(par N. CAUNE) Que Bandol ne soit plus un dortoir!!!

BANDOL, petite ville pittoresque de pécheurs en Provence; je le précise parce que de quelques côtés qu’on y entre aujourd’hui, ça ne saute pas aux yeux.

Bandol Affiche2Station balnéaire du début de siècle (le XXième !), la renommée de sa douceur de vivre y attirera vite quelques personnalité de renom: Raimu, Marlon Brando, Fernandel, Katherine Mansfield, Henri Salvador… les promenades sur le quai du midi, l’ombre de ses grands pins centenaires à l’entrée, la place de l’église conviviale et animée, les arrivées des pointus à quai et des voiliers de plaisance toutes voiles dehors, les couleurs de la Provence alliée au goût de l’iode, de quoi en faire rester plus d’un… Et de fait, la ville grandit pendant le siècle qui s’écoule.

Aujourd’hui les couleurs se sont délavées et les platanes ne sont plus, le béton a remplacé les pins pour accueillir le visiteur, le bord de mer est balisé, les promenades se font devant les magasins, et les terrasses des cafés sous les pots d’échappement: Bandol a perdu son âme.

Mes grands-parents sont tombés amoureux dans cette ville, mon père y est né et ses arrière-grands-parents avant lui. C’étaient des bandolais, attachés à leur ville, ils n’en sont jamais partis et auraient probablement regardé avec mépris quiconque leur aurait suggéré de le faire au moindre petit déplaisir; les Allemands sont passés, les bandolais sont restés ! C’est comme ça que le temps écrit l’histoire : avec des gens qui naissent et qui meurent, et entre les deux ils ont vécu, aimés ou pas, fait des choix.

Une ville d’où les gens partent, une ville dortoir pour touristes, une ville qui n’a pas d’histoire est un hall de gare (je note au passage la tentative de la mairie pour lui en donner l’air en tout cas!). Je vote comme beaucoup je pense, plus par devoir que par conviction. Et je ne me fais pas d’illusion cette fois encore. On entend dans Bandol en ce moment l’écho qui scande, de façon répétitive et creuse, le retour aux valeurs qui faisaient Bandol autrefois. Quelques tracts au passage, « Votez pour moi « , la technique est rodée. Néanmoins le message manque de conviction! Les platanes de l’avenue du 11 Novembre ont été coupés, mais pas en une seule nuit ! L’exécution a duré près d’une semaine, et personne n’a rien fait! C’est bien de ne pas être d’accord, c’est dommage de le dire « après », quand c’est trop tard!

Bandolais.fr n’est pas un blog politique, comme La soupe au Pistou, mais comme son nom l’indique un blog citoyen qui fait office de média local indépendant (je salue au passage l’initiative méritante et désintéressée de Fred, bandolais de cœur). Alors je profite de l’occasion pour qu’une parole de bandolais soit écrite ici et en espérant que certains se reconnaîtront dans mes propos et se manifesteront pour montrer qu’ils restent des bandolais à Bandol. Je ne fais pas de politique, ce jeu stratégique de vieux enfants, qui d’alliance en trahisons va permettre au gagnant d’avoir plus que la rue de la Paix! Mais je rêve pour ma ville de retrouver un peu de ce qu’elle était, en tout cas de rester fidèle à ce qu’elle représente pour les Bandolais, leur ville, leur histoire, leur fierté. Alors puisque je veux l’entendre mais que personne ne le dit, je le dis moi-même: messieurs les candidats, rendez BANDOL aux bandolais !

Nathalie CAUNE

NDLR: je remercie Nathalie, qui comme Guy, a pris du temps pour exprimer son attachement à notre ville dans mes colonnes, et invite tous les bandolais qui le veulent à me faire parvenir leurs textes, photos et vidéos. Je les publierai ici sous leur nom, sous réserve d’être conforme aux lois et à un minimum de correction que je veux maintenir ici.

Nathalie avait failli me faire parvenir des photos du récent échouage d’un dauphin à la Réserve (pour la rubrique Actu), et c’est sa participation aux
rencontres du web bandolais qui l’a poussé à écrire et m’envoyer ce texte…





Article précédent : Serge Gervais s’explique

7 Commentaires

  • Bonjour Nathalie
    Je viens de lire avec une grande attention votre article concernant votre nostalgie du Bandol d’antan. Mes grands parents ne sont arrivés à Bandol qu’en 1930, donc mes racines vont moins loin que les votres, mais moi aussi qui ai vécu à Bandol de 1948 à 1954 et pour tous les week-ends et vacances scolaires de 1955 à 1968, j’ai la nostalgie de cette petite ville mi station balnéaire, mi village de pêcheurs.
    En ce temps là, Bandol était habité par des Bandolais, quelques Toulonnais et quelques Marseillais. Tous avez l’âme Provençale, chacun cherchait à s’intégrer et se fondre dans le moule régional. Après le départ d’Octave Maurel, le tout beton a commencé, si bien qu’aujourd’hui, rares sont les terrains encore disponibles. Avec ces multiples constructions, la population s’est totalement transformée. Sur 8000 habitants aujourd’hui, combien sont, même pas Bandolais, mais Provençaux? Ce fut une invasion pacifique, mais invasion tout de même!! Chaque migrant ayant emporté avec lui un peu de sa culture, de son identité, de ses coutûmes…. et de ce fait ont fait de Bandol comme de beaucoup de villes de la région PACA un amalgame de culture, d’architecture et de mentalités qui n’ont plus rien à voir avec les années 50 que j’ai bien connues.
    Si Bandol est devenu une cité dortoir, celà vient aussi du fait que les gens des grandes villes, recherchant un peu de calme après le boulot, n’hésitent plus à faire de longues distances en voiture ou en train. Les Parisiens ont été les premiers, mais aujourd’hui, Marseillais, Toulonnais et bien d’autres ont le même désir: quitter la ville. Mais ils conservent la mentalité citadine.
    Comme vous, je suis nostalgique, mais j’ai compris qu’il était trop tard pour revenir en arrière. Les Provençaux sont en minorité ( écoutez parler dans les rues, il y a tous les accents et nous n’entendons plus parler Provençal) et surtout à partir des années 50 il n’aurait pas fallu vendre tous les terrains pour en faire des lotissements, des immeubles et des vérues telles qu’ Athéna port
    Nathalie, gardez le moral, il reste encore quelques coins encore comme nous les avons connus. Essayons de les conserver et même si nous ne sommes pas nombreux, gardons notre identité chère au félibrige.

  • Nathalie, Bonsoir,
    Tu m’excuseras de t’appeler par ton prénom et de te tutoyer mais le Net est ainsi fait et de plus je pense avoir bien connu tes grands parents.
    Je pourrais comme toi dire que mes ancêtres sont arrivés à Bandol avant 1745 et que depuis nous sommes nés bandolais jusqu’à ce que la maternité d’Ollioules ouvre ses portes et que l’accouchement à la maison ne soit plus recommandé.
    Je suis né 13 rue des Tonneliers au 2ème étage comme ma mère.
    Je ne le dirai pas car le fait d’avoir plus de six générations de bandolais ne me fait pas plus bandolais et ne me donne pas plus de droit que Fred, porteur de bandolais.fr.
    J’aime mon village et veux le défendre contre le tout béton et l’anonymat citadin.
    Je suis satisfait et mécontent de lire ce que tu as écrit.
    Satisfait de constater que des personnes s’intéressent à Bandol et ne sont pas uniquement intéressées par Bandol.
    Mais mécontent car le coup de gueule contre les politiques est improductif.
    Nous sommes en démocratie et nous élisons nos responsables.
    Nous avons les élus que nous méritons.
    Comme tous les candidats, je dis « votez pour moi ».
    Mais j’aimerais que les gens qui aiment Bandol participent un peu plus à la vie bandolaise et choisissent leurs élus en toute objectivité.
    Depuis 7 ans, je siège dans l’opposition socialiste au conseil municipal(j’y suis seul). Dans le public qui suit les conseils municipaux et m’interpelle après, je n’ai jamais rencontré un bandolais de souche sauf à quelques semaines des élections. Et pourtant ces estrangers aiment Bandol et aimeraient lui conserver son cachet de village provençal.
    Je comprends ton coup de colère.
    Pour Bandol, il faut se battre.
    Aussi je t’invite à aller sur le site de Bandol Avenir et lire les articles sur l’intercommunalité.
    Tu y constateras que le pire est devant nous.
    Je t’invite à me contacter pour évoquer ce pire et surtout n’oublies pas, le 9 mars, de voter pour moi (humour!)
    Christian Delaud-Fugairon

  • Pour être félibrige (peut-être !), je n’en suis pas moins lucide. Il va dans la logique des choses que pour se développer une ville accueille des nouveaux venus, même si toute intégration n’est pas nécessairement acquise en soi. Quand je dis que Bandol a perdu son âme, je n’en impute pas toute la responsabilité à d’autres ! Loin de là…Les nouveaux appportent leur nouveauté, mais il appartient à mon sens aux bandolais de présenter leur identité à ces « estrangers ». A mon sens, la diversité est une force, une source d’enrichissement mais seulement quand il y a, à la base, quelque chose à enrichir ! et force de constater que les bandolais eux-même n’ont pas su préserver leur patrimoine. Nous sommes effectivement dans une démocratie (ou du moins, c’est ce qu’on apprend à l’école ) mais où sont les vrais représentants des bandolais ? Qui parlent pour eux ? Cette politique du « laisser-faire » est-elle la marque d’un vrai silence de désinteressement ou bien d’une mauvaise représentation. On entend beaucoup de choses sur les places de marché ou aux terrasses de café et assez peu en ressort sur le magazine de Bandol ou au conseil municipal. À croire qu’il existe une dimension parallèle où évoluent un monde où les « vrais »gens travaillent, aspirent à une vie simple et agréable sous le doux climat du midi et une autre, très curieuse, où les mots « représentant », « intégrité », « le maire est chargé de conserver et d’administrer les biens appartenant à la commune (et d’en gérer les revenus) », n’ont pas le même sens ! Avant, il y avait sur la place de la mairie le blason de Bandol, qui était aussi présent sur la plupart du mobilier urbain. Où est-il maintenant ? Où est l’identité provençale de Bandol ? En tout cas, pas dans les jardins municipaux où fleurissent des fleurs différentes chaque mois et des poiriers du Japon… Mais pour autant, si les bandolais ont été abusés, ils n’en sont pas moins responsables. C’est LEUR ville ; ils en ont confié la gestion à une équipe municipale mais n’en n’ont pas été dépossédé comme on voudrait qu’ils le croient ? NON ! Bandol appartient à TOUS ses habitants! C’est surtout ça que je voulais dire dans mon article. ça aurait pu s’intituler aussi « Où sont les bandolais ? » Fred, avec son blog, nous offre une merveilleuse opportunité d’expression citoyenne : j’aimerais lire ici ce que les bandolais ont à dire, non pas pour blâmer et se lamenter, mais pour proposer des idées, pour relever la tête…. Se développer intelligemment et rester une ville provençale agréable et charmante , c’est possible : Sanary l’a fait. Bandol a le même potentiel. Donc je suis vous remercie du temps que vous avez pris pour vos réactions, je me sens déjà moins isolée dans « mon coup de colère « .
    Nathalie CAUNE

  • Nathalie, Bonsoir,
    Effectivement Bandol appartient à tous ses habitants et c’est à eux de la gérer.
    Aussi, je t’invite à participer à cette gestion.
    Avec Bandol Avenir ou la liste (en fait son programme)qui te paraîtra la plus proche de ton idéal de gestion.
    De saine colère comme celle que j’ai devinée dans ton article laisse augurer un investissemment personnel productif.
    A bientôt
    Christian

  • Pour extrapoler le sens de l’article de Nathalie, parmi mes amis bandolais figurent des familles modestes installées depuis 2 ou 3 générations. Aujourd’hui elles ne peuvent plus vivre pratiquement à Bandol où elles travaillent souvent encore, et reculent en périphérie, vers Entrechaux ou même la Cadière… Leurs employeurs n’étant pas cotisants du 1% patronal, elles n’ont pu prétendre à des programmes comme la Garduère par exemple. Bandol voit parfois ses enfants partir de force, et le marché de l’immobilier n’est pas seul responsable. La volonté politique doit pouvoir changer cela.

  • Nathalie CAUNE, Christian DELAUD, Serge GERVAIS, lorsque l’on parcours vos échanges et vos remarques on y lit quoi? On y lit une triste réalité que je partage complètement avec vous et que j’ai connu, il y a longtemps…là-bas…qui j’appelle le « Colonialisme National ». C’est un envahissement qui lamine tout ce qui reste de votre passé et qui vous appartient. C’est pourquoi, n’ayant jamais eu d’ambition personnelle, mais ayant vécu cette frustration je me suis toujours efforcé de combattre le gommage de votre patrimoine culturel. Christian DELAUD le sait très bien…Restez ce que vous êtes, l’avenir vous donnera raison.

  • Bonjour,
    Je suis né à Bandol, et j’en suis parti il y a quelques années… pour y revenir quelques mois tous les ans (été ou hiver).
    Et je suis déçu. Pour moi, Bandol n’a jamais été une ville provençale (comprenez: depuis que je suis né). Est ce un prétexte pour l’enlaidir chaque année un peu plus ? Je n’aime pas le nouveau port. Il est plus pratique, mais il me fait trop penser à cette idée d’une « station ». Pareil pour la rue du 11 novembre (dieu que c’est froid), les rénovations faites sur le Bd de Pierreplane, ou encore la nouvelle maison des vins (comme tout le monde je crois).
    Je ne dis pas qu’il ne faut pas changer Bandol, le gymnase et la médiathèque, par exemple, ça me plait. Essayer d’inverser la tendance, et redonner un minimum de vie nocturne dans la ville, ça me plairait.
    Pourquoi ? Ha oui, je suis « jeune ». Il y en a encore à Bandol. Quelques uns. Pas beaucoup, je vous rassure.
    PS: Merci pour ce Blog !!