Quels contre-pouvoirs fonctionnent à l’échelle d’une commune?

Comme lundi dernier où je vous interpellais pour m’aider à comprendre l’évolution de l’effectif de la Mairie de Bandol, ce lundi c’est à nouveau une interrogation plus qu’un article que je vous soumets. A l’heure où certains opposants au Maire de Bandol montrent les crocs de plus en plus ouvertement, et où la liste des critiques argumentées contre nos maires successifs semblent s’allonger sans fin, je fais écho à un vieil article de ce blog.

Montesquieu, L’Esprit des Lois, XI, chap.4.:

La liberté politique ne se trouve que dans les gouvernements modérés. Mais elle n’est pas toujours dans les Etats modérés. Elle n’y est que lorsqu’on n’abuse pas du pouvoir : mais c’est une expérience éternelle, que tout homme qui a du pouvoir est porté à en abuser ; il va jusqu’à ce qu’il trouve des limites. Qui le diroit ! la vertu même a besoin de limites. Pour qu’on ne puisse abuser du pouvoir, il faut que, par la disposition des choses, le pouvoir arrête le pouvoir.

J’ai emprunté cette citation de Montesquieu à un article de Maître Eolas (qui introduisait une réflexion sur les pouvoirs éxécutif et judiciaire), en me demandant quels étaient les contre-pouvoirs (effectifs) à l’échelon communal.
Préfet, opposition élue, presse, citoyens, tribunaux, associations, etc., d’où vous semble venir la possibilité de réellement juguler les excès d’un pouvoir local?

Les rivaux de Christian PALIX agitent de plus en plus un scénario d’élections anticipées à Bandol: si la question d’un changement de Maire devait se poser prématurément, j’espère que nous aurons progressé sur cette question, même si je suppose que la réponse est inscrite à un niveau national de notre démocratie. Faut-il en arriver là (alternance accélérée) pour réguler les excès d’une Mairie?
Pour l’instant, on attend la publication de la date d’un prochain Conseil Municipal qui verra de nouvelles offensives contre le Maire, n’en doutons pas: simples tests symboliques ou véritables tentatives d’éviction, c’est l’avenir qui le dira.

F.M. – www.bandolais.fr





9 Commentaires

  • Sacré question que celle des contre-pouvoirs municipaux.

    Oui, un maire est tout puissant pendant les 6 ans de son mandats, à moins qu’il n’arrive à fragmenter son équipe au point d’en perdre la majorité au Conseil. C’est suffisament rare pour qu’aucun exemple récent ne me vienne en mémoire.

    Une majorité forte, telle que produite par le système électoral, a pour avantage d’introduire de la proportionnelle, c’est à dire de permettre la représentation des listes minoritaires au Conseil, sans rendre pour autant le Conseil ingérable.

    C’est bien là le problème. Une majorité courte, et c’est le risque d’ouvrir la pèche aux débauchage pour être vizir à la place du vizir. Une majorité forte, cela met le maire à l’abri des revirements d’alliance, mais cela en fait un maire irresponsable, dans le sens où il ne craint pas de perdre son mandat.

    Et cela lui donne facilement l’occasion de passer en force. Parce que c’est évidement plus facile que de consulter et de se remettre en cause.

    Contre pouvoirs donc ?

    Evidement les blogs qui permettent la « désintox », c’est à dire de faire connaître les causes des décisions prises et de présenter la réalité des faits.

    Mais c’est bien les associations qui peuvent jouer ce rôle aussi, associations citoyennes qui défendent l’intérêt général, ou syndicats d’usagers qui oeuvrent pour un objet particulier.

    Là où le bat blesse, c’est que l’action des associations est toujours tardive. Elle intervient généralement quand la décision est prise.

    Mais au final, quel est leur rôle ? Où est le problème ?

    Est ce qu’il s’agit de contrer l’action du maire ? De lui apporter une meilleure information pour une meilleure prise de décision ? Ou de lui permettre d’agir en s’appuyant sur la légitimité d’une association représentative ?

    Parce que je ne pense pas que l’on puisse renier à M. Palix sa volonté d’agir. Des décisions, il en prend. C’est la nature des décisions prises qui pose problème. Et pourtant, qui peut douter qu’il a pris ces décisions en étant persuadé de faire le bon choix ?

    Il me semble évident que si le projet du quai du port rouge avait été exposé, il aurait été massivement rejeté.

    Comme il me semble que si les dessins présentés des kiosques avait été plus représentatif de leur hauteur, ils auraient aussi été massivement rejetés.

    Et cela n’a rien de nouveau. Une modélisation de « la rue de l’ombre » aurait suffi à montrer que la construction de la médiathèque allait poser problème.

    Et pour parler du port, oh combien central dans la vie bandolaise, l’avis des usagers permettrait également évidement, d’avancer et d’améliorer son fonctionnement.

    D’où l’intérêt d’une concertation en amont.

    Mais cela pose aussi la nécessité de disposer d’un vivier d’association représentatives.

    Pas des micro partis qui visent la prochaine élection pour défaire ce qui a été fait et payé.

    Non, des associations légitimes consultées avant la décision et qui n’ont pas d’autre ambition que de représenter les usagers autour d’un projet.

    Jacques

  • Alors, c’est pas gagné !…

  • Ben Nathalie,

    Ca ne dépend que de nous !

    Jacques

  • Qu’il s’appelle Goux, Paecht, Suquet, Barois, Palix et demain?, si le Maire a les pouvoirs, c’est qu’il a avec lui une majorité de conseillers qui votent et lui donnent le pouvoir de réaliser son programe ou ses désirs.
    Ces conseillers ont été élus par une majorité de Bandolais et à Bandol, il faut croire que les Bandolais vont au vote sans trop de convictions, car si j’en crois les rumeurs, tous les maires que nous avons élus sont minables;
    Et si l’erreur venait de nous, nous pauvres Bandolais minables, nous aurions donc le Maire que nous méritons, à notre image.
    Analyser une mandature, c’est faire ressortir les points négatifs, mais aussi les points positifs.
    alors pourquoi toujours critiquer et ne jamais parler de ce qui va bien???

  • ok
    alors qu’est ce qui va bien ?

  • La liste des réalisations positives est aussi longue que celle des critiques et souvent, elles sont associées à, la même réalisation.
    Le contournement de Bandol, le stade, le port…. plus près de nous, l’avenue du 11 Novembre, la médiathèque, même si elle n’est pas belle, même si son architecture n’est pas celle que l’on aurait souhaité, elle offre à Bandol une salle de spectacles jusque là absente, elle regroupe les divers services municipaux…
    Aujourd’hui, il y a de nouvelles manifestations ( Carnaval, journée folklorique et du patrimoine), réaménagement des allées Viviens……

    Il est vrai tout peut être critiqué: la hauteur, la forme, la couleur d’un batiment, même la couleur du quai, mais pour moi, je n’y vois que son côté positif, il n’y a plus les dalles cassées qui étaient dangereuses.

    mon souhait est que tous les censeurs forment une liste (et il y en a plus de 29!!!) pour 2014 et qu’ils se présentent aux municipales à moins qu’ils aient peur des critiques futures.

  • muriel Anguenot

    en clair , c’est binaire ( tiens , ça rime ): soit beni oui oui , soit censeur ; soit je gobe tout , soit je ne gobe rien . au milieu , un no man’s land .
    c’est un monde terrifiant de manichéisme que vous nous proposez , monsieur Gervais , il manque cruellement de souplesse .
    quand aux peurs supposées de  » critiques futures  » , tout d’abord pour ma part ayant déja été élue municipale , je pense que les critiques font avancer et nourrissent le Débat Public . enfin , lorsque les élus ne se sont pas tant éloignés des citoyens que le  » bruit  » de leurs souhaits et de leurs critiques ne deviennent trop ténus pour etre entendu .
    de plus , quand une équipe municipale ne réalise pas ses promesses electorales , mais pond d’autres choses , il y a tromperie , et la , nous sommes en droit de raler .
    mais j’admire votre béatitude , elle démontre un optimisme a toute épreuve . la devise que vous nous proposez  » elle est pas belle la vie …municipale  » , est sans nul doute celle adoptée par les élus de la majorité , beas et muets . heureux .

  • Madame Anguenot;

    Je pense que vous avez mal interprété mes propos, je n’ai jamais affirmé que la vie était rose, mais à Bandol, comme dans le département et dans le pays, je pense sincèrement qu’il y fait bon vivre, il n’y a qu’à regarder autour de nous pour constater que nous ne sommes pas si mal.
    puisque vous avez été élue municipale, vous devez savoir que contenter tout le monde c’est très dur, tout comme vous, je fais de l’associatif depuis 40 ans et organiser une manifestation, une sortie ou un repas et contenter tous les adhérents est une chose impossible;
    Rien n’est binaire, mais au milieu (je n’emploie pas de termes anglais) il y a beaucoup de monde, mais ceux la ne se contentent pas de critiquer, ils constatent les bonnes choses et je vais sûrement vous surprendre, mais je pense faire partie de ce milieu, car à l’occasion, je critique ce qui ne me plait pas. Je ne suis ni un « beni oui oui » ni un censeur.

  • Contenter tout le monde est en effet impossible.

    Mais lorsqu’on a été élu avec un programme, et des promesses basées sur certaines valeurs, il est maladroit, pour ne pas dire malhonnête, de ne pas s’y tenir. Parce qu’on se retrouve alors avec de nouveaux « râleurs » déçus qui, se sentant trahis, viendront gonfler le camp des « adversaires ».

    S’il fait bon vivre ici, et personne ne s’en plaint, c’est grâce au soleil, à la mer et au climat. Mais je ne crois pas que la municipalité puisse se targuer de ça par contre… !