(par R. Reverdy) Réflexion sur les équipements portuaires de Bandol

NDLR: juste avant la mise en ligne du site spécial consacré au port de Bandol, Roland REVERDY m’a transmis le texte suivant visant à consulter les usagers du port, qu’il représente au Conseil Portuaire. Quand l’actualité accroche un sujet, elle ne le lâche pas…

Equipements de l’aire de carénage et maintenance, faisabilité :
1 – le port de Bandol est équipé d’une aire de carénage sous contrat avec ses artisans; quel en est le contenu?
2 – l’implantation de l’aire de carénage peut elle accepter un chantier de gros travaux mécaniques, transformation , grosses peintures etc…?
3 – l’environnement permet-il toutes ces nuisances et pollutions sonores, olfactives et dangereuses à proximité d’activités sportives et touristiques, reconnues au niveau national?
4 – tenons-nous compte de l’évolution climatique à long terme – montée des eaux sur 50 ans, pollution amplifiée de notre port, envasement et destruction de la faune et de la flore?

De nombreuses mesures devront être prises dans les années qui viennent afin d’avoir une maîtrise pleine et cohérente dans nos décisions d’aménagement. La mairie concessionnaire du port par la voie du Maire responsable des décisions prises doit consulter les professionnels du tourisme, les artisans, les navigateurs plaisanciers, les défenseurs de l’environnement ainsi que les élus au conseil portuaire.

Très prochainement, en tant que représentant élu du conseil portuaire, je souhaiterais avoir l’avis d’internautes avertis sur ce sujet.

Je me ferai le porte parole de vos idées; cette réunion aura lieu dans les prochains jours et je vous remercie à l’avance de votre contribution.
Voir sur le blog de Fred les actions que j’ai menées ces deux dernières années (27 juillet 2009 sur le port et le fichier ZIP).
Dans les prochains jours, je vous communiquerai l’évolution du travail effectué en partenariat avec des usagers et élus au conseil portuaire.

Roland REVERDY

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5 Commentaires

  • Roland,
    en tant que simple « tout petit » plaisancier, je te renvoie aux commentaires de Jacques KAUFFMANN sur le site web du port dont je signalais la mise en ligne dans mon précédent article.
    Il me semble que la liste des critiques dressée par Jacques dessine exactement les axes d’amélioration prioritaire attendus par les usagers du port: de la transparence et de la communication de la part d’une institution qui fait partie du périmètre public municipal. Ca peut être fait en ligne (ce serait même bien), mais c’est en tous cas à faire. Les citoyens n’en peuvent plus de se heurter à des systèmes opaques et qui permettent tous les fantasmes de « cuisine » qu’il faut impérativement pouvoir balayer.
    http://www.bandolais.fr/2010/01/le-port-de-bandol-a-enfin-son-site-web.html#comment-6a00d8341f61d053ef012876bdef14970c

  • @Roland
    Très bien dans l’ensemble. Au 1er paragraphe ci-dessous:
    1 – le port de Bandol est équipé d’une aire de carénage sous contrat avec ses artisans; quel en est le contenu?
    On pourrait demander: quels sont les moyens de contrôler que les différents travaux réalisés par un artisan de la zone de carénage, correspondent bien à des travaux « maritimes » affectés à un bateau (pour être précis).
    En tous cas bravo pour ton implication.

  • Jacques KAUFFMANN

    @Roland,
    Bonjour Roland, meilleurs voeux pour cette nouvelle année, et merci pour toute cette énergie que tu déploies au service des plaisanciers Bandolais.
    J’ai indiqué, sur l’autre fil, quelques observations sur le site web. Elle sont, comme le fait remarquer Fred, également valable pour l’organisation générale du port.
    Puisque tu as la gentillesse de nous solliciter, j’ai effectivement d’autres observations plus générales à formuler.
    Je souhaite d’abord redire encore qu’il me semble profondément anormal que les Bandolais ne soient pas prioritaire pour l’attribution des abonnements. Nous contribuons par nos impôts aux investissements réalisés dans ce port, parfois même à ses déficits (aire de carénages les années précédentes), et ceux qui n’ont pas d’abonnement payent en plus le tarifs fort, comme passager, pour faire stationner leur bateau. Quand ils ne risquent pas tout simplement de perdre leur bateau en stationnant sur corps mort. Cela me semble injuste.
    Puisque l’on parle de tarif, je voulais aussi dire, et je suis bien placé pour cela, que les tarifs appliqués aux multicoques m’apparaissent insensés. Actuellement, je paie près de 400 € par mois pour Erendil. Si j’avais un abonnement « estival », cela serait autour de 900 €. Qui peut payer cela ?
    Il m’avait été demandé pour stationner sur l’aire de carénage également 900 € pour un mois. Je suis allé à Navy Service à Port St Louis du Rhone, et j’ai payé 300 € pour un mois sous un hangard. C’était moins de 200 € sur terre plein comme à Bandol.
    Cela me permet également de te donner mon avis sur l’aire de carénage. Il existe, dans la région, une pléthore d’endroit pour faire réaliser des « gros travaux ». Par exemple, PPR, Quo Vadis, la Ciotat, Port Maritima à Martigues, la Joliette et surtout la Corbières et évidement Navy Service. Une aire de carénage « urbaine » comme celle de Bandol ne peut pas accueillir de gros travaux, nécessairement trés bruyant (l’outil de base du chantier naval est la meuleuse). Elle ne peut être réservée qu’au servitudes usuelles (antifouling, peinture, mécanique, gréement, reprise de stratification). Avec 1600 bateaux dans le port, il me semble qu’il y a de quoi faire.
    Pour revenir au port, la pratique de prix élevés n’est pas la seule manière pour tenter de rentabiliser des investissements. Optimiser la fréquentation est également une bonne voie. Et quand je vois le nombre de place disponible en hiver, je me dis qu’il y a là un potentiel peu discutable. Cela passe évidement par une communication forte, en commençant évidement par le site internet. J’ai déja donné mes idées sur ce point sur l’autre fil. Ajoute une bourse de vente/achat des places amodiées et cela sera complet.
    Sur la représentation des plaisanciers, et évidement sans rien renier à tes mérites que je salue encore, il me semble également que le conseil portuaire gagnerait à s’ouvrir aux plaisanciers bandolais qui ne sont pas abonnés. Toute analyse est bonne à prendre, et je ne doute pas que mes congénères ont aussi des idées bonnes à entendre.
    Sur la gestion des places, une reflexion pourrait être menée sur l’optimisation « physique » des places. J’ai la conviction que des dizaines de places pourraient être libérées quasiment sans investissement (déplacement des bateaux stationnés à couple des quais à une place où ils peuvent être stationnés perpendiculairement, amménagements des bouts de quai, éventuellement prolongement de certaines pannes (la H, par exemple)) et elle pourrait s’accompagner d’une réflexion sur un port à sec municipal à l’image de celui de la Madrague de St Cyr. La place existe par exemple entre la jetée et le stade.
    Dans le même esprit, nous connaissons tous des bateaux qui ne peuvent plus naviguer (en panne moteur, propriétaire trop agé, et je ne sais quelle raison encore) que les propriétaires (ou leurs enfants) préférent laisser à flot et payer leur abonnement soit dans l’idée de le revendre un jour, soit parce qu’ils ont le projet un jour d’acheter un autre bateau. Pourquoi ne pas les laisser sous louer leur place avec la certitude pour eux de la reprendre si un jour leur projet se concrétise ? Allez, encore quelques dizaines de places libérées…
    Je m’interroge toujours aussi sur le sens de la fourrière. Cette panne (en bout de la jetée sud) bloque une dizaine de places. Quel en est l’intérêt ? Pourquoi ne pas stocker les bateaux concernés sur l’aire de carénage ? Cela aura l’avantage de contraindre le mauvais payeur à régler sa note avant d’imaginer partir à la cloche de bois avec son bateau. Quand cela est possible, parce que, en pratique, cette fourrière rassemble surtout une étonnante collection de ruine (je ne parle pas, évidement, du bateau de Philippe, vainqueur dans sa classe de moultes régattes)J’ai occupé deux ans une place au bout de cette fourrière. J’étais voisin d’une vedette qui partait littéralement en morceau et qui va évidement finir par couler. Elle se serait nettement moins dégradée à terre. Là, je crains le pire pour le jour où il faudra la déplacer, ou pire, la renflouer.
    Pour l’accueil estival, il ne doit pas être trop compliqué, à l’image de ce qui est fait à Porto Vecchio, de créer des places temporaires en posant des pannes flottantes contre la jetée extérieure entre grosso modo le CLSB et la capitainerie. Ces places serait ouvertes en été, permettant d’accueillir les passagers tout en libérant des places à l’intérieurs pour créer des abonnements. Cela me semble plus facile et plus pratique à réaliser que les « corps morts multiplaces » dont nous a parler M. le Maire lors de la rencontre du web bandolais.
    Enfin, plus généralement, et je fais là écho à quelques propos que nous avons rapidement échangés.
    Réfléchissons aussi sur l’évolution générale des ports de plaisance dans l’économie d’aujourd’hui. La privatisation est une réalité, particulièrement dans les petits ports traditionnels. Tu poses le problème de leur évolution dans le temps par le changement climatique. Cela va effectivement nécessiter de lourds investissements. Comme d’ailleurs simplement la mise au normes et aux demandes actuelles (vidange des cuves à eaux noires, accueil de bateaux de plus en plus gros et de plus en plus énergétivors, viellissement des équipements…). J’ai parfois la crainte que la situation actuelle de sous utilisation des ports ne soit, au final, qu’une préparation à l’entrée d’opérateurs privés.
    Je m’explique. Après avoir laissé durablement une situation se compromettre, par manque d’investissement structurant, par manque d’action commerciale, on finit par présenter l’arrivée d’un opérateur privé comme la seule solution de survie (Cf le débat sur l’eau, où le choix de l’opérateur privé est justifié par le fait qu’il va prendre à sa charge la refection du réseau public).
    Tu as souhaité élever le débat, c’est pour cela que, en plus de considérations pratiques, je te livre ma pensée à plus long terme. Elle est avant tout produite par l’idée que je n’arrive pas à comprendre que le port reste « le chateau de la belle au bois dormant » alors que la demande est si forte.
    Il ne faut pas que l’inaction conduise à brader, à un prix dérisoire à coté de son intérêt et des investissements déja réalisés, un équipement public majeur pour notre ville en se servant de l’alibi que, justement, son exploitation n’est pas assez rentable.
    L’exemple du nouveau port de la Seyne est là pour nous montrer la route à ne pas suivre.
    Et quand tu nous indiques que, malgré la forte demande, le previsionnel du port prévoit une baisse de l’activité, je m’inquiête. Je suis persuadé que bien des commerçants du port réveraient d’une clientèle piégée de ce type avec une liste d’attente pour la moindre prestation.
    Encore merci à toi.
    Jacques KAUFFMANN

  • (par R. Reverdy) Compléments sur le port de Bandol

    NDLR: Roland REVERDY m’a transmis deux rapports relatifs au port à publier en complément de son article d’hier. A lire dans la suite de l’article …/…

  • A Roland et à Jacques (et aux autres usagers du port de Bandol)
    Bravo Roland pour ton initiative et surtout courage. Si tu as besoin de renseignements sur l’historique ou la règlementation je suis à ta disposition, je te souhaite de ne pas rencontrer comme moi un adjoint pour saboter ton boulot.
    Il n’y a pas de contrat entre les artisans et la Sogeba, les professionnels installés sur la zone payent suivant la surface de leur installation.
    Je ne pense pas que le carénage tel qu’il est aujourd’hui pose problème aux plaisanciers car étant public nous avons encore la chance de pouvoir faire nos travaux nous-mêmes. De plus tous les métiers de la plaisance peuvent intervenir ou sont représentés tout en sachant que la dimension des bateaux est conditionnée à la taille de la fosse et la puissance de l’engin. Par contre il serait souhaitable de moderniser les installations, par exemple radioguider l’engin et là un seul grutier peut effectuer une manutention. Aujourd’hui il en faut deux et comme il y a deux engins, le deuxième aura aussi du boulot, il serait de ce fait possible d’étendre la plage de travail en saison. Il faudrait acheter un chariot élévateur pour la manutention des bers et des éléments de calages. Le personnel travaillant dans de meilleures conditions, je pense que l’ambiance devrait s’en ressentir, la productivité aussi. Si on rajoute quelques bers, alors peut-être il sera possible de fixer une heure de sortie et ne pas convoquer tout le monde à 9h. Enfin la mairie pourrait construire des petits bâtiments en remplacement des containers insalubres voire dangereux et inesthétiques (dernière proposition à l’étude).
    La mairie est propriétaire du port : il lui a été donné par l’état au titre du désengagement, le préfet l’avait proposé à l’ancien maire qui a accepté la proposition et le conseil municipal a validé.
    Fred a raison : depuis le début il n’y a pas suffisamment de communication, pas de concertation donc pas de transparence. Par contre Mr le maire accorde volontiers des rendez-vous pour écouter les doléances : on peut au moins exprimer ses inquiétudes.
    Pour répondre à Jacques la sogeba verse un fermage à la ville d’environ 580 000€, a payé une partie des 150.000€ de WC publiques, dégage des bénéfices et paye des impôts, j’ai déjà écrit que tout ce que l’on vous a raconté sur les déficits était le résultat d’une gymnastique comptable appelée analytique, comptabilité qui si elle est faite de façon rationnelle dans une entreprise peut montrer des lacunes de gestion mais quand on impute, comme lors du premier conseil portuaire, 60.000€ de charge salariale à la station de carburant… il faut dire aussi que sous la municipalité précédente la comptabilité port et immobilier était groupée, je pense que nous élus au conseil portuaire avons contribués à ce que Mr PALIX fasse établir depuis 2009 une comptabilité propre au port en accord avec le code des ports maritimes (CPM).
    C’est le CPM qui indique la méthode de calcul de la redevance portuaire : il est dit que doit être pris en compte la surface, la Sogeba applique la règle. Cette année et pour la première fois depuis des décennies les tarifs n’augmentent pas car :
    – 1° vue la conjoncture, les indices employés dans la formule préconisée au titre de la DSP ne le permettaient pas.
    – -2° la Sogeba faisant du bénéfice nous avons rappelé à Mr Le Maire les termes du CPM qui lui aussi bloque les tarifs. Pour conclure sur le sujet les tarifs du carénage n’ont pas augmentés pour la 2° année.
    Nous avons aussi récupérés les huit jours de franchise pour la zone en hiver et un jour en saison.
    Les élus au conseil portuaire sont ouverts à tous les plaisanciers mais il faut savoir que le conseil portuaire n’est que consultatif : à ce titre il doit être informé au moins deux fois par an de tout ce qui touche à la gestion et organisation du port. Le conseil, vote, mais le gestionnaire n’est pas tenu de suivre son avis. Roland a raison de vouloir récupérer les doléances et propositions des usagers. Nous pourrions faire une synthèse et présenter des suggestions d’améliorations. J’ai même une adresse internet en réserve. Mais là nous sortons du cadre du conseil portuaire.
    Les épaves, elles vont être détruites. Mr Palix a trouvé la solution juridique, certaines étaient là depuis des années, la direction du port prétendait jusqu’à maintenant que c’était impossible.
    Les représentants des plaisanciers sont élus tous les 5 ans par les membres du CLUP (comité local des usagers du port). Pour être membre il suffit au plaisancier de s’inscrire à la capitainerie. Nous avons rappelé à Mr le Maire qu’il doit réunir une fois par an les membres. Vous devriez recevoir dans les jours prochains la convocation à cette réunion et pouvoir faire connaître vos attentes en live.
    En conclusion nous pouvons noter des avancées depuis que le Maire a pris la direction de la Sogeba il y a 7 ou 8 mois.
    Nous pouvons regretter :
    Les promesses de transparence, de concertation ne soient pas encore tenues,
    L’opportunité de réduire la masse salariale n’ait pas été saisie après les départs de Mr Chouanniere et Mm Fez,
    L’embauche d’une nouvelle comptable.
    J’ai peut être tord, mais je reste optimiste quand à l’évolution peut-être lente mais positive des relations entre les plaisanciers et la direction. L’avenir …
    Michel GRATALOUP