Pas de quadrangulaire, mais un face-à-face à Bandol

La « deadline » était fixée ce mardi à 18H : dépôt des listes en préfecture pour être présent au second tour. Avec 4 listes au dessus des 10%, Bandol pouvait imaginer vivre une triangulaire voire quadrangulaire, qui aurait fait le jeu du Maire sortant grâce à une opposition divisée, et à son arrivée en tête au premier tour malgré un très petit 30%.

Mais à la fin des journées de transition, est officiel que ce sera finalement un duel qui opposera Christian Palix à une seule équipe rivale issue d’une fusion partielle des forces qui ont toutes essentiellement fait campagne contre lui. Et même si les reports de voix des 4 plus petites équipes qui ne sont pas associées à ce défi ne sont pas intégraux sur l’équipe challenger, chez le maire on sait que le scénario ne pouvait pratiquement pas être pire : l’abstention a pu le priver de quelques pour-cents au premier tour, mais sans réserve de voix, il est pratiquement illusoire d’espérer remobiliser et gagner les votes de gens qui ont souhaité le changement lors du premier dimanche.

Bulletin météo

En interne on considérait pendant la soirée de dépouillement des bulletins, qu’il fallait rester au dessus de 35% pour avoir une chance dans un scénario pas trop défavorable (une triangulaire avec une opposition qui aurait fait de mauvais choix d’associations). Mais les deux principaux challengers s’étant rassemblés dès lundi à la mi-journée, même sans avoir pu ou su greffer les forces des listes mineures à leur union dans les 24H de négociation suivantes, sans déperdition tierce, la plupart des personnes de tous horizons à qui j’ai parlé aujourd’hui voient une logique : la dynamique du premier tour qui sanctionnait le maire dans les mêmes proportions que son prédécesseur (qui n’avait pas profiter d’une triangulaire) va pousser leur avantage.

A 40% face à 6 listes le 23 mars dernier, le maire aurait pu se sauver de toutes les configurations de second tour, mais à 30%, il aurait fallu « l’opposition la plus bête du monde » pour lui offrir un scénario favorable.
Or Marcel Bogi qui était le 4ème et dernier à pouvoir se maintenir a annoncé sur Bandol par coeur : « C’est avec un soulagement non dissimulé que, je mets un terme à ma vie publique locale » (ce qui est à un mot et une virgule près les termes du maire du Beausset qui s’est chez lui retiré  du second tour)…
Aucune des 4 listes absentes du second tour n’a donné ni ne donnera à ma connaissances de consignes, ce qui peut se comprendre après la déception de n’avoir pu négocier une participation dans l’alternative (une alliance avec le sortant était improbable de tous côtés). Mais ce n’est probablement pas crucial pour un tel second tour.

Entre deux tours : l’enfer des municipales

En 2008, les observateurs m’expliquaient qu’une seule semaine entre deux tours transformait les élections municipales en épreuve démentielle : le délai de recomposition entre listes désireuses de s’entendre est de fait inexistant, et si les commentateurs ont trouvé les dernières 48H très longues, il s’agit d’un marathon sprinté pour les protagonistes. Négocier en externe, valider en interne, évaluer les alternatives, arrêter une nouvelle liste avec le sacrifice que cela suppose pour des équipiers de l’avant premier tour, la formalisation des documents pour la préfecture (et les imprimeurs), et j’en oublie sans doute, cela ne permet pas de chômer.
Et encore faut-il avoir anticipé : estimer correctement les scores possibles (chez soi et chez les autres), et pris les contacts en amont pour être constructifs et réactifs dans la fenêtre de tir réduite qu’offrent nos institutions.

On peut imaginer que les 2 listes à 20% avaient eu l’intelligence de se préparer pour aboutir si rapidement entre elles, mais visiblement les choses devaient être moins claires avec 1 ou 2 autres équipes moins puissantes : il semblerait que les discussions aient traîné jusqu’en fin de matinée mardi pour que la fusion soit plus large, sans aboutir malgré presque (mais bien courtes) 24H supplémentaires.
A l’impossible nul n’est tenu, et il sera difficile de connaître la vérité sur les exigences des uns et des autres (les sons de cloches indirects qui me sont remontés disent des choses différentes). Les jeux sont faits et rien ne va plus : cet épisode appartient pratiquement déjà à l’Histoire. Côté Front National, la liste BBM a déposé un recours.

Un vrai choix pour Bandol

Avec un face à face, Bandol dispose d’un choix très net, même si on a l’habitude de moquer les similarités de programmes des candidats entre eux (pratiquement transposables d’une commune à une autre comme je l’avais parodié, tant qu’on ne rentre pas dans l’explication et le chiffrage des volontés affichées).
La politique communale est largement l’affaire des individus, de leur dynamisme, de leur profils et compétences. Sur ce plan le second tour offre une alternative à Bandol, et pas seulement en termes de générations, même si les challengers et leurs premier cercle (adjoints potentiels) sont globalement plus jeunes et pratiquement vierges de toute implication dans la gestion de Bandol durant ces dernières décennies (gestion qui n’a jamais satisfait les bandolais depuis 1989).

1) Reconduire le sortant ?

Choisir la stabilité, en reconduisant un maire qui ne renouvelle que partiellement le sommet de son équipe restante (après un mandat où elle a été  terriblement ravagée en interne).
Continuer avec un maire qui à la retraite s’est investi personnellement à un point maximal : on sait ses horaires de tôt le matin à souvent tard en journée (on peut reconnaître parmi ses mérites de ne pas avoir ménagé sa peine).
Mais un maire qui n’a que peu délégué, et s’est taillé une réputation de décideur solitaire (autant que son prédécesseur) d’autant plus que son sens de la concertation aurait déjà pu paraître insuffisant au XXème siècle, mais est très en dessous des aspirations de l’électorat du XXIème (en plus de ne pas respecter ses promesses de campagne sur ce plan). La sanction de 70% de l’électorat est largement due à son mode de management et à sa pratique de la démocratie.

Ceux qui ont assisté à la réunion publique de campagne juste avant le premier tour m’en ont dépeint une cérémonie virant un poil au culte de la personnalité (vidéo sur Bandol-blog) : haie d’honneur, équipe au garde à vous derrière le « grand homme » pendant toute la séance (et incluant des gens dont on penserait que la culture politique pourrait leur donner quelques réticences à participer à ce type de mise en scène). A l’heure où l’électeur implore les dirigeants pour qu’ils montrent un peu de modestie, le décalage explique en partie la désillusion du premier tour ressentie durement, et peut-être comme une injustice : mais visiblement une coupure avec bien des bandolais n’avait pas été mesurée par Christian Palix ni son entourage le plus aguerri. Comme François Barois avant lui.

2) Choisir une génération coupée des histoires du passé

Laetitia Quilici et Jean-Paul Joseph (qui conduira la liste (Une Vraie Passion pour Bandol) n’ont siégé dans aucune majorité municipale à Bandol (mais Laetitia sort d’un mandat comme conseillère dans l’opposition et apporte sa connaissance du fonctionnement d’une mairie versant salarié – elle est cadre à Six-Fours).
Très vite d’accord sur la fusion, ils ne l’abordent pas avec le discours des politiciens du passé : pas d’amitié factice à la sauce 2008, ils se présentent tels qu’ils sont connus, des gens raisonnables prêts à oeuvrer ensemble. Les leçons des mandats précédents sont peut-être tirées, et personne n’a envie de reproduire les schémas catastrophiques des frères ennemis de 2001 ou 2008. Au moins n’ont-ils pas construits d’antagonismes personnels dans le partage du pouvoir pendant 25 ans ou plus, et devraient être capables d’un bon bout de chemin ensemble : ils savent ce que coûtent les divorces de majorité.

Que valent-ils ces nouveaux dirigeants potentiels? Difficile de le savoir avant. Même si les pedigrees au sommet de leur équipe promettent des gens à même de prendre en charge des dossiers.
Mais leur choix d’organisation rompt totalement avec le passé : c’est forcément en équipe collégiale qu’ils fonctionneront, notamment parce que le nouveau binôme est composé de personnalités encore dans la vie active. Et que les journées ne faisant que 24H, il faudra déléguer, travailler avec un sens collectif plus développé (ça peut être une difficulté, ou un garde-fou).
Plus jeunes (notamment Laetitia qui est je crois encore trentenaire pour quelques mois), et même si la jeune femme est un pur produit d’un parti politique classique (elle est engagée au RPR puis UMP depuis la fin de l’adolescence), leur culture politique ne peut qu’être plus en phase avec l’époque parce qu’il ne l’ont pas abimée dans l’exercice du pouvoir, et peut-être plus à même d’appréhender des évolutions techniques dont on parle beaucoup pour les villes de notre siècle (les précédents maires ont au mieux dépensé dans des projets pratiquement gâchés sur ce plan, sans les comprendre).
Je veux croire aussi qu’attentifs au déroulement du dernier mandat, ils sauront entendre des aspirations en termes de dialogues et communication avec la population dont le contre-pouvoir que fût Bandolais.fr s’est largement fait l’écho. A cet égard, il est à noter que le possible futur maire a commencé à communiquer avec la population et de façon ininterrompue tout au long du dernier mandat, et pas seulement à l’heure de la campagne électorale : on n’en attend évidemment pas moins de sa part s’il est élu, mais il a compris avant les autres que le dialogue entre électeur et politique doit être permanent (et les challengers du maire qui sera choisi jusqu’en 2020 feraient bien de s’en inspirer sans attendre l’automne 2019).

 Conclusion

Comme je l’écrivais en commentaires, hier, c’est pour la première fois depuis 31 ans que Bandol peut sortir d’une histoire commencée avec les 2 mandats d’Arthur Paecht et qui a enfoncé Bandol dans un cauchemar de relations personnelles conflictuelles autour de l’héritage. Et dans un même camp en l’absence de divergences politiques et de risque d’une alternance politisée.
Au point que Bandol ne connaît plus depuis des décennies que des conseils municipaux inutiles, ridicules, et souvent hystériques.

On peut aussi préférer laisser le temps long de l’action à un maire qui en 6 ans ne peut tout faire, a fortiori quand les marges de manoeuvres financières ont été réduites par les engagements précédents (sans pour autant qu’il ait le droit de mentir en disant que la ville a été ruinée avant lui). Au moins faut-il avoir été convaincu par la vision manifestée, le style du chef d’équipe, le sens de l’action et des réalisations entreprises.

Entre modernité et rupture, ou conservatisme et pratique politique en mode siècle dernier, on peut tomber dans la caricature. Mais les bandolais ont tous les éléments pour juger et dont je ne fais que brosser un rappel à travers mes propres prismes, et dimanche aller voter, pour choisir.
En attendant, je vais peut-être me faire discret, et laisser la place à la campagne électorale de ce duel. Christian Palix a certainement dû se réserver le créneau du vendredi soir très convoité à la salle Jules Verne dès les résultats connus le 23/03, et l’équipe challenger a d’ores et déjà donné RV aux bandolais qui veulent les entendre ensemble, jeudi 27 mars à 18H30 dans le même théâtre.

 F.M. – www.bandolais.fr

N.B.: à cette heure, si la liste municipale est connue, je ne connais pas leurs choix pour les délégués qui siègeront au conseil communautaire de la CCSSB





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Un commentaire

  • Concernant le maire sortant, je n’ai rien contre la personne, je juge aux actes :
    Nous avons dépensé une fortune pour re-goudronner la voie principale de Bandol et quel a été le résultat ?
    -remplacer l’arrêt de bus par des arrêts livraison : néant
    -remplacer l’arrêt bus par des places pour intervenants au nautisme : néant
    -Allonger l’accès au parking central : néant
    -augmenter la capacité stationnement pour les livreurs : néant
    -fluidifier la remonté à droite dans Bandol : néant.
    Nous avons dépensé une fortune pour une maison scientifique pour quel bénéfice pour les bandolais ?
    -Une verrue inesthétique sans aucun lien avec le style provençal ou néo provençal.
    -quelles économies d’énergies ?
    -des bureaux, toujours des bureaux, qui viennent encombrer le pourtour du port sans qu’il y ait le moindre rapport avec le nautisme.
    La poste a été refaite à l’intérieur mais . . . On y va comment ?
    -pas le moindre projet en direction d’un parking deux roues.
    Nous allons encore dépenser une fortune pour goudronner le parking du casino : pour améliorer quelles fonctionnalités ?
    -offre touristique sur la digue : néant
    -chemin de promenade : 2 m de large.
    -augmentation du nombre de places : néant
    -parking en épi : néant
    -amélioration d’accès piéton : néant.
    Je pourrais lister encore pendant longtemps. Comme l’ère de jeu à côté de l’école octave Maurel dont les équipements sont indigents, etc . . .
    Conclusion :
    à tous ceux qui pensent que le maire a bien travaillé je leur dis : allez voir dans les villes et les villages à travers la France et vous reviendrez avec la conviction qui est la même : ce maire a fait des choses pour Bandol, oui, c’est vrai, mais ce sont des aumônes au regard des sommes colossales dépensées pour ne rien apporter en progrès. Il a surtout fait du laid et de l’inutile.
    Si vous ne voyez pas ça je ne peux rien pour vous.