(Par A. LEBLAN) Comptes de la SOGEBA

NDLR: Alexandre Leblan m’a écrit un mail que j’ai décidé de publier (avec son accord) comme un « droit de suite » ou de réponse car il a légitimement pu se sentir mis en cause par certains des articles publiés ici ou cités en référence ici. Mes éventuels commentaires (et les vôtres) figureront dans la zone appropriée après « son billet ».

Beaucoup de personnes à Bandol, plus ou moins bien intentionnées, se posent des questions concernant la SOGEBA. Je vous indique que les bilans complets ainsi que les rapports du Commissaire aux Comptes et autres documents ont été déposés chaque année au greffe du tribunal de Commerce de Toulon (C’est une obligation légale pour toutes sociétés immatriculées au Registre du Commerce). Ces documents sont publics, vous pouvez les commander sur Infogreffe.
Je pense que cela dissipera beaucoup de malentendus.
Alexandre LEBLAN (ancien PDG de la SOGEBA)





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8 Commentaires

  • […] c’est une limite du raisonnement « Delaud ». A minima je vous renvoie à l’article et surtout au commentaire que je faisais concernant des sanitaires refaits sous la mandature de François BAROIS pour un coût de 84000€ sans qu’ils donnent […]

  • Merci pour ce rappel des obligations légales, que ne respectent d’ailleurs pas toutes les sociétés, beaucoup préférant d’ailleurs payer l’amende que de révéler leurs comptes.
    D’autre part, si la comptabilité suffisait à tout savoir d’une entreprise, cela se saurait. C’est un bon début, mais les quelques cours de compta auxquels j’ai eu droit ont pratiquement débuté par le rappel qu’une des spécialités des comptables, c’est « l’habillage de bilan », ou comment améliorer les choses en jouant des ambiguïtés de la loi, et des règles comptables.
    Enfin tout ne tient pas dans les chiffres, et sans un oeil à l’intérieur, il n’est pas toujours facile de savoir ce que recouvre la réalité d’une facture, ou quelle est l’affectation réelle d’une dépense. C’est pour cela que j’appelais de mes voeux la mise en place d’un conseil d’administration réunissant des personnes suffisamment étrangères entre elles pour favoriser un contrôle effectivement pluraliste, et où les soupçons de copinage et arrangement ne puissent même pas être évoqués. On se souviendra longtemps des emplois fictifs de la Mairie de Paris et autres joyeusetés du genre: la transparence doit aller au-delà d’un simple dépôt de comptabilité, et au-delà du simple respect des obligations légales et réglementaires. Si on se plie à cette discipline, on s’épargne bien des justifications, et ce n’est en aucun cas un reproche personnel car vous êtes a priori dans la « norme » des pratiques. Mais j’aimerais les voir progresser.

  • Tu as raison Fred quand tu évoques la souplesse des chiffres (dont Mr Leblan se vantait en réunion d’être un champion).
    Je rappellerai simplement qu’en violant la convention liant la Sogeba et la ville il s’est permis d’ augmenter les tarifs du carénage de 21 à 46% (fonction de la taille du bateau sur la base d’une durée moyenne de 3jours) se targuant en conseil municipal de l’aval du conseil portuaire (alors que le quorum n’étant pas atteint l’avis était sans valeur). Nous constatons que de ces augmentations insensées il en résulte une zone de carénage vide ce qui va accentuer le déficit, déficit apparu sous sa présidence.
    Autre point, pour lui avoir posé la question en conseil portuaire sans obtenir de réponse, comment peut-on dépenser 84000€ de subvention pour rénover 5 wc et5 douches ? Le projet était si bien élaboré que ces sanitaires sont encore restés fermés pendant 6 mois après les travaux parce qu’inutilisable. Je ne parlerai pas des dizaines de places libre dans le port toute l’année d’autre plaisanciers en faisait échos sur un autre blog. Je passerai sur les sommes investies pour l’installation sans résultats de la vidéo, du wifi, l’augmentation de la masse salariale etc. Ainsi était la gestion irréprochable de monsieur le PDG.

  • JANICOT JEAN CHARLES

    Mr LEBLAN a parfaitement raison
    Les commissaires aux comptes est chargé de vérifier et certifier les comptes
    La certification des comptes ou « contrôle légal »
    La mission du commissaire aux comptes, dite « mission générale » comprend principalement l’audit des comptes annuels conduisant à leur certification.
    L’audit
    Pour pouvoir délivrer sa certification, le commissaire aux comptes, après son analyse des risques et des systèmes d’informations, détermine les vérifications qu’il doit réaliser tant au niveau des procédures de l’entreprise qu’au niveau des structures comptables. Tout au long de sa mission, il applique les normes d’exercice professionnel, homologuées par le Garde des Sceaux.
    Les vérifications spécifiques
    La loi demande aussi au commissaire aux comptes d’effectuer certaines vérifications spécifiques, comme la vérification de l’égalité entre les actionnaires. Il est également conduit à vérifier la sincérité des informations comptables et financières adressées aux actionnaires, notamment à travers le rapport de gestion.
    Le rapport sur les comptes annuels
    Le commissaire aux comptes rend compte de sa mission générale dans un rapport argumenté dans lequel il exprime et justifie son opinion sur la régularité et la sincérité des comptes et l’image fidèle qu’ils donnent de la situation de l’entreprise. Les observations concernant les vérifications spécifiques sont également mentionnées. Ce rapport est communiqué à l’Assemblée Générale des actionnaires puis déposé au greffe du tribunal de commerce (pour les sociétés commerciales).
    L’opinion sur les comptes
    Exprimée dans le rapport général sur les comptes annuel, elle peut revêtir une des trois formes suivantes
    • la certification sans réserves de la régularité, de la sincérité et de l’image fidèle
    • la certification avec réserves dont les causes sont indiquées
    • le refus de certification avec indication des motifs du refus
    Aussi je ne mets en aucun doute la probité du Commissaire aux comptes et si les comptes sont réellement certifiés ; il n’y a rien à redire

  • @ J.C. Janicot: un commissaire aux comptes est effectivement une première sécurité concernant les comptes d’une société (ne serait-ce que par ce que le commissaire engage sa responsabilité), mais elle ne suffira jamais seule, ou alors je vais croire que votre profession est liée à la comptabilité pour imaginer que la vérité d’une entreprise tient dans ses seuls livres de comptes.
    – je vous garantis que les sociétés comme Enron ou toutes celles qui dans la vie économique française ont servi à des financements illégaux de partis politiques et bon nombre d’autres institutions qui ont vu leurs comptes abriter des scandales avaient par exemple des comptes tout à fait présentables, et même audités et certifiés. Et pourtant…
    – imaginer qu’une entreprise ce n’est que des livres de comptes, c’est pourquoi pas accepter de confier leur management uniquement à des comptables, seuls compétents. On pourrait en débattre mais ça me paraît une idée risquée (on a connu des décennies de gestion par les financiers et le résultat n’est pas enthousiasmant).
    – enfin, un commissaire aux comptes qui examine des colonnes de chiffres, et des grandes masses, n’est pas là le jour J pour vérifier si des dépenses de réception d’un client ont servi à recevoir un client, ou à fêter l’anniversaire du patron (ce n’est qu’un exemple). Beaucoup de dépenses qui peuvent avoir une réalité sur le papier peuvent avoir une autre affectation dans la vraie vie, sinon il n’y aurait jamais de scandales liés aux entreprises dont les comptes sont certifiés. Or il y en a.
    C’est pourquoi je persiste à dire que d’autres niveaux de contrôles sont nécessaires, plus au jour le jour, plus près du terrain, et que tout ce qui favorise la transparence en particulier dans le cas d’entreprises qui servent des intérêts publics (ça concerne par exemple une S.E.M. comme la SOGEBA), est une bonne idée. Ne serait-ce que par ce que ça redorera l’image des politiques en restaurant la confiance des administrés, confiance parfois empreinte de scepticisme encore aujourd’hui.
    Si j’étais homme politique, je peux vous assurer que je commencerai par mettre en place tout ce qui pourrait favoriser la démonstration de mon irréprochabilité.
    Au passage, si le chiffre de 84.000 euros (cité plus haut par Michel) pour la réfection de 5 sanitaires est effectivement ce qui est enregistré dans les comptes de la SOGEBA, je vais aller les visiter, et me réjouis d’imaginer le raffinement qui m’attend: je suis enfin certain que nos installations portuaires sont au top niveau de ce que j’ai vu en Europe dans les meilleurs ports de plaisance, voire plus. Voilà un excellent point pour relancer l’attractivité de notre port en saison et booster sa rentabilité.
    Mais je ne suis pas comptable, et il est certain que les entreprises qui répondent aux appels d’offres publics (très lourds dans leur formalisme), ont des coûts supplémentaires à ce que supportent nos plombiers locaux qui oeuvrent en simples artisans. Mais quand je referai ma salle de bain, je ne ferai certainement pas travailler l’entreprise qui a refait les sanitaires du port de Bandol, mais bien plutôt un de nos plombiers bandolais.

  • JANICOT JEAN CHARLES

    pour ce qui concerne ENRON, outre le fait que les dirigeants ont écopé de lourdes peines de prison, le cabinet d’Audit ARTHUR ANDERSEN, l’un des 5 plus gros cabinets d’audit du monde a été mis en faillite
    Le management en général n’est pas fait par des comptables , mais par la Direction générale
    Mais il est évident que si quelqu’un veut affecter une dépense non conforme aux interets de la Société cela peut toujours se faire ( note de frais )
    Si comme je l’ai entendu dire et ce n’est peut etre qu’une fausse rumeur ( je l’espère) des loyers n’ont pas été révisés depuis plusieurs années, des baux n’ont pas été établis, d’autres ne payent aucun loyer ; alors dans ce cas il faut se demander à quoi servent les services administratifs de la SOGEBA ; idem si cette histoire de sanitaires est exacte je ne comprends pas qu’il n’y ait pas eu de réaction

  • @J.C. Janicot: nous sommes donc d’accord. Enron et A. Andersen ont été sanctionnés suite à d’autres contrôles a posteriori, le seul dépôt des comptes certifiés n’ayant pas été suffisant à attester de la vérité de l’entreprise. D’autres niveaux de contrôles sont souhaitables.
    Effectivement, une direction générale est pluridisciplinaire, et assume autant les comptes que les décisions managériales (gestion, marketing, management, organisation, etc.). Les chiffres, ce n’est qu’un reflet de la vie de l’entreprise.
    Pour les problèmes de loyers et baux (on parle des activités hors port de la Sogeba), je suis comme vous, je n’ai que l’article de Var Matin que je mentionnais (rédigé par un journaliste avec toute sa conscience et son savoir-faire d’investigation) comme source.
    Pour ce qui est de commander les comptes de la Sogeba sur Infogreffe, mes compétences en comptabilité ne me permettront pas de rivaliser avec les conclusions d’un commissaire aux comptes. Donc si tout cela est abordé sur ce blog, c’est surtout pour que si d’autres plus compétents sont interloqués par les éléments dont nous disposons, ils puissent eux peut-être y regarder de plus près, car effectivement des bandolais se demandent si les intérêts collectifs ont bien été défendu au mieux de ce qu’ils pouvaient espérer.

  • J’ai posé la question à un professionnel en ces termes:
    « rénovataion de 5 WC et 5 douches, quel est l’ordre de grandeur? ».
    Réponse : « 10.000 euros ».
    Quand je lui ai demandé ce qu’il pensait d’un budget de 84.000 euros pour une rénovation de cette nature, il a failli s’étouffer, m’a demandé s’il pouvait faire lui-même le chantier, et certifié qu’à ce prix là, il ne peut pas s’agir d’une rénovation (éventuellement création du local, des murs, etc., achat du terrain ou autre).
    Donc l’information donnée par Michel ne peut pas correspondre. Ces 84.000 euros ne peuvent pas concerner qu’une simple rénovation, mais il y a forcément d’autres travaux couverts par ce chiffre. Des explications seraient bienvenues.