L’incohérence (réelle ou perçue) de Bandolais.fr

Pour continuer sur le débat autour des critiques formulées par Pierre OLIVIER (ici et et encore ), il reproche une forme d’incohérence à ceux qui s’expriment en ligne (pour dire que les partis n’ont pas d’utilité dans les communes – je force le trait), mais qui commentent malgré cela les mouvements des élus par rapport aux étiquettes politiques. Si le reproche n’est pas nominatif, je crois qu’il ne m’épargne pas: je suis en effet le premier à rejeter la question des partis à cet échelon de la gestion publique (même si je me doute bien que les réseaux de pouvoir avec les échelons supérieurs servent aussi les intérêts des communes, ce qui est probablement réaliste mais peu reluisant pour la démocratie).

On peut parfaitement croire à la nocivité de l’étiquetage politique localement, et se moquer avec constance de l’empressement de politiques rivaux qui se déchirent, à intégrer un même parti (pour un motif électoral que je ne conteste pas mais que je déplore au niveau communal). Si j’écris sur la couleur politique des élus, ce n’est pas qu’elle importe à mes yeux (ce serait effectivement incohérent de la nier et de sembler juger les candidats sur cette appartenance). C’est qu’eux-mêmes sont parfois discrets sur le sujet, mais visiblement surtout déterminés à bénéficier le moment venu du soutien d’un parti (car oui hélas, même dans un village, ça compte). C’est l’importance qu’eux-mêmes accordent à ce détail, et surtout les motivations plus ou moins saines qui sont derrière qu’il me semble utile de commenter pour jauger les individus et la situation.
Et je ne me sens pas responsable du fait que ces luttes fratricides interviennent dans un seul et même parti qui concentre la vie politique de Bandol (il s’agirait d’un autre que ma perception et ma réaction seraient identiques).

Si certains ont besoin d’explications plus détaillées et veulent affronter ma prose et mes articles trop longs, je traite par le menu mes arguments dans la suite de l’article. …/…


1) OUI je considère que l’étiquette de parti (partis guidés d’abord par des orientations nationales) des gens qui s’investissent dans la politique locale (a fortiori dans une ville du gabarit de Bandol), est assez peu pertinente, assez peu utile à la bonne gestion de la ville, et un frein au rapprochement de gens d’opinions diverses mais qui pourraient se réunir sur des compétences et une vision locale commune. Christian DELAUD justifiait le contraire en rappelant qu’il est le seul élu de Bandol à avoir protesté contre la suppression de la taxe professionnelle (mesure prise par la droite, et lui seul élu de gauche), et que ce type de clivage sur les orientations nationales à l’impact local expliquerait qu’il faille politiser aussi le débat local (mais à mon sens il mêle le débat législatif au débat local, et c’est son choix d’introduire une question politique à un niveau où elle ne peut pas être traitée, ce qui me semble stérile, ou à but purement « pédagogique »).
2) OUI je critique et « m’amuse » du manège (étiquette, engagement, choix de partis, etc.) de personnalités dont l’envergure politique ne dépasse pour pratiquement aucun d’eux les lisières de la commune, et je dénonce une valse/tango en particulier au sein du même parti dominant, qui ne vise au final que l’obtention d’une investiture et le soutien dudit parti lors du prochain scrutin local.
3) En effet les électeurs ne détachent pas tous comme moi politique nationale et gestion locale, et une majorité vote effectivement non pas en fonction de l’offre de profils de femmes et hommes au sein de la commune, mais en fonction de l’étiquette nationale d’un parti figurant sur les bulletins de chaque liste. Hélas. Trois fois hélas.
4) OUI car si la plupart de ces bandolais(es) engagé(e)s dans un parti et dans des élections passées ou futures ne font actuellement pas trop de bruit sur cet encartement, je peux assurer Pierre OLIVIER que celui qui obtiendra l’investiture ne manquera pas d’en faire état, de bien faire figurer le logo convoité sur ses bulletins, fera venir le député de la circonscription à une ou plusieurs de ses réunions de campagne, et si le contexte n’est pas trop défavorable, utilisera éventuellement la dynamique de domination ou de succès national de couleurs qu’il n’oubliera certainement pas d’arborer. Je continuerai cependant à les trouver inutiles pour conduire le destin de Bandol.
Je suis cohérent car mes commentaires sur l’encartement politique de nombreux élus bandolais ne font que souligner deux choses, factuelles, et qui plaident pour ma vision du phénomène:
– la soumission à un même parti de rivaux incapables de réaliser une union durable révèle que le clivage n’est pas sur ce critère.
– leur engagement (au-delà de leurs convictions philosophiques personnelles) relève largement de préoccupations électoralistes comme le montre leur revendication plus ou moins forte de leur étiquette en fonction du calendrier, ce que l’électeur (que je suis) perçoit comme « politicien » au sens véritablement péjoratif du terme.

En parler n’est pas incohérent. C’est ma perception d’électeur et j’ai ouvert mon blog pour pouvoir dire ce que je pense aux intéressés, s’ils veulent l’entendre. Rien ne dit que je sois représentatif de l’électorat, mais c’est ma liberté que de m’exprimer sur ce ressenti.
Frédéric METEY
www.bandolais.fr
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3 Commentaires

  • Fred
    je viens de lire ton article et si je peux comprendre ton souhait, je trouve normal qu’une ville comme Bandol soit attachée par sa municipalité à une orientation politique. En voici les raisons:
    Il y a actuellement en France deux tendances qui sontle socialisme ou le libéralisme quiest une forme de capitalisme. Sur ce point je comprends Christian qui est contre la suppression de la taxe professionnelle.
    Notre constitution demande à chaque candidat à l’élection Présidentielle d’avoir 500 signatures d’élus qui sont généralement adhérents d’un parti politique.
    Il est plus facile pour une municipalité d’avoir des subventions si elle est de la même couleur que le conseil général ou régional (ici nous avons de la chance, il y en a un de chaque bord!!!)
    Enfin, la politique est partout, même au sein d’un ménage, gérer un budget familial est faire de la politique et chacun d’entre nous a son option (socialisme ou libéralisme) dans sa vision de la vie.
    Pour Bandol, à mon avis, le seul point noir est constitué par les querelles internes et une meilleure entente entre la municipalité actuelle et son opposition constitué par la municipalité précédente serait un plus pour notre commune et tous les citoyens en seraient gagnants.
    Je n’accuse personne en particulier (ni les anciens, ni les nouveaux) et surtout n’interprétez pas mes propos comme partisans

  • Serge,
    on peut s’intéresser à sa ville sans pour autant l’être de la politique – qui m’émeut autant que le foot, mais bon, je suis une fille !
    Chaque famille, en effet, fait de la gestion mais ça ne doit pas être la même ! Je débloque rarement des budgets-surprise indécents pour acheter un vaccin, ou pour aider les banques, ou subventionner un système absurde (entendre par là qu’il engendre des effets inverses à ceux souhaités, comme la valorisation du travail par exemple) : ça c’est de la politique, moi je gère au mieux l’argent que je gagne. Et c’est déjà pas évident…
    Et si « Il est plus facile pour une municipalité d’avoir des subventions si elle est de la même couleur que le conseil général ou régional », est-ce à dire que si la gauche devient majoritaire au niveau national, la municipalité prendra la même couleur pour des raisons intéressées ?
    Là je rejoins Fred en pensant que ce sont les compétences, le respect et l’engagement des individus (de tous poils) qui sont la base et font marcher une petite ville comme Bandol. S’il y a des parasites, et que l’on inverse le processus, ça ne marche plus.
    Et là, je te rejoins Serge, personne ne gagnera rien de ces querelles politico-politiciennes.

  • Ok Nathalie
    Je comprends aussi ton raisonnement, même si dans ta gestion familiale, tu peux aussi faire des erreurs que tu constateras plus tard;
    Pour les municipalités, je n’ai pas parlé d’incompétences, mais simplement d’orientation politique et tout en ayant mes convictions, je suis certains qu’il y a des gens compétants dans tous les partis politiques et dans tous les conseils municipaux, seules leurs options divergent et chacun d’entre nous est plus ou moins attiré par l’une ou l’autre.