Suis-je bandolais ?

Mes copains locaux me traitent gentiment de « parisien » assez souvent, mais de moins en moins. Parfois ils me reconnaissent la qualité de « local », de « bandolais », à plus ou moins 50%. Ca me fait plaisir.

La vérité, c’est que je fréquente Bandol depuis mes 11 ans, Pâques 1980, quand mes grands-parents m’ont fait passer les vacances (puis toutes les Pâques suivantes), dans leur multipropriété avec terrasse sur la baie de Renecros. De merveilleux souvenirs, avec des grands-parents qui aimaient ces 15 jours par an ici, avec ma petite soeur et moi. Quand les dates scolaires tombaient mal (décalées par rapport à leur séjour ici du 1 au 15 avril), ils prenaient deux chambres avec nous au Ker Mocotte (ex-maison de Raimu qui faisait encore hôtel à l’époque).

J’y suis revenu longtemps pour la planche à voile, et mes plus vieux copains et copines bandolais datent de cette époque (de mes 18 à 22 ans). Puis mes grands-parents ont cessé de faire le voyage depuis la Sologne, et la famille a décidé de prendre pied à l’année avec un petit appartement accessible à pied depuis la gare et à 10mn de marche de la plage. Je suis moins venu, mais régulièrement quand même, et les liens noués ont perduré avec certains bandolais.

Quand j’ai voulu quitter Paris, pour créer ma société, je cherchais aussi un cadre de vie. Une météo propice à la moto, la mer pour naviguer sous voiles, ou au moteur, et un parfum d’enfance,  le pied à terre familial, régulièrement sous-occupé, offrait aussi l’avantage de l’économie pour un jeune chef d’entreprise se lançant un peu seul. Bandol semblait aussi un bon choix de clientèle pour mon activité, et si hésitation il y eût, ce fût juste par prudence, pour la forme disons.
Installé dès le printemps 2003, j’ai décidé de racheter l’appartement à la famille fin 2006, pour poser vraiment mes valises, me sentir plus chez moi, libre d’occuper complètement les murs et profiter sereinement d’une région que j’aime à plusieurs titres.

Aujourd’hui, mon réseau de clientèle locale (mais souvent issue comme moi d’une immigration d’autres régions), fait que je me sens intégré. D’autant que les relations de travail se sont parfois muées en amitié, et si je suis un solitaire par bien des aspects, je ne suis sûrement pas seul (d’autant que ma compagne avec qui nous avions déjà vécu à Paris, est à nouveau à mes côtés malgré ses difficultés à trouver un travail en France, digne de ses capacités).
Alors je ne suis que bandolais d’adoption, certes, mais je suis vraiment bandolais au quotidien, et quand le travail m’oblige à prendre le TGV pour Paris, je râle toujours un peu. J’ai beaucoup de bandolais comme clients, à titre personnel, ou pour leur activité professionnelle, et je tâche autant que faire se peut, de faire vivre les commerces locaux, mes homologues en quelque sorte. J’ai même des relations cordiales avec ma « concurrence » (parfois plus bandolaise que moi), avec qui il arrive que je collabore quand les dossiers le demandent. Bref, intégré, impliqué, j’aimerais rester à Bandol : c’est beaucoup la capacité que ma compagne et moi aurons à survivre économiquement ici qui décidera de la durée de notre résidence. Et puis la vie qui réserve des surprises, et fera que notre implantation sera durable ou non. Quoiqu’il arrive, aujourd’hui même si je dois partir un jour vers de nouveaux horizons, c’est quand même ici que je sentirai mes « racines de nomade », racines qui remontent à de merveilleuses vacances entre mes grands-parents, racines qui remontent à de vrais bonheurs d’enfant, il y a presque 30 ans.

18 octobre 2007

Frédéric METEY
www.bandolais.fr

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Commentaires

1 guylaine a dit… 12 juillet 2010 à 17:03

Je suis Bandolaise d’adoption depuis 1983, quand je dis je suis pas Bandolaise je m’entend répondre tu habites ici on t’a toujours vue pour nous tu es Bandolaise.
Je te donne raison Fred moi aussi je râle toujours quand je dois partir quelque part.
Ce que je regrette de ne plus voir à Bandol ce sont les pêcheurs qui réparaient les filets sur le port, ou les animations qui durait tard sur le port,tout ce qui faisait le charme de Bandol à disparu à cause des connards et je suis gentille quand je dis connard qui viennent d’ailleurs et qui veulent faire leur lois.

Petite anecdotes (me croiras-tu):

Y’a un an de cela des vacanciers ont appelés la police pour qu’ils viennent faire taire les cigales. Oui!oui! c’est vraie.

Chez Ange le boucher d’autres vacanciers (des femmes) pour se montrer celles ci elles demandaient si le boucher vendaient des feuilles de vignes.(fou rire assuré)

En 1983 Bandol était une charmante petite ville acceuillante avec de belles boutiques où tu avais envie de rentrer et d’acheter,maintenant Bandol c’est fini sa baisse.Ce qui est décevant c’est être et paraitre la frime.
J’adore Bandol mais dès que je pourrais en partir je le ferais.

2 Françoise S a écrit en réponse à guylaine… 12 juillet 2010 à 18:27

je suis d’accord sur tout et je crois l’avoir déjà mentionné. Mais malgré tout, je reviens tous les ans à Bandol, je suis grace à Bandolais.fr les nouvelles de Bandol, je fais la collection de cartes postales, etc je viens à Bandol, pour ma part, depuis 1952.Mes grands-parents tenaient une épicerie, rue des Tonneliers, c’était un vrai plaisir; tout le monde se connaissait et nous, les enfants, nous jouions sur la place de l’Eglise, à cette époque, il n’y avait aucun risque. nous sommes de la région parisienne, mais depuis 5 générations notre coeur est à Bandol….

3 moutte max a dit… 14 juillet 2010 à 22:55

Bonsoir Françoise – fini le nom de petite fille du pépé S… du N°15 ou 17 de la rue des tonneliers qui a fait partie au début du XX siècle des rues populaires – Rue Courbert – des immortelles – Pons de l’Hérault – Allègre – de la rue des tonneliers tous les corps de bâtiments ont changer de prestation dont je donne le nom de famille par respect du passé : assurance Chatord / hotel du Commerce Béttini / Auto école Moutte /Gantel / Pierraccini /épicerie Salude /primeurs Mouton /Ancien moulin a Huile Bertrand / Primeurs Sauve / j’en ai oublié le temps a passé et la mémoire aussi.

Les personnes qui résident a Bandol quelque soit leur existence d’évaluation du temps de présence SONT Bandolais.

Guylaine au prénom hors du commun – vouloir être considéré originaire locale mais vous devriez profiter de se nom pour s’intégrer a la société de votre génération avec humour d’une plaisanterie « Moi, je suis le producteur de bonheur, le bienvenue car avec mon (GUY) symbole du bonheur et (LAINE) conserve l’enchantement ».

EX dont on me donne amicalement Max la Menace – Il est Libre Max etc.

Voyez vous la population par la suite vous classera bandolais – Qu’importe la dénomination ce n’est pas important

Recevez mes cordiales amitiés – Max Moutte

4 Edith a dit… 28 juillet 2010 à 12:50

Aujourd’hui c’est un anniversaire…
Il y a 29 ans, le 28 juillet 1981, nous débarquions à Bandol, mon mari, notre fille et moi.
Venant de l’Oise, mais avec un petit détour (à peine plus d’un an) par Nice,nous avions décidé de nous installer à Bandol.
Depuis quelque années nous y passions nos vacances, sur notre bateau amarré dans le port.
Et c’est sur ce bateau que nous nous sommes installés, en attendant de trouver travail et logement, après avoir mis tout notre mobilier en garde meuble.
Nous y avons vécu presque un an, ce fut très agréable, même l’hiver, la douceur bandolaise est bien connue.
Notre fille fréquentait le collège Raimu, et ses copines aimaient bien venir faire leur devoir avec elle sur le bateau.
Au printemps suivant, j’ai trouvé un emploi à mi-temps chez un shipchandler, sur le Quai de Gaulle, qui s’en souvient ? ça s’appelait « Sim Nautic ».
En juillet 1982, un ami qui travaillait dans une agence immobilière nous proposa un appartement en location, il fallait choisir, le bateau ou l’appartement, « Altaïr », c’était son nom, fut vendu et notre mobilier quitta le garde meuble pour Bandol.
En Septembre 1983, nouvel emploi, à plein temps cette fois chez un avitailleur à Toulon.
En avril 1984, le même ami, qui venait de s’associer dans une autre agence, m’offrit un poste de sécrétaire, j’y suis restée jusqu’en 1996.
Mon mari, lui était déjà à la retraite, mais pas tout à fait inactif, certain se souviennent peut être d’un saxophoniste qui jouait dans les bars de Bandol…
Le 28 juillet 1981, notre fille allait avoir 12 ans, elle en aura 41 à la fin de l’année le temps passe si vite !
Mon mari est décédé en novembre dernier, je vais peut être devoir quitter Bandol.
Ce sera avec beaucoup de tristesse
La vie a été belle à Bandol pendant 29 ans, les chicaneries, municipales ou autres, la frime de certain, n’enlèvent rien à la douceur de cette jolie ville.
Notre voiture était assurée chez Chatord, elle était entretenue par Pierracini…
Alors, oui, je crois que je suis Bandolaise.

5 moutte max a dit… 28 juillet 2010 à 19:47

Edith il y a bien longtemps que votre famille est bandolaise – max

6 Pierre C a écrit en réponse à Edith… 28 juillet 2010 à 20:32

Recit touchant pour moi qui ai connu et apprecié Pierrot. Excellent saxophoniste et Bandolais, il avait, entre autres, animé quelques soirées à l’époque glorieuse du Diam’s….Comme promis, nous l’acompagnerons ensemble pour son dernier voyage…..

Pierre.C

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