Ma visite à la « Baroimobile »

Le Pape a sa papamobile, Bayrou eût en son temps son bus roulant à l’huile de Colza qui eût un certain succès aux « guignols de l’info », notre Maire mène campagne à bord d’une permanence mobile du type camping-car … Fallait bien que j’en fasse un titre.

Moi je savais que j’étais devenu un citoyen particulier avec ce blog encore un peu seul dans son genre à Bandol. Mais particulier je le suis vraiment: parti dans l’idée de rencontrer enfin François Barois pour de vrai, ce fût un peu raté, et au lieu de poser des questions, c’est moi qui ai essuyé une salve nourrie de questions, et pas mal de reproches… …/…

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J’avais réservé la dernière heure de la matinée après les impératifs professionnels du début de journée pour me rendre à cette permanence mobile, garée aujourd’hui à proximité de mon bureau/domicile, sachant que cette permanence était là de 9H à midi. Un peu à la bourre, je me présente à 11H15 au lieu annoncé, voit le Maire en conversation avec quelqu’un, et 3 collaborateurs et sympathisants qui bavardent entre eux (dont un de mes clients). Je me présente à ceux qui ne me connaissent pas, et j’ai très vite senti une certaine gêne ou tension. Et au lieu de poser des questions, je me suis vu justifier mon action de blogueur.

Roulotte BaroisComme toutes les équipes, celle-ci me parle des articles qui l’embêtent, et on me reproche de laisser la porte ouverte à des discussions et pinaillages sans fins sur des points divers. On me met en garde contre mon numéro d’équilibriste qui ne peut pas réussir. On me rappelle que dans une ville aussi âgée, je ne représente rien, la plupart des gens n’utilisant pas Internet, et on relativise donc mon impact potentiel. On me signifie aussi que ne connaissant pas l’histoire de Bandol (considérant mon « ancienneté » ici), je ne peux qu’écrire des choses assez éloignées de la vérité, voire des contre-vérités. On me met en garde contre Palix que j’aurais présenté « sous un jour favorable » alors qu’eux le connaissent capables d’énervements spectaculaires (contrairement au Maire qui aurait un sang-froid à toute épreuve – je veux bien l’imaginer, connaissant le prix des joujous qu’il a eu entre les mains dans sa carrière de pilote de chasse). Finalement le seul qui ne semble pas très perturbé et a une attitude cohérente (c’est vrai ça, si je suis négligeable, ne me cherchez pas de poux dans la tonsure), c’est le Maire. Enfin libéré, il vient me saluer, et quand on lui dit qui je suis, il a finalement l’air amusé, beaucoup moins tendu que ses hommes, et m’annonce qu’il doit partir pour un RV urgent à Sanary (prétexte ou réalité, je ne le saurai pas). Si c’est vrai, je peux comprendre les obligations d’un Maire et de son agenda. Si c’est une excuse, je ne peux pas lui en vouloir: il préfère éviter de perdre son temps avec quelqu’un qu’il considère comme un histrion à l’impact négligeable. C’est conforme à son attitude générale telle que je la décrivais hier, et logique du point de vue électoral. Etant le candidat à la plus forte notoriété a priori, il est celui qui a le moins besoin de relais de communication, d’autant que la critique étant ce qui s’exprime le plus facilement, il trouve plutôt chez moi les échos négatifs que les louanges. Encore une fois, il n’a aucun intérêt à me légitimer.

Cette équipe reste cependant la seule à ne pas jouer du tout le jeu de la séduction, en particulier envers moi.

Bref, j’ai bien tenté le lui dire que j’étais à sa disposition pour une éventuelle rencontre, il est parti mi-souriant mi-embarrassé sans envisager de sortir son agenda. Et m’a juste confirmé qu’il ne me lisait pas lui-même, son directeur de cabinet (je crois) nous a même fait tous rire en déclarant qu’il avait du mal à faire lire son propre site au candidat. Ce qui a évité de répondre quand j’ai demandé si ses enfants ou collaborateurs l’informaient sur ce qui se passait sur Internet. Pour le voir, il faudra retenter ma chance sur un prochain stationnement de sa permanence mobile si j’ai bien compris…

Le Maire parti, plus personne à l’horizon pour discuter campagne (à part moi), Mr Coudret a décidé de fermer la permanence mobile dès 11H30, et seul Mr Robert (futur responsable du port en cas de victoire) est resté sur le trottoir déserté par son QG sur roues, pour me redire combien étaient inutiles à la campagne des échanges comme ceux concernant l’incident tennis (lors du dernier conseil municipal) actuellement sur mon blog. Il a probablement raison, mais vivement que ces fichus conseils municipaux soient disponibles en vidéo qu’on puisse se faire une idée sur l’attitude démocratique des uns et des autres, notamment.

J’ai gardé mes questions, content d’avoir tenté cette amorce de dialogue, déçu de la tournure qu’avait pris la rencontre, et je suis rentré, à pieds et « philosophe »: je n’aurai pas eu l’avantage d’une rencontre privilégiée avec chacun des candidats d’ici à l’élection du 9 mars, mais je n’ai rien de si spécial qui me permette de l’exiger… A moins de retrouver le temps d’aller visiter ce QG mobile entre mes RV.



Crédit illustration : dessin de Jean Revolon





Un commentaire

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