Les résultats du calamiteux recensement 2011 à Bandol

C’est un article de Bandolweb et un autre de LeBeausset-info qui ont ré-attiré mon attention sur un vieux dossier pourri : le recensement 2011 à Bandol. Mes lecteurs se souviendront d’une gestion ahurissante de l’opération. Nous attendions avec curiosité de savoir quel résultat allait sortir de ce recensement, qui définit les chiffres légaux, officiels de la population de la ville.

Je n’ose pas les commenter tellement le grand n’importe quoi dont il s’est agi à l’époque me laisse craindre que ces chiffres soient juste fantaisistes.Quand on sait le nombre de gens qui se sont manifestés spontanément pour signaler qu’ils n’avaient pas été recensés, on imagine le nombre de ceux qui n’avaient rien à faire d’être comptés et ne se sont pas manifestés. Dans ces conditions, je ne comprends pas qu’on ait pu validé une telle baisse de population, et on finira peut-être par avoir un nombre d’inscrits sur les listes électorales supérieur aux chiffre légal des résidents officiels (au risque de voler la vedette au Vème arrondissement de Paris?).

Mais je suis mal placé pour critiquer une baisse de la population, puisque je fais partie de ceux qui ont dans la tête des projets de départ de la commune, et que ce n’est peut-être pas la mort mais une décision volontaire qui nous rayera ma compagne et moi des effectifs bandolais.
En tous cas si baisse d’attractivité de la commune il y a, elle ne date pas à mes yeux de ce seul mandat.

F.M. – www.bandolais.fr





5 Commentaires

  • Bonjour Fred,
    Quelqu’un peut peut-être nous dire à quoi sert un recensement De savoir que nous sommes nombreux à vivre heureux dans une commune, quels sont les avantages que l’on tire de l’être plus ou moins!

  • Antoine LECOMTE

    Si la ville perd des habitants (il est vrai que Bandol meurt car nous avons aucune politique ambitieuse de développement économique) alors pour qui construit-on (bétonne t-on) autant ?

  • (Si j’ai le droit de le dire?) je ne dirai qu’une chose : on peu multiplie les constructions et voir surgir des immeubles sur notre commune sans que notre démographie augmente se qui entraîne des fermetures de classe, des retards importants sur les rénovations de notre CES et se qui prouve qu’on peu faire grandir démographiquement, intellectuellement, et professionnellement sans pour cela tombe dans l’urbanisation massive

  • @ Christian VIALA
    Le recensement par l’INSEE est la base des informations démographiques indispensables à la gestion d’une collectivité territoriale.
    C’est ce qui permet de déterminer les infrastructures : scolaires, routières, réseaux techniques divers (eau, eaux usées, déchets, etc.), transport public, accueil dans les services publics, etc.

    IMPACT SUR LE PROCESSUS ELECTORAL

    Il se trouve aussi que ça a un impact sur les modalités d’application des lois électorales. Pour les élections municipales, il y a un seuil à 9000 habitants qui imposent des contraintes différentes aux candidats (dépôt des comptes de campagne, et c’est assez lourd) : à Bandol, cela aurait peut-être limité la profusion des listes, l’aventure étant plus compliquée à gérer quand il faut passer sous ces contraintes (et ça aurait pu être intéressant d’étudier les moyens engagés par chacun, en se posant au passage la question de la provenance de ces moyens…
    Si on sait que les listes les plus modestes font leur campagne avec un budget nettement inférieur à 50.000€, plusieurs observateurs m’ont indiqué que pour gagner à Bandol, il faudrait engager pas moins de 200.000€…

    C’est invérifiable en l’absence de dépôt des comptes de campagne, mais ça reflèterait a minima la motivation et le soutien fort dont bénéficient les plus gros prétendants à la victoire finale, et la générosité collective et le nombre de ceux qui croient en leur champion pour améliorer leur ville et son quotidien, au point de verser leur écot à sa campagne. On sait la passion du peuple français pour la politique, et qu’un candidat à la présidentielle de 1995 avait réuni des sommes étonnantes en vendant des pins et T-shirts à son effigie (même si l’autorité judiciaire en charge du contrôle avait émis des observations sur la crédibilité des explications sur cette manne liquide).

    FRAIS DE CAMPAGNE

    Les frais de campagne sont réels : il faut un local si on veut tenir une permanence (et l’aménager avec éventuellement une signalétique – panneaux, banderoles, écrans, etc.), organiser des réunions publiques (mais la salle est gracieusement fournie par la mairie), et chez l’habitant (qui prend généralement lui-même en charge les frais relatifs à cette réception où on nourrit souvent d’un buffet la vingtaine de personnes conviées en moyenne), un site web à construire, qu’il faut aussi faire vivre éventuellement avec un webmaster et/ou « community manager », pour les plus gros il peut y avoir du conseil en communication, voire un(e) directeur(trice) de campagne, des tracts à imprimer, profession de foi et autres matériel électoral (bulletins de vote), etc. : même si beaucoup de ces postes peuvent se faire sans flux monétaires (prêt de local, bénévolat des supporters, etc.), traduits en termes marchands, ces nombreux postes ont un coût, et l’addition peut devenir considérable (en ajoutant les frais de transports pour réunions externes, négociations avec un/des parti/s politique/s, voyage d’étude de solutions existant ailleurs et qu’on veut proposer pour sa ville, etc. Et plus l’équipe est forte, plus elle aura tendance à recourir à des prestations qui professionnalisent sa performance.

    PRIME AU SORTANT

    L’élu en place est toujours un peu à part, avec ce qu’on appelle la « prime au sortant » : il est difficile de tracer la frontière entre sa campagne et la communication de l’institution qu’il dirige et participe très fortement à sa notoriété, réduisant de fait la nécessité d’une campagne plus forte en moyens. Dernier exemple, si le maire aura deux réunions publiques de campagne comme les autres candidats, il vient de présenter ses voeux à la population (comme il a pu communiquer son discours politique lors des années précédentes à cette occasion annuelle), et on peut y voir un bonus en termes de réunions publiques, en pleine campagne électorale.

    MOTIVATIONS, MISES EN PERSPECTIVE

    Je peux comprendre cet investissement sur une base de volontariat autour d’idées et de projets. Je tiens moi-même un blog d’idées et de débat public, qui s’il ne m’a pas « coûté » de sommes importantes en euros, a un impact par le temps qu’il m’a pris ces 6 dernières années (et alors que je suis au coeur de ma carrière professionnelle), impact qu’on peut chiffrer en milliers d’euros, si ce n’est pas en dizaines de milliers, de manque à gagner (mais c’est difficile à évaluer car il faudrait rembobiner le film et refaire ma vie depuis 2007 sans le blog).
    Si je le fais c’est parce que les euros sont apparemment une valeur moins importante que d’autres dans mon échelle personnelle de valeurs. Je le prouve en ayant affirmé et par écrit dès le début de ce blog, que je m’engage à n’avoir jamais aucun rôle dans la vie locale bandolaise (comme élu ou comme salarié de la municipalité), ce qui est vérifiable et me sera opposable si je m’avisais d’enfreindre cette règle que j’ai fixé pour éviter toute situation de conflits d’intérêts. Il se trouve qu’en plus jusqu’ici, je n’ai eu à solliciter la mairie sur strictement rien de mes affaires personnelles ou individuelles et qui m’ait fait sortir du régime normal applicable à tout citoyen (place de port de passage, ou saisonnière obtenue selon la procédure par mail qui est la règle publique, par exemple).

    Je ne doute pas qu’une large part de ceux qui s’investissent dans le combat politique soient animés de la même façon, mais c’est aussi ces raisons qui me rendent très sensible à la notion de conflit d’intérêts, qui serait plus facilement gérée avec une obligation de dépôt des comptes de campagne.

  • Merci Fred pour toutes ces explications.