Ouf ! Soulagement dans le port de Bandol

Rarement nouvelle m’aura été autant confirmée. Sur la fin de matinée les appels, mails et sms se sont empilés dans mes messageries*. La nouvelle a tardé à commencer son tour de quai, mais a ensuite fusé…
Tous les marins qui observaient depuis des mois avec incrédulité la « fleur de mouillage » plantée devant le port de Bandol ont tous pensé que son décrochage cette nuit (pour finir en dérive vers la plage du Lido ce matin) sonnait enfin le glas d’une expérience que tous jugent inepte.

C’était bien la peine de rameuter ministre préfet et rien moins que 2 députés pour faire la promo du bidule** il y a quelques semaines, en répétant la fiche « relations publiques » du projet (avant de se faire mousser avec des idées innovantes, mieux vaut s’assurer qu’elles ne vont pas à l’encontre de toutes les règles à commencer par celles de la physique).

Mais on doit être quelques-uns à regretter qu’elle n’ait pas décroché juste avant ou pendant leur visite, ce qui aurait certainement mis un coup d’arrêt définitif à un projet qui a son sens sur lac ou rivière, mais certainement pas là où oeuvrent les vagues (et encore on n’a eu droit à rien de méchant cet été, notamment venant du sud). Ici la décision reviendra sûrement au Maire s’il ne veut pas que la prochaine fois elle embarque 2 ou 3 bateaux mouillés sous son vent…

D’ailleurs, à l’époque de la décision d’autoriser l’essai, la Mairie de Bandol avait encore 2 têtes, mais quelle que soit celle qui ait autorisée cette expérience pilote, c’est surprenant car tant le Maire que son premier adjoint naviguent (plaisance, donc pas obligatoirement très expérimentés, mais il y a quand même des bases). Fleur de mouillageMême s’il y avait volonté de poursuivre le test avec de nouvelles mesures, tous les marins qui ont dormi sur un bateau soumis aux vagues connaissent l’inconfort d’une position non alignée sur le sens de l’eau, et les efforts (chocs et vibrations) colossaux qu’encaissent le bateau et ses amarres dans ce cas de figure (sur la fleur de mouillage, au mieux deux bateaux seraient correctement positionnés pour ne pas souffrir ni faire souffrir la structure). On peut la renforcer tant qu’on veut sur le court et moyen terme: c’est un non-sens pour les gens de mer, et irréaliste sur le long terme.

Bref, ce matin, beaucoup de marins et même de non-marins m’ont signalé l’incident, accompagnant leurs témoignages de mots très durs sur cette expérience et envers les divers responsables qui ont permis cet essai (des concepteurs aux financiers en passant par les diverses autorités locales). Et tous veulent croire à la fin de la « fleur de mouillage » en mer, ce qui était presque audible: je jurerai avoir entendu un « ouf » collectif monter du port, d’autant plus sincère qu’il n’y a pas eu de dommages collatéraux pour cette fois.

F.M. – Bandolais.fr

* j’ai tweeté la nouvelle aux alentours de 10H, mais vous êtes moins nombreux à me lire sur Twitter que sur le blog

** à moins que ce soit le bidule dont on espère qu’il fasse la promotion des politiques dont on se demande quels étaient leurs rôles cumulés ce jour-là pour ça, hormis être sur la photo bien sûr.





6 Commentaires

  • […] démontage était prévu en fin de saison. Le décrochage de la nuit dernière a précipité son démantèlement. Ne restait plus que la partie centrale à flot en fin de […]

  • […] de communiqué officiel, mais de source bien informée, en mairie, la décision est définitive: si Veolia veut poursuivre les tests du bidule, ce sera ailleurs. Ces articles pourraient vous intéresser :Ouf ! Soulagement dans le port de […]

  • […] Les initiatives liées au développement durable sont moins farfelues que la « fleur de mouillage » de 2010, et si elles demanderont certainement à être améliorées, au moins […]

  • Il est clair que cette expérience devait prendre fin. Je n’imaginais pas comment on aurait pu dormir ammarré à ce ponton, tant le bruit fait par les éléments se cognant les uns aux autres était assourdissant.

    M. Palix m’a assuré qu’elle n’avait rien couté d’autre aux Bandolais que le prêt d’un morceau de la baie.

    Pour en avoir parlé avec lui, je crois vraiment qu’il a été décu de cet échec. Il pensait manifestement vraiment que cela serait une solution pour l’accueil des plaisanciers de passage.

    Il ne le croit plus. Il semble avoir bien compris que cela ne pourrait pas marcher.

    Le problème de l’accueil dans le port, tant pour les plaisanciers de passage que pour les Bandolais, reste entier. Nous en avons longuement parlé, il m’a fait part de sa volonté, apparament ferme, de prendre le problème à bras le corps.

    Il était à l’écoute et demandeur de solutions pratiques.

    Nous verrons si l’expression d’une volonté politique sera suffisante pour faire bouger les choses, dans un domaine où l’immobilisme semblait être la règle depuis longtemps.

    Pour la fleur de mouillage, ce n’était effectivement peut être pas la peine de faire donner le ban et l’arrière ban et de convoquer tout ce beau monde alors qu’il était acqui que l’expérimentation était un échec. Mais bon, c’est le problème de Véolia.

    Jacques

  • La fleur est devant le port, mais il me semble qu’elle ait perdu quelques pétales. Peut être que le démantèlement va se poursuivre demain.

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    NDLR: le démontage a effectivement commencé
    Démontage de la fleur de mouillage

  • Depuis l’idée d’implanter cette fleur de mouillage dans le port de Bandol, la majorité des élus au conseil portuaire se sont exprimés défovarablemet la municipalité n’a pas suivi notre avis; heureusement, il n’y a pas eu de dégâts et il est urgent à mon avis, de reirer cette masse pour les bateaux au mouillage forain et d’oublier cet essai malencontreux.