(par R. Gargani) Le souffleur des rues de Bandol

Le matin au lever du jour quand nous nous promenons avec mon épouse autour de Bandol nous croisons le « souffleur » précédé par une vacarme assourdissant. C’est un employé du service de la voirie qui déplace vers la rigole les feuilles mortes qui gisent sur les trottoirs pour que le camion balayeur puisse les aspirer.

Pour ce faire il a un attirail mi cosmonaute mi scaphandrier qui fait peur aux oiseaux du coin, il porte sur le dos la génératrice de courant d’air animée par un moteur deux temps qui manifeste sa présence intempestivement en crachant une fumée nauséabonde et un bruit qui arrache les oreilles ; surement supérieur à la tolérance concédée aux deux roues.

Avant de se lamenter sur l’environnement qui est matraqué de belle façon ayons une pensée pour l’employé bien que protégé par un casque à visière, protections antibruit pour les oreilles et gants, les trépidations du diabolique berlingot, le gaz d’échappement bien chargé et le fracas in live doivent rendre le travail bien pénible. Pour les habitants du coin il y a surement une méthode plus agréable d’être réveillé à l’aurore.

Le plus croquignolet, quand il y du vent et il y en a souvent, les feuilles déplacées par le souffleur se remettent à leur ancienne place dès qu’il est passé, ça n’a servi à rien. Là le travail n’est fait qu’a moitié : pour finir il faut que la « tarasque » balayeuse passe pour aspirer les détritus qui ont attendu sagement dans la rigole, à grand renfort de bruits en tous genres.

Le seul coté positif dans ce processus anarchique et désordonné c’est que deux personnes ont un emploi.

Cette procédure met en évidence l’abandon d’analyse d’adéquation entre le tâche à accomplir et les moyens mis en œuvre : c’est un gouffre économique et un désastre pour l’environnement, le bon sens a fait naufrage.

Sans faire du nostalgique primaire le cantonnier effectuait la même tâche avec un balai de bruyère.

Robert GARGANI





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13 Commentaires

  • clap clap clap !!!!! Bravo M Gargani ! J’adhère complètement à ces propos !

    Avec un bon vieux balai ( même neuf ), ça serait aussi 2 personnes pour 1 emploi, plus silencieux, plus économique et aussi efficace sinon plus. C’est peut-être un peu plus fatigant… quoique…

    Dans mon quartier, il passe -et repasse – le mercredi : adieu la grasse matinée pour les enfants !

    Encore une incohérence quand on a vu que les travaux du bâtiments ont été interdits l’été pour ne pas déranger nos amis touristes !!!!

  • Bonjour,
    il me semble avoir des solutions encore plus « écolo »:
    -les feuilles ne gênent personne on les laisse pourrir dehors!
    -les canalisations du tout à l’égoût qui se bouchent,laissons les et revenons à la cabane au fond du jardin qui est très silencieuse mis à part les soupirs de l’occupant!la pompe à m….est très bruyante!
    -le ramassage des ordures ménagères qui est une agression auditive permanente,mettons nos ordures dans la suèio comme avant…(appelez,je traduirai)
    -les papiers et les cartons dans la cheminée à bois ou au milieu du jardin,ça fait des cendres qui volent,c’est joli :on dirait de la neige!
    -halte aussi au ramassage bruyant des encombrants,allons plutôt lâchement jeter nos cuisinières et autres canapés dans la colline..
    Je m’arrête !!!
    Cette pratique que vous « dénoncez » est pour moi est avant tout de l’intolérance:je vous propose donc de laisser votre lit à l’employé municipal et vous,allez acheter un balai de bruyère et comme ça au bout de huit heures inutile de fréquenter une salle de sport:ma solution est tout bénef’!
    J’ai le plus grand respect pour toutes ces personnes qui avec leur professions modestes nous apportent un bien-être alors un petit « bonjour » leur ira droit au coeur!J’espère avoir la noblesse d’esprit d’un ouvrier que j’ai été pendant plus de 40 ans et bien voyez mesdames et messieurs les insomniaques,quand les jardiniers communaux entretiennent devant chez moi je leur propose de l’eau notamment l’été,il m’est arrivé de leur servir un café et bien savez-vous ces « gens-là » quand nous nous croisons nous nous serrons la main et que c’est agréable de serrer la main d’un compagnon qui travaille avec le sourire en plus!
    Bandol tu vieillis très mal!!!!!
    Guy ROBERT
    Epicurien et rentier de la Défense Nationale

  • Claude SEUX-BOS

    J’ai aperçu l’autre jour une nouvelle technique : une petite camionnette avec citerne et tuyau d’arrosage sous pression.Les feuilles sont chassées vers la rigole et la balayeuse ramasse par derrière.

    Grosse différence par rapport à la « technique Gargani » : il y a 3 employés (1 pour conduire le petit engin, 1 à la lance et 1 à la balayeuse).
    Dans les deux cas, s’il y a des voitures en stationnement, les feuilles, papiers, mégots et autres détritus restent à leur place.

  • Il doit y avoir certainement une bonne raison pour qu’aujourd’hui on utilise cette machine plutôt qu’un balais!
    Je n’en vois qu’une, il doit abattre plus de travail dans le même temps.
    Faisant plus vite, il faut moins de personnel donc c’est mieux pour la collectivité qui dépense moins.
    Mais cela fait des travailleurs en moins.

    Peut-être verrons nous un jour une machine faire le travail toute seule, de la même façon qu’aujourd’hui il n’y a plus personne pour vous dire bonjour et bonne journée au péage de Bandol.

    C’est le progrès! 🙁

  • @ Guy Robert,
    Qui est intolérant ? Je vous laisse assumer vos digressions « écolos » dont il n’est pas question ici.

    Dans toute solution choisie pour un problème donné, ici le balayage des rues, et je doute que celle-là l’ai été par les employés municipaux – qui ne sont pas ici en cause – il y a un rapport positif/négatif. Lorsque l’efficacité est plus importante que la nuisance, on parle de bon sens. Quand la nuisance est significativement plus importante qu’une autre méthode réputée économiquement moins onéreuse et plus silencieuse (le balai : ne vous en déplaise) on parle de gabegie.

    Sinon, pour que Bandol vieillisse moins mal, et lui donner un petit air de XXIe siècle, on a bien essayé les roulettes motorisées pour notre police municipale… que sont-elles devenues ?

    @ Christian : si un rendement accru des fonctionnaires faisait faire des économies à la collectivité, ça se saurait !

  • @N.CAUNE
    personnellement la soufflette passe devant chez moi,la balayeuse ensuite:le résultat est simple,les rues sont propres et c’est le principal.De là à dire que le bruit est infernal il ne faut pas pousser.Il y a des outils modernes et il faut s’en servir.Toutes les villes sont équipées de moyens modernes et il faudrait qu’à Bandol on rétrograde de 60 ans en arrière pour la tranquillité de quelques personnes.Au sujet de mes « digressions écolos » vous n’avez pas compris que j’ironisais,essayez,ça détend,et que je trouvais agréable d’avoir un service du nettoiement qui était efficace:il ne faut donc pas remettre en cause leur utilité.
    Pour le rapport de ces outils qui est positif,on peut TOLERER 3 minutes par semaine l’usage de ces machines afin d’avoir des rues propres.Et rassurez-vous je ne suis pas un supporter de la mairie,loin s’en faut mais je pense aux employés municipaux,moi!
    Quand aux fonctionnaires tentez l’aventure de les remplacer par des sociétés privées et vous verrez le résultat!
    GR

  • Le propos écologique de mon propos n’était qu’accessoire ,comme le remarquait une
    intervenante ce n’était que le bon sens qui primait..
    Je ne pense pas non plus que ce soit un choix économique.
    Le pire c’est que c’est nous qui payons .

  • le changement c’est con parfois, on appelle ça le modernisme,
    En plus comme dit ROBERT, ça fait fuir les pigeon, mais c’est con un pigeon plus con qu’un dauphin mais au moins ça vole !
    c’est comme les Volfoni !
    Les Volfoni ont essayé de me flinguer, oui Maître !
    Maître Folace : C’est pourtant pas leur genre !
    Fernand Naudin : Et ben ça prouve qu’ils ont changé de genre. Voilà !
    Jean : Quand ça change, ça change. Faut jamais se laisser démonter !
    Maître Folace : – Vous croyez qu’ils oseraient venir ici ?
    Fernand Naudin : Les cons ça ose tout ! C’est même à ça qu’on les reconnaît.

    a plus
    TITI

  • @Titi,
    bonjour,
    j’ai bien reconnu un classique du genre :Les tontons flingueurs avec des dialogues de Michel AUDIARD.
    Votre réponse met en valeur votre culture cinématographique mais où avez-vous voulu aller avec ces quelques mots?
    Votre dernière phrase est très claire , à qui l’adressez-vous?
    GR

  • bonjour GUY

    C’est juste une digression, et aller au bout du dialogue était trop tentant, cependant c’est aussi dans l’esprit de « y a que les cons qui change pas d’avis » mais loin de moi l’idée d’insulter qui que ce soit, en tout cas pour ce sujet !
    Même si équiper un technicien de surface comme un spationaute comme le décrit si bien ROBERT, faut oser quelque part !
    Roulette, Baccara, Black Jack … tout ce qui tombe sur un tapis vert (les feuilles aussi ?) rebondi plus ou moins dans la poche de l’auvergnat. Il a macqué tous les jeux, de Marseille à Menton, même la pétanque! (et les appros de la voirie 😉 )

    slt

    ————————–
    NDLR : la fin de ce commentaire de Titi ne fait pas appel aux « Tontons flingueurs » mais à un autre dialogue culte d’Audiard (Flic ou Voyou) qu’il aime citer autant que moi…

  • Cette mécanisation de la voirie procède comme bien d’autres dépenses de deux arguments qui se complètent, se poussent du col, s’encouragent mutuellement.
    L’argument légitimateur : la sécurité et la performance de l’opérateur, voir le confort des administrés/électeurs ce qui oriente vers des machines toujours plus performantes et coûteuses.
    L’argument facturation : ces belles machines légitiment un accroissement de l’enveloppe (;o) globale des dépenses.
    Comme tout le monde y trouve son compte la question, pourtant fondée et sensée, de savoir si tout est véritablement justifié et si un simple balais n’aurait pas suffit ne pèse pas lourd en regard des intérêts individuels de ceux qui ont métier de se nourrir du collectif et le contentement de ceux du collectif qui n’ont plus le soucis de fabriquer les recettes équivalentes. Le processus est sans fin et conduit à une hausse des dépenses sans fin également.
    Au niveau d’une commune c’est très visible comme un tuyau qu’on pose, qu’on dépose et qu’on repose, un goudron qu’on remplace par des pavés puis des carrelages, puis de nouveau du goudron. Des marches d’escaliers, ou des blasons jetés au sol à la va vite, etc …
    Au niveau du département c’est la même, idem la région, idem l’état. Chacun à sa part de responsabilité. La pieuvre nourrit la pieuvre et ce cercle à un coût : un surendettement de 8 milliards chaque mois soit un total de 72 milliards annuels qui en fait avoisine les 80 milliards.
    A quel moment le système s’embrasera comme en Grèce ou en Ireland, etc…? Je ne sais. Certains affirment « jamais » avec un bel enthousiasme qui peut être les nourrit ou alimente leur soif de contentement. Mais ce qui est sûr c’est que ces pratiques s’apprennent à l’échelon municipal pour la plupart de nos décideurs régionaux et nationaux or c’est justement à cet échelon qu’il est le plus facile pour le bon peuple taillable et corvéable de surveiller les débordements et de montrer aux élus que tout ne se fera pas finger in the nose (je n’utilise pas l’expression française qui fait appel à d’autres orifices).
    Mais si au contraire la population pousse dans le sens du toujours plus d’exigence sans se soucier des conséquences …. Ca donne les news de la quinzaine : Airbus proclame son indépendance vis-à-vis de l’état français; Dassault fusionne et transporte son outil de production en Inde; Tandis que Peugeot se place sous l’aile protectrice de nos cousins d’Amérique.
    Comprenne qui veut. Pehel le 16 mars 1905 + 107

  • Chez Pehel, 8 x 12 = 72, voir 80.

    « Comprenne qui veut ».

    Jacques

  • Ah! La guerre des chiffres quel merveilleux roman d’amour, surtout en ce moment. Mais Jacques a raison C mal dit. En fait il semblerait que notre beau pays n’emprunte pas systématiquement le 1er de chaque mois. Donc on tourne autour des 80 milliards/an il ne faut pas se le cacher. (à rajouter au pactole déjà dû … qu’il n’y ait pas d’ambiguité).
    On notera que depuis l’orchestration du suspense insoutenable du mois de février par les journalistes de cour on n’entend plus beaucoup parler de ces emprunts qui pourtant continuent d’avoir lieu. On nous a simplement rassuré en nous affirmant que ça coûtait moins cher que prévu mais ça reste dans la logique du toujours plus. C’est comme les lampadaires clignotants à économie d’énergie : ça économise mais ç’est quand même du toujours plus, et qui plus est dans le superfétatoire.
    Pour le total annuel j’espère qu’il y a des $pécialistes qui en ont une idée précise… humour.
    Mais le mieux serait de revenir sur le vrai débat.
    Que chacun réfléchisse pour lui même et pour le futur de sa descendance au sujet que j’ai évoqué brièvement et qui s’articule autour du formidable déséquilibre entre les TER et les TES (Travailleurs de l’Economie Réelle et Travailleurs de l’ Economie Subventionnée) sans oublier les CES (Consommateurs de l’Economie Subventionnée : les femmes enceintes, les nourrissons, les scolaires, les blessés, les longues durée, les retraités, les mourants, et t’sé téra téra téra ou tora tora tora).
    Nono B’stan c’est en train de coincer « grave » mais pour s’excuser de ne pas avoir réformé « pour de vrai » nos décideurs nous ont bien expliqué que les français n’étaient pas prêts pour des vraies réformes (dixit FF). Ce qui explique entre autre que la réforme des retraites n’a pas eu lieu,… (37 régimes avant; 37 régimes après). Pour permettre aux conducteurs de TGV français d’aller passer leur retraite « anticipée » à … conduire des TGV … là-bas ils n’ont plus mal nulle part ;o-). La médecine chinoise du docteur yuan fait des miracles.
    Comprenne qui veut.
    Pehel le 16 mars 1905 + 107