Rencontre avec Christian DELAUD, l’unique candidat à gauche (jusqu’ici)

DelaudParmi les plaisirs que me procurent cette activité de blogueur local, le privilège d’une rencontre directe avec certains des candidats à la Mairie s’est révélée comme l’une des bonnes surprises de ces mois passés. Initiée par / avec Marcel Bogi, la série se poursuit grâce à l’invitation que m’a adressée Christian Delaud, que j’étais très désireux de rencontrer. Pour deux raisons essentiellement :

– je suis atterré par le spectacle que donnent les socialistes au plan national depuis au moins de très longs mois, et il me semblait indispensable de juger les hommes localement (au moins pour cette élection où l’étiquette me semble assez peu conséquente).

– parmi tous mes clients et parmi mes amis, je fréquente des bandolais parfois anciens, qui vont de l’anarchisme à la gauche la plus marquée jusqu’à une droite dure voire extrême. Eh bien jusqu’ici, je n’ai jamais entendu de mal de Christian Delaud, mais de tous les bords j’en ai entendu du bien (encore le cas dernièrement avec Serge Gervais colistier de son concurrent de droite Michel Sauzet, lors du debrief du dernier conseil municipal houleux), sur les valeurs humaines, comme sur la compétence, l’homme de dossiers. Intrigant dans le microcosme bandolais, prompt à dégainer. Le personnage méritait au moins que je le rencontre et me fasse mon idée, alors tant mieux s’il a jugé utile de m’accorder un peu de son temps comme Marcel Bogi avant lui.

Compte-rendu : …/…

A noter que cette fois, la rencontre s’est faite avec une partie de son équipe, qu’il tenait à me présenter car il se veut membre de Bandol-Avenir, et pas candidat seul. Avec 4 membres de cette équipe, on a fait exploser le timing, et la rencontre a pris 4 fois plus de temps que prévu, mais je n’ai pas regretté ma visite, commencée autour d’un verre chez Poupoune, et terminée par des toasts dînatoires chez Jean-Pierre Chorel son colistier.

J’ai commencé par lui faire part de ces échos très favorables que j’entends de toutes parts. Il en a souri, mais a très vite réagi avec un soupçon d’amertume, regrettant qu’effectivement sa réputation soit conforme à ce qu’il dit essayer d’être, mais que par principe, et par souci de couleur politique, beaucoup de gens qui l’estiment y compris chez ses amis personnels, ne voteront pas pour le candidat socialiste qu’il est et affiche. Il a beau rappeler qu’au plan local, la carte de parti fait plus décoration qu’outil de gestion, il n’a pas réussi à convaincre encore suffisamment. Mais il veut croire en 2008 :

son programme de 2001 était selon lui très pointu, et largement en avance sur son temps, avec notamment les préoccupations de développement durable et autres thèmes qui sont maintenant au coeur de la vie des français et bandolais. La même équipe reprend ce socle et a un programme encore plus abouti et séduisant selon lui.

il a fait 33% aux dernières cantonales, prouvant qu’à Bandol, il pouvait drainer un électorat assez large, et prouvant qu’il pouvait convaincre des électeurs d’un autre bord.

– sa liste est une liste d’ouverture avec des profils pas uniquement socialistes (même si lui ne rosit rougit pas de sa carte de parti et entend l’assumer).

sa liste est sensiblement plus jeune que celles des concurrents, et même dans une ville âgée, cela peut être un facteur favorable, particulièrement ces derniers temps propices au renouvellement du personnel politique.

– enfin à droite, le spectacle de la dernière élection, de la mandature, et de la campagne qui se profile est d’un goût assez douteux pour que certains s’en détournent, d’autant que le Maire actuel subit des critiques argumentées et relativement similaires sur son bilan de la part d’à peu près tous ses concurrents.

Je lui réclame aussitôt son programme si peaufiné, et patatras, il me refait le coup du calendrier que m’avait déjà sorti Bogi. Son programme sera dévoilé dans ses points précis tardivement, car en 2001 il estime avoir été pillé par les autres candidats, qui ont « repompé toutes ses idées phares » lors de la campagne de l’époque. Hors de question de souffler à ses concurrents le fruit du travail long et dense de son équipe, en tous cas pas trop tôt.

Je comprends alors que son blog risque de me laisser sur ma faim en termes de contenu quelques temps, lui aussi, et je reviens sur la forme que j’avais qualifié « d’amateur », dans un autre article. C’est pratiquement mon seul angle d’attaque contre lui qui n’a jamais été aux manettes de la ville, il m’apparaît difficile avec mes connaissances sur la vie locale de chercher à le mettre en difficulté. Exit la vacuité de son blog depuis janvier, je le sermonne donc sur l’aspect et la gestion fonctionnelle de son blog. Mes 4 interlocuteurs confirment leur manque de moyens de campagne (au passage on s’est vu dans un bar et chez eux, car ils n’ont tout simplement pas de QG officiel), et leur connaissance limitée de l’outil, mais me rassurent aussitôt: la présence de Julien Banchet (alias Jaxx) s’expliquant par le fait qu’ils ont sollicité son aide, et que celui-ci a accepté de rejoindre l’équipe de Christian Delaud, essentiellement pour les aider dans l’utilisation du Web. Des progrès sur la forme devraient donc ne plus tarder de ce côté.

Je veux quand même des réponses sur certains points, et aborde le thème de l’intercommunalité dont je pressens toujours qu’il va peser lourd sur le futur de la commune, lui rappelant l’article de Sauzet et ce que m’en a dit Bogi. Surpris, par les termes de Marcel Bogi, Christian Delaud m’explique qu’en fait tous les candidats ont été favorables à la position toujours défendue par Sauzet, à un moment ou à un autre : rejoindre le regroupement de la Ste Baume, qui correspond en fait aux territoires des vins de Bandol, regroupement qui n’est plus hostile à l’entrée de Bandol dans son périmètre. En fait tout dépendrait selon Delaud, du résultat des élections à Sanary. Mais je pense y revenir dans un autre article car c’est un peu long pour celui-ci déjà copieux à rédiger.

Je demande aussi quelles garanties présente sa liste contre le mélange des genres : Frédéric Raymond est spécialiste de tous les problèmes « verts » en tant que professionnel bandolais de ce qui touche aux jardins/plantes/etc., mais s’il est son colistier chargé notamment du développement durable, il ne peut chapeauter les marchés publics bandolais auxquels son entreprise peut prétendre. Christian Delaud me confirme qu’avant même toute considération éthique, le code des marchés publics (qu’il a beaucoup étudié comme conseiller municipal d’opposition) met bon ordre à ce genre de situation. Pour Bandol Avenir, il va de soi que Frédéric Raymond devenu conseiller municipal renonce à toute prérogative dans ce domaine. Je me sens un peu niais en politique, mais comme « quand cela va sans dire », cela va encore mieux en le disant, j’assume ma question.

Pour le reste, Christian Delaud fulmine contre la municipalité qui rejette ses propositions de véhicules propres pour les services de la ville (alors que les subventions dEtat en rendent le coût indolore, et que leur autonomie est parfaitement adaptée à l’usage de services municipaux). Il regrette que la municipalité actuelle comme la précédente n’ait pas préempté certains terrains, qui permettaient de bonnes opérations (touristiques ou financières comme l’exemple que j’ai lu chez Bogi/Palix récemment), alors que le financement de l’opération semblait dérisoire comparé avec celui de la médiathèque par exemple (donc finançable). L’implantation géographique discutée de la médiathèque est selon lui due au manque de vision de l’équipe aux affaires avant Barois, qui a laissé échapper un terrain idéal, proche de la gare et favorisant également l’intermodalité des transports en commun (train/bus), thème qui lui est cher. On a également parlé travaux, évoquant les circonstances très peu sécuritaires du chantier de l’avenue du 11 novembre, où l’absence d’accidents corporels est imputable à la population et conducteurs qui ont redoublé de prudence dans ce chantier vraiment ouvert où la gestion du risque a été sacrifiée au respect des délais. Il a pesté contre les malfaçons des travaux antérieurs (tant de dalles du port et allée Jean Moulin étant aujourd’hui cassées et bricolées alors que le coût de ces réalisations rend inacceptable une dégradation « naturelle » aussi rapide), mettant en cause la qualité de suivi des gestionnaires actuels et passés. Je lui ai remis une couche sur les bordures qui ont poussé ces derniers temps, et qu’en tant que motard, je regarde avec crainte en connaissance de cause. Delaud m’apprend aussi qu’ils sont parmi les premiers (et de plus socialistes) à avoir réclamé il y a longtemps un renfort d’hôtellerie haut de gamme, les 8 km2 de Bandol se prêtant mal au tourisme de masse, mais pouvant générer par le potentiel environnant Bandol, un tourisme éventuellement d’affaires et annualisé. Il se veut pragmatique et gestionnaire, et ses priorités semblent conformes.

On a causé finances, car comme beaucoup de bandolais, je m’inquiète du coût de tant de travaux dont tous n’étaient pas urgents. Il me confirme que si la situation n’est pas désespérée, elle représente une prise de risque considérable dans le contexte actuel : baisse des revenus du Casino (les circonstances ne permettant de prévoir aucune inflexion de cette tendance) et rentabilité du port a minima inexistante, une partie des charges étant simplement passée de la société de gestion à la commune (situation du port potentiellement aussi déficitaire qu’auparavant).

Comme avec Bogi, on a abordé l’historique politique de Bandol (j’en profite pour apprendre avec plusieurs sons de cloche), les scénarios possibles lors de cette élection, envisagé la scission de l’équipe municipale en place (réalisée dès le lendemain).

La conversation a duré jusqu’après 22H, et c’est la crainte des foudres de nos femmes respectives (on avait pas prévenu qu’on resterait si tard) qui nous ont poussé à rendre son foyer à Jean-Pierre Chorel et son épouse, pour rejoindre les nôtres (foyers et compagnes).

Après 2 rendez-vous avec de sérieux candidats à la Mairie de Bandol, je constate qu’on n’a finalement presque jamais parlé de politique au sens où on la traite à la télé… Pas de partis, pas d’étiquettes dans le débat, pas d’idéologie, uniquement des problèmes locaux, des points de gestion, la vie des gens.

Alors j’avoue qu’avant ce RV avec Christian Delaud, je pensais voir un homme de réputation sympathique, mais qui marqué à gauche, n’avait aucun espoir d’accéder à la Mairie de Bandol, comme je l’ai déjà écrit.

Après cette rencontre, je me dis que cet homme a peut-être raison de croire en ses chances en 2008.

Humainement il fait l’unanimité. Il se peut qu’il reste seul à gauche. Son score électoral est en progression régulière. Visiblement son engagement en politique est réputé sincère (s’il n’était qu’intéressé, localement il aurait choisi un autre bord ou des compromissions, il y a longtemps). Sa réputation sur les dossiers prouve qu’il travaille sur la vie de la ville même en n’étant que conseiller d’opposition. Il croit en son programme qui semble rejoint enfin par l’air du temps. Et l’autodestruction potentielle de la droite locale fait son jeu. Beaucoup d’électeurs peuvent finir par oublier la rose qu’il pourrait afficher à son revers, et voter pour une tête connue de longue date, mais difficilement attaquable et en qui ils ont finalement confiance (d’autant qu’il m’a appris qu’il fût un temps où Bandol votait à gauche, mais avec une population de moins de 5000 habitants).

Trois choses jouent contre lui :

– à vouloir tous partir en campagne le plus tard possible, ils se donnent tous peu de chances de convaincre.

– beaucoup d’électeurs restent prisonniers du jeu des partis (notamment dans une ville où les mouvements de population sont importants, avec beaucoup de nouveau arrivants qui ne connaissant pas les candidats s’en remettront aux couleurs d’étiquette, et étant donné l’âge moyen, la droite peut dominer).

– et contre lui, selon lui, VAR MATIN

Pour ce candidat comme pour les autres, j’attends impatiemment un programme écrit, et détaillé. Comme ce fût le cas avec Marcel Bogi, il n’a éludé aucune question, et l’accueil de son équipe a été chaleureux et ouvert (en campagne me direz-vous…), facilité par le tutoiement qu’on s’est imposé, un peu comme le veut la règle entre blogueurs. J’espère n’avoir pas oublié trop de choses essentielles (mais la conversation s’est voulue informelle, et sans notes). J’espère avoir aussi respecté dans ce compte-rendu, tant les idées que les paroles de ces 4 hommes, et qu’ils n’auront pas à me faire rectifier plus de choses que leur concurrent de Bandol2008.fr suite à cette rencontre… Et merci pour la photo, un peu meilleure mais que j’ai quand même post-produite en sépia pour en améliorer un peu le rendu (ce blog progresse à chaque rendez-vous). 🙂 Sur la photo, Christian Delaud est à droite pour ceux qui ne nous connaissent pas.





Un commentaire

  • Encore un candidat volontaire !

    Volontaire pour prendre le fauteuil du Maire de Bandol (et les responsabilités qui vont avec), et volontaire pour se présenter aux bandolais via mon blog,