pas pratique de s’y rendre depuis Bandol), regardons juste à côté. Figurez-vous qu’à Sanary, les pages « port » du site de la mairie publient des trucs de malades, des choses qu’on n’ose même pas envisager pour les deux décennies qui viennent de ce côté ci de la Cride :

  • un document qui présente les Règles de gestion de la liste d’attente du port de plaisance.
    C’est pas qu’on en ait jamais parlé, mais on commençait à douter que ça existe un truc pareil… Y’a bien des marins qui prétendaient en avoir vu, en papier, dans des ports lointains comme Saint-Mandrier, mais on commençait à les prendre pour des vantards, ou des illuminés, des types qui se sont faits trop secouer en passant le Cap Sicié…
  • Comme à la Rochelle, le formulaire de demande d’inscription sur liste d’attente, disponible, au même endroit, en un clic. Allez voir si vous ne me croyez pas!!!
    Y’a pas encore la publication officielle de la liste d’attente (les – éventuellement futurs – propriétaires de bateaux ayant droit au respect de la vie privée doit être une raison valable à sa non publication, encore qu’il y aurait moyen de l’anonymiser avec un code personnel par demande), mais la notice précise que chacun est tenu au courant par courrier chaque année. Nom de Zeus il suffit de savoir lire pour savoir de chez soi comment ça marche! En 2012! Y’a des coins où on a trouvé le moyen de faciliter l’information du plaisancier. Dingue que je vous dis!
  • On peut même télécharger un formulaire de demande de réservation de place pour une période quelconque… On croit rêver.
Allez, assez ironisé pour aujourd’hui, mais je ne devrais pas tarder à vous reparler de ces questions: j’ai encore à dire sur le sujet…

F.M. – www.bandolais.fr





Article précédent : Redescendons au port de Bandol

13 Commentaires

  • […] Lundi dernier j’ironisais sur la pauvreté de l’information diffusée par le site du port de Bandol. La réaction à été rapide avec des ajouts immédiats (grand merci) prouvant que certains éléments disponibles étaient faciles à partager rapidement. […]

  • […] en parlait il y a quelques semaines à l’occasion d’un article sur le port : le Comité Local des Usagers Permanents (CLUP) du port de Bandol est au coeur de l’actualité […]

  • […] depuis bien avant 2013). C’est aussi ce point que je voulais évoquer en continuation de mon article consacré au port de la Rochelle (où à l’époque, le wifi vous accueillait gratuitement sur un site du port, avec libre […]

  • Ben on est donc au moins 2 à avoir demandé notre inscription au CLUPP sans avoir reçu de réponse…

    En rappel, un CLUPP, Comité de Liaison des Usagers du Port de Plaisance est destiné à organiser la représentation des plaisanciers au Conseil Portuaire.

    Il y a bien un Conseil Portuaire à Bandol. Il fonctionne.

    Il y a bien des représentants de plaisanciers dans ce Conseil Portuaire. D’après ce que j’ai compris, ils ont été élus il y a quelques années. J’en connais deux. Ils prennent leur mission à coeur et tiennent leur rôle.

    Mais ces représentants devraient être désignés par le CLUPP.

    Qui devrait être réuni tous les ans par le Maire, et recevoir communication du budget du port.

    On comprend bien qu’à Bandol, cela ferait beaucoup de transparence d’un coup.

    C’est dommage, j’imagine bien quelle force de proposition cela pourrait être dans l’intérêt de tous.

    C’est aussi, tout bêtement, violer la loi : http://www.legifrance.gouv.fr/affichCode.do;jsessionid=3AE6E8456A0F331D8CCD961848CF5D7B.tpdjo10v_2?idSectionTA=LEGISCTA000006159710&cidTexte=LEGITEXT000006074233&dateTexte=20120319

    Tu parles ensuite d’un deuxième problème, la gestion des listes d’attente.

    Tu aurais pu ouvrir encore plus le débat. Ce n’est pas « que » la gestion des listes d’attente qui pourrait faire l’objet d’un peu plus de transparence, mais bien toutes les manières d’obtenir une place de port.

    Généralement, sans faire référence à Bandol, chaque année, un 1/3 des places d’un port sont attribuées par la liste d’attente, 1/3 par les changements de bateaux (soit le même propriétaire change de bateau et garde son contrat, soit le bateau change de propriétaire qui récupère le contrat) et 1/3 pour les bateaux vendus par les professionnels du port.

    Je n’ai pas la moindre idée de comment cela se passe à Bandol, ni de combien de places sont concernées pour ces catégories, ni même si elles existent ici. Mais cela pourrait être déjaune bonne idée de commencer à communiquer un peu là-dessus.

    Quasiment tous les grands ports d’Atlantique et de Manche mettent à la disposition du public les règles d’attribution des places de port, directement sur leur site internet, en exposant dans le détail comment sont attribuées les places et ce qui se produit si le n° 1 refuse la place auquel il aurait droit.

    Quant au problème de la gestion de la liste d’attente à Bandol, un exemple au hasard :

    Un plaisancier s’inscrit sur la liste d’attente en 2006. Quelques années après, en janvier 2011, il reçoit une lettre officielle lui indiquant qu’il est n°1 sur cette liste et qu’il devrait obtenir une place quelques mois plus tard. Deux mois plus tard, en mars 2011, il reçoit une nouvelle lettre officielle, signée de la même personne, qui lui indique qu’il est « 1 bis » sur la liste d’attente.

    Un an plus tard, le plaisancier, qui n’a pas obtenu sa place malgré ce qui lui avait été écrit, n’a pas non plus obtenu d’explication son recul dans la liste.

    Et évidement, il se pose la question de savoir par quel mystère il s’est fait ainsi doubler sur le poteau.

    Alors, oui, publier les listes d’attentes et les statistiques sur les modes d’obtention de la place selon les différents moyens (liste d’attente, achat d’un bateau neuf, remplacement de son bateau) serait évidement une excellente initiative.

    Tu soulèves le problème de l’anonymat. Cela se règle facilement en remplaçant le nom par un numéro d’identification. C’est par exemple le cas du port de Ouistreaham, qui utilise pour identifier le plaisancier un n° d’ordre constitué de son année d’inscription et d’un n° chronologique : http://www.ouistreham-plaisance.com/web/presentation/pdf/OUISTREHAM_27_04_11.pdf

    D’autres ports, nombreux, publient intégralement leur liste d’attente nominative. Le port des Sablons, à St Malo, le fait, sans que cela ne semble leur poser le moindre problème : http://www.ville-saint-malo.fr/sport/nautisme/port-des-sablons/.

    La Sagemor, qui gère les ports de Bretagne sud affiche la liste d’attente une fois par an dans chaque port et renseigne qui veut sur un simple appel téléphonique.

    Un ami m’indique avoir consulté sur place celle de St Mandrier.

    Alors vaste question. Pourquoi ce refus obstiné de la transparence ?

    Parce que c’est plus simple ?

    Ou alors parce ce que cela relève de la fameuse question de la poule et de l’œuf : Est que les listes d’attente sont maintenues secrètes pour pouvoir s’arranger avec, ou est- ce que c’est parce qu’elle sont secrètes que l’on peut s’arranger avec ?

    Sans que je ne sache d’ailleurs, même à la lumière de l’exemple que je citais, s’il y a ou non arrangement.

    Jacques

  • Il serait intéressant dans ce cas d’interroger la CADA (http://www.cada.fr/) afin de demander si cette liste doit ou non être obligatoirement communiquée à ceux qui veulent la consulter.

    Préalablement il faut demander à l’administration qui gère ces listes, de pouvoir consulter celles ci… En cas de refus ou de silence… on saisit la CADA:

    http://www.cada.fr/l-exercice-du-droit-d-acces,21.html

  • @PK
    avant de me positionner sur un problème de droit et de « forçage » juridique, je me place sur le plan de la relation aux usagers (toujours ma déformation « marketing ») :

    – les ports aux pratiques les plus modernes appliquent cette transparence (quitte à rendre anonymes les demandeurs via un simple code personnel).

    – la pénurie de places de port dans l’hexagone fait de cette question une ritournelle qui hante tous les pontons (chez nous et ailleurs). Nous avons tous une anecdote de passe-droit à ce sujet, et pour éviter les fantasmes et ramener un peu de sérénité, la transparence serait bienvenue, proactivement. Elle existe ailleurs.
    Et puis ça simplifie la procédure et la compréhension pour chacun de comment faire et de où on en est dans la liste…

  • Entièrement d’accord sur votre réponse…. Je découvre le problème… assez irritant sur le plan des principes en général, et celui de la transparence en particulier, élément essentiel dans la gestion du bien public…. Je ne faisais que donner une voie à suivre.
    Bonne journée.

  • Oui, l’intérêt premier de la publication des listes d’attentes, c’est de permettre à chacun de savoir ce qui l’attend.

    Si tu n’as pas de bateau, savoir qu’il te faudra 2, 5 ou 8 ans avant d’obtenir une place dans tel port, est un élément important dans ta réflexion d’achat.

    Si tu as déja un bateau, c’est aussi important pour savoir quelle stratégie d’attente tu peux adopter (acheter un corps mort si cela va durer, aller passer une saison ailleurs si tu es au bout de tes peines par exemple).

    C’est donc, d’abord, améliorer le service au public.

    Je ne sais pas si ce sont les ports les plus « modernes » qui font cela, c’est en tous cas ceux qui s’intéressent le plus à leurs usagers. Cela me semble la moindre des choses. S’il n’y a pas de place à proposer, au moins, au minimum, communiquer sur comment en obtenir une.

    Une deuxième chose évidente, mise en avant par depuis quelques temps, c’est que ces listes d’attentes ne sont pas exploitées. Il y a pourtant de belles solutions à trouver là.

    Enfin, oui, la meilleure manière d’éteindre la boite à rumeur qui tourne à plein régime sur tous les pontons c’est bien de rendre publique, avec ou sans l’identification des plaisanciers, les listes d’attentes et les contrats accordés.

    Mais je reboucle aussi sur l’histoire du Clupp. Cela va aussi avec. Informer tous les ans les représentants des plaisanciers de l’état des listes et des contrats accordés permettrait aussi une belle transparence.

    Jacques

  • L’information progresse à vitesse V. Dans mes flux RSS de ce mercredi, je note la publication de nouvelles pages sur le site de la mairie, en relation directe avec les sujets que j’abordais ci-dessus:

    Obtenir une place de port

    Règlement de police du port

  • C’est bien, cela montre encore l’intérêt de ton action.

    Il manque juste une information dans l’onglet « obtenir une place au port ».

    Pour s’inscrire sur la liste d’attente, il faut bien adresser sa demande en AR, mais surtout la renouveller tous les ans au cours du premier trimestre. L’oubli de ce renouvellement équivaut à un désistement et on repart en bas de la liste.

    Jacques

  • Sur la consultation des listes d’attentes, après St Mandrier un autre ami m’indique avoir consulté celles du nouveaux port de la Ciotat à la Capitainerie.

    Sur place, par téléphone ou en ligne, tout cela n’a pas l’air trop compliqué à mettre en place.

    Jacques

  • @ Jacques:
    oui en 2012, ce n’est pas compliqué, et ne pas le faire serait incompréhensible (d’où mon ton ironique). La communication doit se penser du point de vue des destinataires (et en fonction de « l’état de l’art »).

    Saluons la réactivité des personnes qui ont décidé et opéré cette première réaction. Il n’y a plus qu’à entreprendre une vraie réflexion sur l’ensemble de la communication à mettre en oeuvre à destination des différents publics visés (et pas seulement faire un début de site pour dire qu’on a même un site web), et à l’appliquer en se mettant à jour des pratiques actuelles…

    Il semblerait que le message soit passé, donc on a toutes les raisons d’espérer…

  • dans ces affaires de passe droit, tout le monde fait le canard en espérant un jour être le bénéficiaire du légendaire passe droit. C’est même ce qui a fait l’ossature du yacht club de bandol composé en grande partie de personne dont les bateaux sont en solution précaire sur la panne K. Il suffit de voir les pavillons de club fleurir sur ce lieu géographique névralgique. C’est comme l’omerta dans l’organisation de la cosa nostra. le problème c’est que dans ces affaires là il y a un gagnant et 99 couillons comme on dit sur la cannebière.
    La transparence c’est mieux et c’est conforme à la loi.
    Ah le bon temps ou c’était le père Jaume qui faisait à son idée. N’est-ce pas les anciens ? L’époque ou la Sogeba n’existait qu’à l’état de spermatozoïde possible ou probable. L’époque des pannes E et F.