Troisième interview de candidat : Michel Sauzet

Avec SauzetAprès un report d’agenda, j’ai finalement rencontré Michel Sauzet ce jeudi soir. Contrairement à Marcel Bogi, et comme Christian Delaud avant lui, il a voulu me recevoir avec des membres de son équipe. Contrairement à Marcel Bogi, et comme Christian Delaud, je ne le connaissais pas au préalable (ni ses colistiers à l’exception du cas particulier de Serge Gervais démissionnaire, rencontré dans les jours précédents). Cependant, comme pour Delaud, j’avais entendu beaucoup de choses, et arrivais avec en tête une image, la réputation de l’homme Michel Sauzet, cette fois plus contrastée que pour son concurrent de gauche (Delaud dont la réputation humaine est spectaculairement positive): pour Sauzet son activité de professionnel de l’immobilier fait dire à beaucoup de bandolais que je fréquente, que c’est un homme d’affaires qui peut être dur dans le business et sur les questions d’argent, et fonctionner sans prendre de gants, ce qui ne l’empêche pas d’avoir aussi de bons échos auprès de l’autre moitié des gens qui se sont exprimés sur lui auprès de moi: travailleur, compétent, un « mec » bien… ce n’est ni un sondage, ni le reflet de la réalité, uniquement des opinions recueillies au hasard.

Moi j’avais l’idée d’une liste dont la constitution ouverte n’était pas sans problème, avec un leader qui porte la « tâche » d’une profession qui a laissé des souvenirs, comment dire, très concrets à Bandol avec l’époque Fabre (1971-1977), souffrant d’un déficit de notoriété, et dont le site web ressemblait par plusieurs aspects à une erreur de communication. Ca peut paraître sévère, mais je le souligne car malgré ce handicap, je dois bien admettre que cette équipe m’a fait une grosse impression. …/…

…/… Oui une grosse impression positive. Premièrement, et peut-être parce que nous approchons de l’échéance, et que j’ai eu l’impression d’obtenir plus de concrets quant à des engagements de programme. Aussi sûrement parce qu’à l’instar de l’équipe Delaud, l’équipe Sauzet est relativement vierge: pas aux affaires (même si pour l’équipe Delaud, lui est élu d’opposition), plutôt des gens neufs en politique, à qui il est difficile de reprocher un bilan éventuellement sujet à débat… Enfin et surtout, car le noyau dur que je pense avoir rencontré, m’a paru de très bonne qualité, même si je n’ai pas vérifié les CV et compétences exactes.

Michel Sauzet, comme ses colistiers présents, sont des hommes relativement nouveaux dans la vie publique bandolaise, bien que certains soient encartés (dominante UMP pour ceux présents), arrivant à un âge où ils se libèrent d’obligations professionnelles, mais encore actifs et forts d’années d’expérience avec souvent de fortes responsabilités. Ils sont aussi visiblement amoureux d’un Bandol pas si lointain, et qui était encore un pôle attractif où des hôtels plus nombreux qu’aujourd’hui étaient des établissements relativement florissants. Cela semble la base de leurs motivations: rendre à Bandol une certaine capacité d’attraction, un caractère plus festif pendant les périodes touristiques, un profil plus proche de ce que montre la démongraphie nationale ou simplement celle de nos voisins.

Cela nous a conduit à parler des réalisations des anciens maires (et éventuellement de leurs mérites respectifs – Paecht avec la déviation, ou Barois avec certains travaux indispensables enfin réalisés), et en particulier de François Barois, à qui Sauzet reproche d’avoir fait de Bandol un chantier permanent.

J’ai donc embrayé sur le soupçon qui pèse sur un professionnel de l’immobilier: même s’il prend sa retraite, son réseau, ses amis sont susceptibles de « l’aider ou l’encourager » à entreprendre de nouveaux chantiers. Michel Sauzet m’a donc offert sa lecture de l’immobilier local et une leçon de PLU. Lui déclare ne plus vouloir construire, arrêter le bétonnage de la ville, mais utiliser d’autres moyens pour l’aménagement de Bandol. Le Maire peut jouer sur le cahier des charges des nouvelles réalisations, peut orienter les permis de construire, fixer des limites. En ce sens, pour lui ce sont les maires qui ont laissé disparaître les hôtels de la rue Raimu, ou directement le Maire actuel qui n’a pas négocié deux étages de parking (qui auraient été une bonne idée) dans l’ensemble en construction que réalise un célèbre promoteur derrière l’ancien garage Renault, pourtant à proximité de l’école, du centre, de la poste (un manque de vision?). Ces transformations de Bandol sans prise en compte de l’évolution de la ville sont à ses yeux une faute, qui explique ce que lui et d’autres considèrent comme le déclin de la commune. Il affirme qu’en fin de carrière professionnelle, il n’est plus dans la démarche de construire son patrimoine qui le satisfait, mais de mettre à disposition de ses concitoyens son expertise de l’immobilier urbain pour favoriser un nouvel essor de Bandol. Dans ce sens, son équipe m’annonce sa volonté de rendre gratuit pour les bandolais les parkings en ville, car c’est la condition d’un nouveau souffle pour les commerces. Les bandolais payants leurs impôts locaux à Bandol bénéficieraient d’un abonnement gratuit dans tous les parkings qui pourraient devenir payants à l’année pour les visiteurs extérieurs. C’est un fait, comme le stigmatisait Guy C. Lévy dans un article paru ici, que beaucoup d’habitants des collines de la ville font le choix aujourd’hui de faire leurs courses au dehors, et en particulier dans les centres commerciaux qui ne sont pas si éloignés, et dotés de stationnements bien pratiques. Pour la liste Sauzet, cette mesure est fondamentale, et ils en espèrent l’effet d’une petite bombe dans la campagne.

Autre point lié à l’immobilier, le respect des lois sur l’habitat social peut être intelligemment appliqué par l’utilisation du droit de préemption de la Mairie. Ne pas hésiter à acheter des appartements qui se libèrent, AU PRIX DU MARCHE, pour les proposer en habitat social intégré parmi les locataires et propriétaires « ‘classiques ». Hors de question de construire de nouveaux HLM, futurs ghettos comme l’a prouvé l’Histoire.

Dans la même veine que la gestion des parkings qui a un impact économique évident sur la ville, et pour redonner toute sa dimension touristique à Bandol, l’équipe envisage la création d’un poste de « directeur de station » (pilotant tous les aspects de la ville impactés par ce « périmètre transverse »), à confier à un authentique professionnel.

En raison de la densité de ce que nous nous sommes dits en près de deux heures, je dois malheureusement scinder cet article en deux, et vous invite à revenir lire la suite de ce compte-rendu dans un prochain billet…





3 Commentaires

  • Anne Wozniak-Saporte

    Jeudi dernier, le « noyau dur » était composé de quatre hommes et d’une femme. Or, Fred, cela n’apparaît pas dans votre compte-rendu et j’en suis attristée. Je suis « collistière » et « femme » avec un parcours professionnel, associatif et familial.Très sensible à ma condition de femme, j’aurais souhaité voir apparaître le féminin dans votre article! Je sais que c’est un oubli de votre part et n’ai donc aucune animosité! J’écrirai prochainement quelques mots sur la vie, les préoccupations des femmes et leur place en politique!

  • Troisième interview de candidat : Michel Sauzet (la suite, et fin)

    Après les points déjà rapportés concernant ma toute première rencontre avec Michel Sauzet, je vous propose la suite de cet entretien, et mes conclusions sur cette liste dont je pens…

  • Je viens m’excuser auprès de Mme Saporte qui a réagi à ma première partie de l’article (ce commentaire est repris en bas de la seconde partie de l’article sur Michel Sauzet). Je n’y soulignais pas sa présence en tant que femme. Dans ma génération (et hors du monde politique), la parité semble naturelle et on ne voit même pas bien le besoin d’un recours à la loi pour l’affirmer (comme Elisabeth Badinter, ma position était même plutôt défavorable à cette loi, bien qu’il soit indubitable qu’elle ait fait bougé les choses). Quand j’écris « hommes » en parlant des colistiers, c’est générique de l’espèce, pas du genre. A mes yeux, il n’y a aucune raison de remarquer la présence d’une femme dans une équipe: c’est juste normal. Et comme de plus la loi rend obligatoire la composition de listes mixtes alternées, je ne vais certainement pas relever ce point. Mais aucune misogynie de ma part. Maintenant qu’il reste des progrès à faire à l’échelle de toute la société, c’est évident, et que vous souhaitiez vous exprimer en tant que femme sur la condition féminine en particulier en politique et dans la société me semble une très bonne chose. Je vous propose même mes colonnes si vous déconnectez ce papier des élections municipales, et pouvez lui donner un axe bandolais (l’exercice peut être délicat quand même, et au besoin je retarderai sa parution à l’après mars).