Retour sur le vote du budget 2011 à Bandol

  • Publié le 11 Avr 2011
  • Commentaires fermés sur Retour sur le vote du budget 2011 à Bandol
  • HumeurPolitique

Retour sur le conseil municipal du 4 avril dernier à Bandol: quelques commentaires s’imposent avec un peu de recul.

1) La baisse de fréquence des conseils municipaux conduit à des conseils fleuves. Et semble n’être qu’un calcul politicien.
Comme je l’annonçais, on dirait que même au service communication on ait renoncé au travail de conversion et mise en ligne de l’enregistrement vidéo: beaucoup de boulot, et un film en plan fixe de 5 ou 6H n’est visionné par personne s’il est diffusé plusieurs jours après et alors que son contenu est déjà connu (sauf évidemment si un incident de séance devait attiser les curiosités).
On pensait avoir gagné en transparence, mais les différentes tactiques aboutissent à une régression: l’heure tardive adaptée aux actifs devient un vrai handicap quand le conseil dure plus de 3H, et de facto, sans justification d’un passage à des conseils tous les deux ou trois mois, par l’allongement de la séance on tue l’avancée de la vidéo (en plus de décourager le public qui vient assister). Je sens que ce sont les blogueurs qui vont devoir s’y recoller, recommencer à filmer pour monter les extraits qu’ils choisiront de diffuser subjectivement.

Les avancées démocratiques ne servent à rien si elles sont perverties par des manoeuvres tactiques: il ne suffit pas de mimer quelques progrès pour être démocrate, mais bien de s’imprégner de l’esprit de la démocratie et de s’attacher à la faire vivre plutôt qu’à l’instrumentaliser.

2) Qu’est-ce qui peut justifier que des élus quittent le conseil comme le soulignait un commentateur?
Après le plat de résistance, point 46 de l’ordre du jour avec le vote du budget primitif 2011, une dizaine d’élus ont levé le camp, façon de protester contre cette stratégie de fatigue nerveuse imposée aux élus, alors qu’il restait 11 points à l’ordre du jour. Zéro débat. Et du point de vue du citoyen, difficile de comprendre la petite dizaine d’élus qui ont cavalièrement zappé la fin des débats. Dans le public des gens sont restés, mais pas tous ceux censés nous représenter.

3) la stratégie d’usure fonctionne: vote dudit budget sans aucune négociation, aucun débat sur aucun chiffre.
Pour l’essentiel, chaque élu qui comptait faire entendre sa voix s’est contenté d’une déclaration politique: je vote pour ou contre ou m’abstiens, chacun pour ses raisons, d’abord de posture. Ou alors c’est que nos élus ne siègent que pour ces jeux de rôles, et que personne n’avait envie de rentrer dans les choix de gestion. Sic.

4) La seule critique argumentée sur le budget ne vient pas du conseil municipal où seul Christian DELAUD a donné un conseil à la fois d’ami et d’opposant au Maire (avec un appel à la suspension des travaux sur la fin du mandat): c’est encore le Dr Joseph qui rentre dans les chiffres avec un article qui démonte les variations du mandat, et les abus dans le discours du Maire. L’opposition au Maire de Bandol est pourtant fournie, mais personne n’a tiqué sur ces points qui avaient été évoqués publiquement avant le conseil: personne pour relever le terme « illégal » dont le Maire a affublé la provision pour risque liée au Casino? Personne n’avait aucun autre point à négocier? Il suffit de 4H de manoeuvres dilatoires pour user la résistance de nos élus et leur combativité?

Vers 21H, le Maire avec sa lecture amusée et emphatique de la délibération relative aux sauveteurs et à leurs chiens nous a forcé à rire, mais en nous prouvant qu’il joue avec les 28 autres élus de son conseil municipal. Décalé en effet que cette lecture qui démontrait qu’il voulait faire durer, qu’il jouait la montre, l’usure, la fatigue de l’adversaire, avec 45 points qui n’auraient jamais dû venir pourrir l’attente d’un débat aussi essentiel que le budget, mais bien dû faire l’objet d’un autre conseil, à part. Voyant le résultat, il est difficile de le lui reprocher intégralement puisque ça lui réussit: pour l’instant, c’est lui qui compte les points, voire qui les engrange (et en rigolant).

F.M. – www.bandolais.fr