Un jour par semaine dans les rues de Bandol

  • Publié le 20 Jan 2010
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C’est la surprise de la Chambre Régionale des Comptes dans la seconde partie de son rapport, consacrée à la sécurité à Bandol. En fait il s’agit d’une étude nationale commandée par la Cour des Comptes, et n’a pas grand-chose à voir avec le rapport qui étudie la gestion de Bandol de 2001 à 2009.
On y apprend que la police municipale affiche un chiffre spectaculaire: sur le total de son effectif, pour chaque semaine travaillée par chaque fonctionnaire de la police municipale, en moyenne seul un jour est consacré au terrain peu ou prou.
Après la page 19 qui présente un tableau des chiffres fournis par la Police Municipale de Bandol, la page 20 commence par une synthèse de ces données:
« Le service consacre donc près de 50% de son temps de travail à la rédaction de rapports, à des activités procédurales et à des tâches administratives. Si l’on y ajoute les réunions diverses et l’accueil, c’est plus de 70% de son temps de travail qui est absorbé par ce type de missions. Au final, les activités de surveillance et de contrôle occupent une part d’environ 20% du temps de travail alors que la présence sur la voie publique n’en concerne que 7% environ. »
J’en avais eu la confirmation il y a quelques jours lors d’une discussion amicale avec un policier municipal d’une autre ville, qui …/…


.../… se plaignait de l’énorme travail statistique qui est imposé à son service, largement sous la pression de la Police Nationale qui recueille les infos de la municipale et remonte ces chiffres exigés au niveau ministériel. Nos politiques nationaux ont une soif sans fin de statistiques très diverses relatives au champ de compétence des polices. Ce même policier me confirmait également que l’absence d’interconnexion informatique entre son service et la Police Nationale compliquait largement la remontée de ces infos, et obligeait en effet sa hiérarchie à produire un travail de chiffrage et d’analyse statistique monopolisant l’essentiel du temps.
Je compare avec les données de domaine que je connais: on conseille aux travailleurs indépendants qui se lancent, de planifier leur activité en sachant que pour deux jours de « production » effective, il faudra prévoir entre un et deux jours de travail hors « production »: commercial, gestion, formation, et administratif pour regrouper sous des vocables généralistes. Ca veut dire qu’en tant qu’indépendant, je dois consacrer entre 50 et 70% de mon temps à produire pour mes clients, et le reste à gérer et développer mon entreprise (et pour y arriver, un indépendant devra forcément exploser les chiffres normaux de durée de temps de travail à 39 ou 35H/semaine). Ces conseils me paraissent assez réalistes.
Au niveau de la Police Municipale, on considère donc que 25 à 30% du temps de l’effectif est consacré au coeur de « production »: assurer la sécurité des citoyens et des manifestations diverses qui ont lieu dans l’espace public. Je conçois que les rapports (qui serviront ensuite éventuellement dans la chaîne judiciaire, ou l’enregistrement des plaintes qui font partie de l’accueil du public, etc.), soient aussi de la « production ». Mais l’écart me laisse malgré tout très surpris, et j’attends avec impatience que la Cour des Comptes indique les pistes pour qu’au niveau national, le ratio coût/performance se soucie davantage du service de nos concitoyens et un peu moins de la façon de pouvoir présenter les chiffres de la sécurité pour nos dirigeants politiques (parce qu’on soupçonne qu’il y a une part de cuisine médiatique de résultats derrière, et pas seulement la surveillance d’un tableau de bord de la sécurité en France, certes utile au bon pilotage de cette mission).
Frédéric METEY
www.bandolais.fr
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