Quatre listes pour une Mairie

  • Publié le 8 Mar 2008
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  • Politique

C’est pour demain: premier tour des élections municipales 2008.

Oublions la politique nationale, les hauts et les bas de Sarkozy dans les sondages, et intéressons-nous à notre ville.

Election intéressante car elle propose de renouveler son mandat à un maire qui n’a pas été neutre pour la commune, et promet de continuer dans la cohérence de son action mais en transformant profondément la physionomie de Bandol, ou d’élire l’un des 3 qui veulent revenir à la continuité historique de Bandol, celles de leurs souvenirs, et du rayonnement touristique de la ville.

Tout est dit ou presque, si on ajoute que la question du regroupement de communes devrait si nous le voulons, peser fortement sur le choix à faire demain. Voilà ce que je retiens en fin de campagne, le plus objectivement possible, de ces 4 candidats en quelques lignes, liste par liste, avec ma perception forcément subjective d’électeur: …/…

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François Barois modernisera, selon son schéma urbanistique, et en fonction des souhaits très sécuritaires de son électorat, tout en préparant la ville pour la grande agglomération toulonnaise qui nous absorbera (à court terme si c’est lui qui est élu), à moyen/long terme si ses opposants obtiennent le rattachement à l’aire des vins de Bandol (la communauté de communes de la Sainte Baume). L’option Barois se fera au prix d’une rupture radicale et déjà en cours avec le passé de Bandol. Et bien qu’il ne l’ait pas promis, beaucoup de bandolais espèrent qu’il leur offrira la piscine qu’attendent ceux pour qui la grande bleue ne suffit pas. Cela veut dire un deuxième mandat qui ressemble à un remède de cheval: des travaux, beaucoup de travaux. Mais connaissant la paresse de l’électeur moyen peu informé de la vie locale, ne serait-ce pas l’investiture de l’UMP qui lui fournira le pactole de voix qu’il espère dès le premier tour? Son joker, un directeur de cabinet ministériel parachuté de Paris est sur sa liste, et plus encore, être le Maire sortant. Son point faible, autre aspect du fait d’être Maire sortant (avec un bilan controversé) après 7 années de relations très dures (et parfois judiciaires) avec son opposition, de qualités d’écoute et de communication réputées discutables, il risque un second tour en forme de « Tout Sauf Barois ».

Michel Sauzet veut lui, retrouver le Bandol de sa jeunesse, et rationnaliser la gestion de la commune: son équipe largement issue du privé porte des compétences permettant de moderniser la ville par l’adoption de normes performantes (qualité, environnement, etc.) et une introduction ferme du recours à l’énergie solaire. Avec l’envie de défaire un peu des travaux effectués par Barois qui ont abîmé la ville de son point de vue. Une autre conviction, le port doit devenir le poumon de la ville. Son joker, un positionnement sans étiquette (à cheval sur tout l’échiquier politique) avec une campagne menée plus sympathiquement et originalement que ses rivaux. Son point faible: une notoriété insuffisante pour une liste sans étiquette, et une campagne préparée trop tard (expliquée par une certaine inexpérience de sa liste en politique), plus le soupçon qui plane sur les professionnels de l’immobilier dans ces fonctions.

Christian Delaud, également sourcilleux sur la gestion du port, est l’autre porteur du développement durable dans sa commune de naissance. L’eau sera son chantier, face au renchérissement annoncé du mètre cube acheté au Canal de Provence (dû à la raréfaction de la ressource H2O). Pour le reste, une gestion pragmatique annoncée de « bon père de famille », fidèle à l’histoire méditerranéenne et villageoise de la ville, touristique bien sûr, et où le bon sens se conjuguent avec la jeunesse d’une équipe impliquée dans la vie locale par beaucoup d’aspects. Son joker, une réputation inattaquable d’intégrité de travail et de compétence, reconnue depuis ses adversaires d’extrême-droite jusqu’à la gauche anarchiste: une anomalie politique. Son point faible: dans une ville dont les convictions en politique nationale porte à droite, voir son engagement d’homme de gauche réduire son potentiel même dans un scrutin municipal.

Christian Palix déclare renoncer en cas de victoire, à sa carrière prestigieuse de grand médecin à Marseille, pour sincèrement s’investir à Bandol. Toujours est-il que s’il est peu connu en ville, il affiche un programme aussi ambitieux et lourd en termes de travaux que le Maire sortant, mais avec un objectif assez radicalement opposé. Au lieu d’en faire une ville aseptisée et modernisée à la fois, il vise le retour au rayonnement de Bandol sur sa richesse de toujours: le tourisme pour lequel la ville a beaucoup d’atouts sous-exploités. Là aussi, les travaux seraient lourds. Il risque de payer une campagne souvent démagogique et politicienne face à son rival sortant, mais il bénéficie aussi de la racine de ce mal: son joker, c’est d’avoir su faire tenir, son mariage de raison avec Marcel Bogi, qui reste un personnage influent de Bandol. C’est là qu’est sa principale espérance de voix pour renverser le Maire, puisqu’il croit ce tandem seul capable de monter assez haut pour espérer déboulonner Barois et l’UMP, au besoin sur des alliances de second tour. Son point faible est le revers de la médaille de son point fort: être allié à Marcel Bogi critiqué pour son rôle et ses méthodes d’adjoint de précédentes équipes municipales (il avait perdu en 2001 sur un second tour « Tout Sauf Bogi »).

Quel que soit votre choix, l’un des 4, le vote blanc, merci d’aller voter. C’est un droit et un devoir selon notre constitution. C’est aussi le respect d’une histoire qui fait qu’en France ce droit de vote est une manifestation de notre liberté, enviable depuis bien des points du globe. A titre personnel, mais sans aucun intérêt personnel, j’ai beaucoup donné de mon temps et de mon énergie pour que cette campagne s’enrichisse d’une autre approche, celle d’un électeur. Ma seule récompense serait d’avoir pu intéresser certains de mes concitoyens à cette vie commune, et que vous soyez nombreux à participer.





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