Serge Gervais s’explique

Serge Gervais lit fidèlement mon blog (responsable de la veille Internet pour la liste dont il était membre, ou simple participation au dialogue citoyen?). J’appréciais sa participation régulière au débat, et ses propos généralement pesés, sachant ne pas faire de dénigrement systématique, rendant même à ses adversaires politiques leurs mérites le cas échéant.

Ces relations en bonne intelligence l’ont conduit à me confier un scoop: son départ de la liste de Michel Sauzet, que j’ai annoncé sans avoir plus de précisions, dans un article où je rappelais que l’évolution naturelle des relations humaines au cours des années explique souvent les revirements d’alliance en politique, en tous cas à l’échelle d’une commune comme Bandol.

Il a digéré les raisons de son départ, et a décidé de me les confier, à nouveau en primeur médiatique. Je l’en remercie, mon modeste blog (dont les chiffres de lecture n’ont rien à voir avec Var Matin), se trouvant honoré de servir de première tribune locale. …/…

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La discussion a été très riche, et en près de deux heures nous avons passé beaucoup de thèmes en revue, mais Serge Gervais tenait surtout à s’expliquer sur les raisons de son départ d’une liste dans laquelle il a beaucoup oeuvré, s’est énormément investi, mais où il a eu le sentiment que l’engagement qu’il y avait manifesté ne serait au final pas respecté. Pourquoi? Parce qu’on lui a demandé de s’engager à suivre Michel Sauzet quelle que soit son attitude au deuxième tour, y compris contraire à ce qui lui aurait été assuré au préalable. Serge Gervais a sa carte de l’UMP, se réclame de Sarkozy, et a conduit plusieurs personnes à s’engager tant à l’UMP qu’avec Michel Sauzet, sur la base d’assurances que celui-ci lui aurait fourni. Or à l’évidence pour lui, cela supposait certains choix lorsque viendrait le second tour et en empêchait d’autres, et l’accord lui semblait réciproque.

Son départ (son choix) a donc été provoqué par la découverte d’un flou certain sur ce point. En fait il reproche à son (ex-)tête de liste d’avoir donné d’autres assurances, et avec un autre discours, à d’autres composantes de cette liste. Pour lui, la liste Sauzet est devenu un mélange hétéroclite dont la ligne de conduite est fluctuante, et où l’engagement de certains membres est un choix de circonstances. Il ne s’y reconnaît plus, se sent floué par rapport à ses propres efforts et convictions, et considère que cette élection se gèrera sur des bases politiciennes mais non politiques. En conclusion, il affirme que l’interview de Sauzet dans Var Matin où celui-ci déclare aller dans tous les cas de figure au second tour, seul, n’est qu’une annonce de campagne sans aucun fonds réel: tout peut arriver. Et ce « tout » ne lui convient pas.

J’ai déjà eu l’occasion de dire ce que j’en pensais des étiquettes de parti en politique locale, mais je respecte les convictions, et l’engagement de ceux qui se lancent en politique: au minimum, il faut du courage. Serge Gervais se sent trahi politiquement, et reçoit des demandes d’explications sur les raisons de son départ. Voilà donc la première page de sa réponse à ceux qui aujourd’hui le critiquent ou l’interpellent sur son geste. Aucun doute que même s’il a choisi de se retirer à peu près complètement (il continuera au moins à commenter ce blog m’a-t-il assuré) de ces élections municipales, il trouvera d’autres moyens de justifier cet acte lourd en plein début de campagne réelle.

Pour Michel Sauzet, il devient impératif de clarifier son positionnement, tant en interne que face aux bandolais, et comme ce blog l’a proclamé depuis le début, mes commentaires lui sont ouverts pour répondre de façon argumentée et proportionnée à cette mise en cause. Pour ma part, je me suis jusqu’ici contenté d’observer que se confirmaient mes craintes quant à sa liste: l’organisation, la cohérence, ou même le savoir-faire de son équipe ont été pour l’instant de sérieux handicaps pour rendre sa candidature crédible. Cependant je vais y revenir très prochainement dans un autre article, puisque je l’ai rencontré avec 4 de ses équipier(e)s hier soir.

Cependant, ce départ de poids (du point de vue que j’observe avec le plus d’acuité, la campagne sur Internet) ne contribue pas à rendre sereins les électeurs qui envisageraient de voter pour lui. A ce jour, le fonctionnement de cette liste est carrément devenu son plus sévère handicap. A sa décharge, dans une ville de 8000 habitants, trouver 4 fois 30 personnalités valables (ou pire 7 fois comme en 2001) pour constituer des listes sérieuses et cohérentes ne doit pas être une mince affaire, et je ne suis pas certain que toutes soient exemptes de ce problème (euphémisme).

J’ajoute d’une façon plus générale, que mon immersion récente dans l’observation politique locale me fait penser de plus en plus qu’un certain clientélisme fait résolument partie de la politique d’une petite ville (et cela m’attriste), et que l’engagement de certaines personnes au sein de listes candidates n’est pas motivé que par le souci du bien public (je ne suis quand même pas naïf au point de me l’être imaginé, mais le constater est très irritant). C’est un autre avantage de m’être placé en observateur public de cette campagne: beaucoup de gens me parlent aujourd’hui, et mon apprentissage se fait à une vitesse et une profondeur que je n’aurai jamais pu espérer en quelques mois autrement.





Article précédent : L’écoute des administrés

2 Commentaires

  • […] a lieu à chaque élection, dans toutes les équipes. En 2008 à Bandol, c’est Serge Gervais qui avait fait du bruit via ce blog en illustrant ce phénomène. Nous arrivons à un moment de la campagne où les engagements doivent se figer, et pourtant il se […]

  • Je viens de lire l’explication donnée sur le départ de Serge GERVAIS de la liste de Michel SAUZET. Votre analyse sur la situation « politique » de Bandol en général, me parait très juste, 2 mandats dans les rangs de l’opposition m’ont donné le minimum de clairvoyance dans les erreurs que les uns et les autres commettent pour faire bouger et avancer les choses. Ce prochain combat sera un combat d’hommes et non un combat d’idées, tous les acteurs en compétition ont tout fait pour cela y compris l’équipe en place. Je renouvelle donc ce que j’ai pu déjà affirmer: nous élirons à Bandol une équipe très moyenne!!!