Quelle suite de l’histoire pour Clymène?

photo1.jpgC’est Marcel BOGI, qui lors de l’assemblée générale du YCB de Bandol m’a présenté Franck PIZZATO, afin de pouvoir sensibiliser les bandolais à son problème.
Franck PIZZATO est un bandolais propriétaire d’un bateau comme il y en a peu, Clymène. Tellement peu que ce fût le premier bateau de la côte méditerranéenne à être classé, pas répertorié, classé, aux monuments historiques. Nous avons pris un verre ensemble et voilà le récit de ce qu’il m’a raconté: …/…


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articleClymene.JPGCe bateau de 1924, le premier (et peut-être le plus beau) dessiné par Nicholson (de chez Camper & Nocholson’s, le même qui dessina certains Shamrock et les deux premiers Endeavour), il en est tombé amoureux en 1976. Artisan plombier, il s’en porta acquéreur, et après 4 années de restauration, Clymène passa plus de 10 ans au quai d’honneur de Bandol. Pour faciliter l’entretien et l’usage sous forme de charter, Mr Pizzato intégra son bateau dans une structure associative, aux côtés de « sponsors ». Clymène promena nombre de bandolais et de touristes pendant toute cette période, sur sa merveilleuse structure de 12m J.I., essentiellement en acajou, et sous pavillon français.
Ces « sponsors » avec qui il n’avait semble-t-il pas suffisamment verrouillé les aspects juridiques, ont par la suite réclamé le remboursement des sommes versées, arguant que ce n’était pas du sponsoring mais un prêt d’argent. La somme tournait autour du million de francs, et avec les intérêts légaux, atteint aujourd’hui les 170.000 euros.
photo4.jpgIncapable de rembourser un tel montant, Mr Pizzato est au sein d’un conflit juridique, qui voit la situation du bateau bloquée, alors qu’il subissait une nouvelle restauration (entre les contributions des monuments historiques, et ce que le propriétaire ou l’association ont investi, le coût de restauration a déjà atteint les 375.000 euros – il en manque encore près de 200.000 pour le remettre en état de naviguer dignement aujourd’hui). Les monuments de France seraient prêts à suivre, mais rien ne peut se faire tant que la situation juridique n’est pas clarifiée. Elle le sera peut-être si la justice met un terme, d’ici quelques mois, au conflit, en mettant Clymène aux enchères (mise à prix 80.000 euros, pour un bateau estimé en l’état à 600.000 euros, et qui remis à neuf en vaudra environ un million et demi d’euros). Dans le monde du nautisme (de la plaisance de luxe), on attend patiemment l’échéance pour ce qui peut devenir une très bonne affaire. DSCN2885.jpgDu prix de vente, on restituera 170.000 euros aux « sponsors » étrangers, et le surplus sera payé au propriétaire actuel. Sauf si le prix de vente reste inférieur, auquel cas il aura perdu le bateau qui a été le projet des 30 dernières années de sa vie, et en plus il devra finir de rembourser les « sponsors ». Dans tous les cas, le bateau risque fort de finir à l’étranger, seuls des acheteurs anglais ou italiens se manifestant en ce moment sur ce type de classiques.
9.jpgAlors Franck PIZZATO s’accroche à son projet, pour garder le bateau sous pavillon français, à Bandol de préférence. Il se démène pour trouver des passionnés qui voudront souscrire pour la conservation de son bateau ici. A tous ceux qui voudront donner, il propose de profiter de la contre-valeur par des promenades sur ce bijou maritime, une fois la restauration achevée, sachant que de toutes façons, les sommes versées sont défiscalisables (pour les entreprises, cela représente plus de 60% du don, du fait du statut historique de Clymène).
argentClymene92.JPGIl faut dire que ce n’est pas la première fois qu’il tire le diable par la queue pour rester aux commandes de ce bateau qui est au-dessus de ses moyens, mais dont il est passionnément amoureux. Les articles de la presse régionale ou spécialisée, depuis des années, vous ont déjà raconté les difficultés à financer de nouvelles tranches de restauration, comme l’article ci-contre de 1992. Mais cette fois, c’est plus grave: le bateau ne restera pas simplement à terre faute d’argent pour sa maintenance. Cette fois après plus de 30 ans, son propriétaire voit le risque d’en être dépossédé, après des années à travailler et bichonner cette oeuvre d’art, il risque de tout perdre, et peut-être plus difficile à avaler, voir Clymène partir loin de Bandol, à l’étranger, quand lui s’est battu pour faire reconnaître la valeur patrimoniale de ce bateau d’exception. Tout perdre, lui qui dans le passé à déjà revendu son deuxième bateau qu’il sacrifia à la restauration de Clymène.
DSCN2889.JPGAlors il est prêt à étudier beaucoup de solutions, même s’il se sent perdu dans le monde juridique où ce conflit d’intérêts l’a entraîné (il a visiblement très peur quand on lui parle de remonter une association), et si c’est avec lui que vous pouvez prendre contact (06 22 03 45 82), il vous orientera certainement vers l’administrateur qui a la responsabilité du bateau aujourd’hui, pour évoquer des solutions de type « compte bloqué » ou autre, pour sauver ce petit morceau de l’histoire bandolaise. La Mairie depuis trop peu en place, est bien sensibilisée à son dossier, mais il est encore tôt dans le mandat pour s’occuper d’autre chose que du quotidien et des urgences de la ville. Elle ne peut prendre la tête de ce dossier comme nous le confirmait Marcel BOGI, mais elle aidera si une solution se profile. Alors que vous soyez juriste, chef d’entreprise préférant les bateaux aux impôts, ou simplement passionné de patrimoine maritime, n’hésitez pas à contacter Franck PIZZATO pour lui donner un coup de main.
1.jpgEt si certains pensent que ce n’est qu’une question d’argent, et finalement un problème de riche, je peux répondre ceci, sans avoir vérifier autre chose que les coupures de presse du dossier que m’a montré son propriétaire: c’est une histoire d’amour, un peu déraisonnable, entre un homme qui a consacré plus de 30 ans de sa vie à Clymène, et ce bateau qui date d’un temps, où les bateaux de 12m J.I. étaient beaux comme des sculptures, majestueux comme la mer à laquelle ils sont destinés. Personnellement, je trouverais triste que ce bateau termine aux mains de financiers, qui n’ont pour l’heure pas manifesté le même attachement que Franck PIZZATO à son Clymène.
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Un commentaire

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