(par N. Caune) Dessaler l’eau de mer à Bandol?

Hier 22 Mars, c’était la « Journée Mondiale de l’eau ».

L’eau douce est une préoccupation pour beaucoup de régions du monde et devient un enjeu économique majeur. Or si l’eau douce est rare, l’eau de mer ne l’est pas. Le principe du dessalement de l’eau de mer ( qui vaut aussi pour les eaux saumâtres ou polluées ) est donc un procédé qui va permettre de lutter contre les pénuries d’eau douce en cas de sécheresse. La production d’eau douce ainsi réalisée est en général destinée à un usage mixte, pour l’eau potable et l’irrigation. L’espagne, Israel, le Koweit ont déjà recours à cette technique. Les usines de dessalement se multiplient dans de nombreux pays désertiques ou semi-désertiques mais aussi plus récemment dans les pays d’europe. C’est donc un marché porteur avec une technique en vogue pour qui a un réel besoin d’eau, ou pour qui veut se donner un vernis « environnementalement correct ». La mairie de Bandol prévoit une telle installation sur le port, à l’instar de celle de la Coudoulière., comme nous l’apprend le 3ème numéro du journal du port de Bandol (extrait ci-contre).

Alors comment ça marche ? Petit cours en image par Veolia, Veolia Eau étant le leader mondial du secteur.


VEOLIA Environnement – N° 4 : le dessalement par NAUSICAA-Boulogne

En gros, eau de mer – sel = eau douce. L’osmose inverse est un procédé de dessalement qui utilise la technologie membranaire, consistant à forcer l’eau sous pression à travers une membrane qui est imperméable aux sels en suspension. Cette expertise technique permet à Veolia Environnement de caracoler aujourd’hui en tête des industriels du dessalement.
Le marché du dessalement devrait plus que doubler dans les prochaines années. Estimé à 7,8 milliards de dollars (5,9 milliards d’euros) en 2010, il devrait atteindre 18,3 milliards de dollars en 2016, selon le cabinet Global Water Intelligence. « Depuis cinq ans, le marché croît de 10% par an en moyenne », savoure-t-on chez Veolia.

Car voilà, c’est le hic, si ça rapporte aux uns, ça coûte cher aux autres : cela coûte 5 à 10 fois plus cher de faire de l’eau douce à partir de l’eau de mer. Le ratio coût/rendement pour un usage aussi restreint que celui envisagé sur notre port bandolais sera-t-il positif ? Les bandolais seront-ils prêts à s’offrir cette fantaisie pour « écologiser » le fonctionnement de l’aire de carénage entre les mains de la SEM, filiale de Véolia, alors que le puits de Bourgarel nous offre de l’eau « gratuite » ? Sans parler de l’impact que l’on peut craindre des rejets de saumure… On attendra donc les résultats complets de l’étude de faisabilité de ce projet séduisant a priori mais qui pourrait se révéler cher et polluant*, comparé à un simple recyclage des eaux usées pour une utilisation limitée à l’aire de carénage.

Nathalie CAUNE

* Les impacts : le dessalement de l’eau de mer est-il un moyen écologiquement acceptable pour fournir les populations en eau douce ? http://www.ecotoxicologie.fr/Dessalement.php





10 Commentaires

  • Christian Delaud

    Je pense qu’installer une telle usine de dessalement de l’eau de mer à Bandol serait une hérésie.
    Nous possédons une usine de traitement des eaux usées à la Cride qui rejette des millions de litres d’eau douce à la mer.
    Eau que nous pourrions utiliser de différentes manières (vente au Golfe de Frégate pour arrosage des pelouses, arrosage des espaces verts publics, nettoyage de la cale et des quais des ports de Bandol, Sanary, Saint Cyr, création de retenues d’eau dans les collines de SSB pour prévenir et combattre les incendies, ..).
    Nous possédons le canal de Provence qui fournit des millions de litres d’eau aussi bien pour la consommation particulière qu’industrielle ou agricole.
    Donc Bandol n’est pas en déficit d’eau douce comme nous avons pu le connaître dans les années 60.
    Le canal de Provence, entreprise très performante dans son domaine, vend de l’eau à l’étranger et notamment à Barcelone.
    De plus une usine de dessalement a deux inconvénients majeurs, elle est énergivore et polluante.
    Energivore car le procédé consomme beaucoup de watts.
    Polluant car la saumure (sel obtenu après dessalement mélangé à de l’eau de mer donc eau saturée en sel) est rejetée à la mer et modifie notablement l’environnement. Elle détruit par exemple les posidonies qui n’apprécient pas du tout cette saumure. Et comme je pressens que la saumure sera rejetée à proximité de l’usine de dessalement, le banc de posidonies qui se trouve face au Casino et que tout le monde dit vouloir protéger (voir dernières déclarations fracassantes sur les AOT) sera irrémédiablement détruit par cette saumure.
    En conclusion, procédé
    inutile: réserves d’eau suffisantes à Bandol,
    couteux: multiplication de la facture électrique sans parler de l’investissement initial,
    polluant: rejet de saumure,
    et dangereux pour l’indépendance de Bandol: n’est ce pas un moyen de faire rentrer Veolia par la grande porte et lui offrir le port de Bandol en 2015 au motif que la SOGEBA serait en difficulté financière?

  • philippe MOULIN

    1/ Il a été constaté il y a quelques jours à peine, que des dépôts de gravats en tout genre étaient stocké , à proximité du puits de Bourgarel, afin de rendre ce terrain non inondable
    et, donc constructible, pour quel projet ?
    Cela à priori ne nous regarde pas,et, comme d’habitude, nous serons mis devant le fait accompli.
    Néanmoins,ces déchets peuvent infiltrer le sol de composants toxiques et présenter un
    risque de pollution pour l’un des principaux site d’approvisionnement en eau douce de Bandol.

    2/ Alors , on nous prépare à concevoir une autre idée, moderne, écolo (au premier degré)
    d’approvisionner la ville en eau douce, avec effectivement le partenariat (innocent?) d’un
    groupe où la ville ,et la CCSB est très impliquée déjà, pour le traitement des déchets.
    Et comme le suggère Christian , la gestion du port de Bandol attribué à Veolia, çà coulerait de source!

    3/ Il y a des solutions différentes, et, qui peuvent traiter à la fois des problèmes aussi
    divers que l’écoulement des eaux de pluie, du stockage de ces eaux à des fins d’arrosage
    d’espaces publics, et même privés.
    Cela est mois pompeux (sic) mais présente l’avantage d’apporter des solutions rationnelles
    au problème posé par la canalisation des eaux pluviales,tout en permettant, par exemple
    d’assurer un arrosage gratuit et permanent du parc du Cannet, plutôt que le bétonner,et
    réduire d’année en année la superficie de ce qui pourrait être un lieu exceptionnel.
    Sachez que cette solution est réalisable,et qu’une équipe y réfléchie déjà, sous l’impulsion
    de Fred Connat.

  • Eh allez.
    Nous revoilà sur un dossier à faire tourner les tables à 3 pieds.
    Dessaler l’eau du port de Bandol je l’ai fait, et j’ai bu le résultat (il y a 18 ans) A deux reprises sur des voiliers qui voulaient être autonomes en eau de qualité pour ne pas risquer la « tourista » pendant un périple trans-océanique. Les voiliers qui viennent de finir le tour du monde en solitaire ont des dessalinisateurs. C’est un sacré patacaisse avec des besoins en énergie considérables et des nécessités d’entretien également. C’est une rente après installation. Dans un pays comme la France où il pleut très généreusement il est évident que si effort il y a ce sera dans la collecte et la conservation des eaux de pluie qu’il faut s’orienter et non pas dans la « fabrication » d’un produit que le ciel va encore faire tomber sur nos tête ce week end. Or rien n’a été fait depuis le canal de Provence en 1964 (et la privatisation à des lobbies). Ce qui n’empêche pas ces lobbies de gagner beaucoup d’argent en échange du service minimum.
    Concernant un produit de première nécessité c’est, pour un état, un crime d’abandon de mission de service publique gravissime.

    Le plus démentiel c’est qu’on prétend puiser l’eau dans le port de Bandol ou à proximité alors qu’il serait tellement plus sain de la puiser au large. Mais dans le port c’est le fait du maire tandis que dehors, on s’attaque à un large panel d’ingénieurs compétents, réaliste, et pas forcément gagné aveuglément à la cause des lobbies comme cela semble transparaître dans certaines décisions ou à minima dans certains encouragements et autres perches tendues par la municipalité.
    Alors comme ça on installerait une usine sur un territoire à très haute valeur touristique, minuscule avec une superficie de 2 km x 3 km. On marche sur la tête ou bien ? Ils n’ont trouvé que Bandol pour venir jouer les sorciers maudits ? Et le maire ? Il applaudi des deux mains à ces conneries, à ces CAPTATIONS DE PATRIMOINE car c’est bien de ça dont on parle ! ! !

    Concernant la qualité de l’eau du port j’ai procédé moi-même à un examen et voici le résultat :
    Prélèvement du 19 07 2011 à 8h15 analyse le 20 07 2011 par le labo aquatycia certifié sous la ref UPA11 07002-1. Prélèvement effectué avec du matériel scellé fourni par le labo avec sac réfrigéré, etc . . . Du sérieux ! Le résultat résulte d’un comptage visuel effectué par un laborantin sur microscope électronique et ramené en quantité pour la valeur de 10 cl soit un demi verre d’eau (une canette de bière c’est 25 cl pour les petites donc 2,5 fois moins) afin que le résultat soit compréhensible par tous.
    Bactéries coliformes : 2400 tolérance à la boisson = zéro
    E-Coli : Echeréchia Coli, la bactérie qui a tué 30 allemand il y a 2 ou 3 ans : 800 tolérance à la boisson : zéro.
    Et c’est cette eau là qu’on va osmoser pour la purifier ? Ils sont fou ou quoi ?
    A l’époque Mr Palix en personne avait écrit que l’eau du port n’était pas là pour être bue. Réponse « écrite » d’une qualité intellectuelle particulièrement spécieuse, sans parler de l’éthique : si tu ne l’a bois pas : tout va bien. (et les joutes nautiques ?).

    Comme s’interroge mr Deleau avec pertinence est-ce que ce n’est pas une énième tentative pour faire rentrer Véolia dans le port de Bandol. Quand est-ce qu’ils vont nous lâcher ceux-là. Ils viennent de se faire virer de la plupart des grandes agglomérations américaines, New York en tête alors les voilà qui nous tombent dessus à bras raccourcis pour se rattraper. Y-en a marre à la fin ! ! !

    Monsieur Palix, de grâce, regardez Arte de temps en temps vous saurez à qui vous avez à faire. Mais peut-être que vous regardez Arte et que vous vous en fichez ? ? ?

  • On dirait bien que tout est minutieusement programmé

    D’abord les nouveaux contrats avec la SEM qui nous ont été imposé il y a deux ans
    Remise en service du puits de Bourgarel, ce qui donne une certaine autonomie à la commune
    Stockage récent de gravats bitumeux et autres à proximité du puits de captage.
    Histoire de souiller cette source d’approvisionnement, et, de proposer comme seul recours
    le dessalement de l’eau de mer ?
    Va savoir !
    Veolia environnement perds de gros marchés, son action en bourse décline ,alors on peut
    se poser la question à juste titre de l’opportunité d’un tel projet pour Bandol !

  • Hum… Pour les contrats avec la SEM concernant l’approvisionnement en eau potable et les 165 litres journaliers… je rappelle ce que j’écrivais il y a quelques mois dans ce blog sur la délégation de service public de l’eau à la SEM:

     »Le vote et les discussions au Conseil Municipal du 30 novembre 2009

    Après une présentation des conditions du contrat monsieur le maire demandait au conseil de l’autoriser à signer le contrat.
    Ch. DELAUD intervenait le premier, exprimant son désaccord quant au choix fait d’un contrat d’affermage, appelant à une gestion directe de la distribution d’eau par la commune, comme cela se fait sur SIX FOURS, VARAGE et d’autres communes de France… Intervention vaine , monsieur le maire lui donnant rendez vous en 2022…
    F. BAROIS intervenait à son tour, faisant remarquer que le calcul sur 165l/jour se faisait au détriment des usagers et au profit de la SEM. Il essayait vainement de faire partager sa démonstration à monsieur le Maire…

    Arrivait le moment du vote :
    un conseiller s’abstenait (M. SAUZET)
    un conseiller votait contre (Ch. DELAUD)
    l’ensemble des autres conseillers votaient pour, y compris les élus de la liste F.BAROIS…. »

    Je ne sais si tout est « minutieusement programmé »…. ce qui est certain c’est que quasiment tous nos élus ont participé à la programmation… même ceux qui en dénonçaient les incohérences. Et depuis on paie quotidiennement les surfacturations au plus grand profit de la SEM, …. sauf à vivre tel un ermite dans un désert….

  • c’est tout a fait ce que dit Monsieur Prinz
    Tout le conseil municipal se livre pieds et points liés à un lobbyiste qui a bien fait son travail et ce faisant c’est toute la ville qui est livrée en pâture à des gens qui sentent le souffre, preuves à l’appui. (on a largement dépassé le stade du procès d’intention).

    On a les chefs qu’on mérite ! ! !

    Pour le puits de Bourgarel il faudrait poser la question au cardiologue Jean Paul Joseph qui, me semble t-il, à grandement participé à la protection juridique et active de ce puits. Certes est-il suspect puisqu’il se présente en 2014 , mais peut-être est-il plus méritant (militant) que d’autres pour revendiquer quelques suffrages ?
    Toujours est-il qu’il se serait bougé pour réveiller la municipalité à propos de délais légaux pendant que nos élus se caressaient la panse dans une douce somnolence.

    Pour les produits bitumeux, la loi n’autorise pas ce genre de stockage « en plein air » mais bon . . . dans le sud . . . (pardon je voulais dire le sud EST) comme dans alea jacta EST.

  • Franchement, j’en ai assez de cette politique incohérente, de non concertation, ….. et dont les seules victimes sont les contribuables bandolais….

    Vivement 2014, qu’on mette un bon coup de balais à tout cela !!!!!!

  • Quel sera le coût d’une telle opération ? Quelles seront les répercussions sur les finances des Bandolais ? Le coût du m3 de l’eau va t-il encore augmenter ?

    Est-ce que l’endettement de la commune va encore augmenter ?

  • @ Céline : excellentes questions ! Question impôts c’est plus malin que ça :

    Non la commune ne sera pas touchée en terme d’impôts.
    Simplement un morceau de notre terroir passera aux mains de Véolia sous une forme juridique bien ficelée et avec ces gens là c’est définitif. Un cadeau de la municipalité ad vitam eternam. On va leur donner quoi ? la pinède des tennis + un droit de pompage dans la calanque des Capelans? Ou la promenade Paul Ricard ?
    Pareil pour les autoroute où on exproprie massivement pour récupérer les terrains et un peu plus tard on revend à un opérateur privé à des prix . . . . Et c’est définitif ! ! !
    Comme les biens des domaines, genre hippodromes, etc . . .
    Tout est légal certes mais c’est total arnaque. On vampirise les collectivités les unes après les autres. Ça prend 5 ans, 10 ans, 20 ans. Il y a toujours un moment où un maire, un député, un administrateur, etc se trouve en situation de faiblesse et il craque, il signe n’importe quoi, comme un joueur de poker qui croit qu’il va se refaire. Et comme c’est un bien collectif, personne n’est volé.
    Pourtant c’est comme ça que la France se vide lentement de ses substances.

    La dépense collective est magnifiquement pernicieuse. Véolia monte des dossiers qui font largement appel à des subventions nationales (donc nos impôts) et ils vivent la dessus (voir ARTE). Peu importe le résultat.
    Si Véolia avait créé ou inventé quelque chose ça se saurait. C’est juste une société qui sous couvert de prestation de service, de recherche et développement, d’emploi jeunes, de contrôle de la qualité des eaux de baignade (une foutaise exemplaire à plus d’un titre) fonctionne en pompe à fric.
    Ça participe à l’endettement d’environ 8 milliards d’euros de dette supplémentaire toutes les 6 semaines. C’est stérile pour le futur de la France. C’est de la perte sèche et en plus ça montre le mauvais exemple. Comme les dealers dans les quartiers nord. Ça déstabilise les mentalités. Ça insulte les gens honnêtes.

    Le temps travail pour eux et comme ils accaparent des biens collectifs personne n’étant directement touché, personne ne réagit. cqfd. C’est ce qui se passe à la mairie de Bandol comme le fait si justement rema

  • J’interviens un peu tard dans ce dossier qui me semble mériter quelques éclaircissements.

    Je reste réservé sur l’intérêt de cette station de dessalinisation, dont nous avions déja parlé ici : http://www.bandolais.fr/wp-content/uploads/2012/12/AG-Clupp-communiqué-journal-du-port-3.pdf

    Il me semble plus judicieux de traiter l’eau polluée par le lavage des bateaux de l’aire de carénage pour la recycler (à l’image de ce qui se fait dans les stations de lavages de voiture, qui recyclent continuellement l’eau qu’elles utilisent) plutôt que de construire un équipement lourd pour produire cette eau, sans s’intéresser à ce qu’elle devient une fois salie.

    Par contre, une explication nous a été donnée sur le devenir de la saumure générée par l’équipement de dessalinisation. Elle serait rejetée dans le bac de décantation qui collecte les eaux de lavages, et qui s’évacue dans le port. La saumure serait donc diluée dans l’eau d’où elle provient avant de retourner dans le port.

    Jacques K.