L’attractivité commerciale d’une ville

Certains (commerçants ou non) ont parlé publiquement du déclin commercial de Bandol, en particulier chez Jaxx dans la longue liste des commentaires de son fameux (et innocent) article d’octobre. Et beaucoup de bandolais m’en ont parlé.

Pour ma part, je reviens à mon idée de comparatifs. Avec deux points de référence: l’exemple de Dubrovnik visité à l’été 2006, et en commençant par les interrogations de ma compagne qui s’étonne au regard de ce qu’elle observe dans sa ville natale, Palamos sur le littoral touristique de la Catalogne espagnole (avec une dédicace spéciale pour Henri que les lecteurs les plus assidus de ce blog comprendront).

La principale rue commerçante de Palamos est la « calle mayor », la « grand-rue » qui est piétonne. Notre équivalent le plus proche pourrait être la rue Marçon, sauf que chez nous elle est morte, au grand étonnement de Marta. Personne ne songera à en faire porter la responsabilité au Maire sortant, mais plutôt aux municipalités antérieures, même s’il n’a vraisemblablement pas oeuvré pour la ranimer. Comme cette « calle mayor », la rue Marçon n’est pas directement en front de mer, ni particulièrement ensoleillée. Le quartier piéton de Sanary regorge d’ailleurs de bars, restaurants et boutiques en tous genres. Je ne sais pas lui expliquer cette différence, alors que cette rue fût autrefois (je ne pense pas l’avoir connu d’ailleurs), un axe essentiel de la ville, avant l’aménagement du front de mer.

D’ailleurs Marta est effarée par la physionomie du quai de Gaulle à Bandol… Cet alignement disparate de micro-boutiques finit par donner une allure très peu soignée à notre ville, dont c’est pourtant la principale vitrine offerte aux visiteurs. La faute en revient-elle uniquement aux baux précaires qui limitent les possibilités des commerçants et leur implication? Que peut, que doit faire la municipalité pour réhausser la qualité de cette vitrine de Bandol? Car cette artère est-elle en mesure d’attirer la clientèle touristique que Bandol et ses commerçants espèrent?

DubrovnikDubrovnik est à cet égard un exemple frappant. Si la ville a été magnifiquement restaurée après les dégâts effroyables de la guerre en Croatie (en grande partie grâce aux fonds de l’UNESCO), elle ne nous a pas subjuguée, à cause d’un côté musée: elle n’est plus QUE touristique, et toute vie réelle semble avoir disparu malgré la grande foule de visiteurs que nous y avons vu en été. Plus d’habitants apparents, plus de vie locale… Un effet Disneyland assez désastreux. Pour autant, la restauration a aussi imposé une refonte complète de l’aspect de la ville. Les vieilles pierres ont été remises en état, mais également toute l’activité commerciale a été normalisée. L’exemple le plus frappant, tient aux terrasses de tous les établissements de type bars et restaurants. TOUS ont le même mobilier, avec une ou deux variantes. L’effet est saisissant, l’impact visuel immédiat, l’impression de qualité frappante. On est clairement dans une ville où l’accueil du touriste a été pensé, où l’harmonie visuelle a été voulue et étudiée. Et ceux qui l’ont visité confirmeront: le résultat est réussi, avec des devantures de boutique qui sont coordonnées (cf. photo ci-contre), pas d’anarchie commerciale, sans pour autant retirer ni charme ni variété à la ville… Ne manquent plus que d’authentiques habitants dans les rues et maisons (mais peut-être beaucoup ne sont-ils pas revenus s’installer après les combats dont les photos visibles en plusieurs points et commerces de la ville, révèlent la violence).

Mais sans aller en Croatie, Marta me rappelle que Saint-Tropez, avec qui Bandol aurait pu rivaliser à une époque sur ce plan, a su garder un cachet que Bandol n’a plus. Vous me direz que Saint-Tropez dispose de plus d’argent que Bandol, ne serait-ce que pour que les particuliers soignent leurs façades. Mais je trouve confondant que dans les brochures touristiques de Bandol, en suggestions d’excursion au départ de la ville, on suggère « Sanary qui a su garder son cachet provençal » (Sic! mais c’est vrai que Sanary est aujourd’hui plus pittoresque). Enfin à plusieurs reprises sur ma proposition de sortir en ville, des amis me suggèrent que nous allions faire un tour à Sanary… et par 2 fois en me disant que Bandol ressemble vraiment trop à « Second Life » (désolé pour la référence, mais là il faut vraiment être très connecté pour comprendre, et ça fait surtout allusion au nouvel aspect de l’avenue du 11 novembre)…

Candidats et bandolais, je lirai avec intérêt vos réactions sur ces deux points particuliers du thème général qu’est l’attractivité de Bandol à travers la gestion de son tissu commercial…

F.M. – www.bandolais.fr
© photo Dubrovnik:
Luna04





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6 Commentaires

  • […] que prévoit la Mairie pour la seconde partie du mandat en cours (j’y trouve l’écho à l’un de mes vieux articles). Cependant tout le monde n’est pas convaincu par cet argumentaire, et il ne faudra pas […]

  • salut Fred,
    décidemment tu as beaucoup de temps libre pour t’épancher dans ton blog. Crois-tu que les internautes apprécient? Ils zappent comme à la télé….
    Alors , après l’espagne, la croatie et puis une pincée sur Sanary.
    Mais Sanary n’a pas le front de mer de Bandol, et la rue Marçon, tu as essayé de trouver une place en pleine saison dans ses terrasses de restau……évidemment en Février , la foule n’y est pas.
    Si tu es remis de ta chute, prends place Vendredi au centre culturel, tu y entendras de bonnes paroles pour le futur de TA VILLE.
    HB

  • @ Burillard: je tape vite au clavier, j’ai réduit mon temps de sommeil par deux ces derniers mois (au bas mot), et la densité commerciale de la rue Marçon même au plus fort de la saison me paraît ridicule comparée à son potentiel, en particulier comparée aux exemples cités… Je fais le maximum évidemment pour être vendredi au programme du Maire. Quant à la fidélité de mes lecteurs de ce blog, elle me stupéfie (et c’est l’une des raisons qui me poussent aux efforts que je consens pour m’y investir autant).

  • Je me lance – même de très loin – pour commenter et répondre à M. Burillard.
    Tout d’abord, la diversité de ce blog fait, à mon sens, sa richesse. La monotonie lasse.
    Enfin, Sanary n’a certes pas le front de mer de Bandol, mais il est quand même possible d’y circuler à pied sans trop de difficultés, sans jongler à travers les terrasses de cafés et la circulation. De plus, la façade maritime de Sanary a – du moins architecturalement parlant – été davantage préservée que celle de Bandol…
    En ce qui concerne la rue Marçon, elle s’anime certes l’été mais ne peut en aucun cas être comparée, de part le faible charme qu’elle dégage, à Dubrovnik, Sanary ou autres. Je confirme sur ce point ce que Fred a dit. Cela tient sans doute à sa position géographique, en arrière de l’axe de promenade principal qui reste le quai Charles de Gaulle. Néanmoins, la rendre un peu plus attractive permettrait de désengorger celui-ci.
    Bien à vous,
    Raph.

  • Oui! les internautes apprécient …apprécient BEAUCOUP!
    Fred! continue et surtout ne te décourage pas!!!Quant à ceux qui n’apprécient pas ton blog ( ou son contenu…),je pense que, tout simplement, ils peuvent ne pas le consulter.

  • @Anne
    Si on n’apprécie pas une partie du contenu je ne vois pas en quoi on devrait se taire, ni le consulter, au contraire, ça fait parti des échanges (respectueux, courtois, etc….)
    Alors d’accord c’est pas toujours constructif, c’est quelques fois du chambrage (flame, troll), rien de foncièrement méchant mais ça reste un des derniers éléments permettant de s’exprimer librement.(sous contrôle de Fred qui reprend les dérives – j’ai connu ça :-p ).
    Sinon pour répondre au thème évoqué, c’est toujours intéressant de savoir ce qui se passe à côté, et de s’inspirer des réalisations qui font leur preuve, mais je souhaite vous rappeler qu’il n’y a pas plus de 5 ans, une partie des terrasses du front de mer laissait à peine de quoi passer 2 personnes de front, on se sentait étouffer, on avait l’impression de marcher dans un « souk mal famé » (pour info j’ai rien contre les marchés d’al-Maghrib, j’y retourne bientôt, n’en déplaise à Messieurs Chorel & Delaud), la place de la liberté et le square de l’Europe ressemblaient plus à un lieu-dit abandonné qu’à une esplanade digne de ce nom, et je parle pas de la place du marché, qui si elle demande un bon entretien (il était temps) , est un endroit où il fait bon flâner en fin d’après-midi en savourant un café, adossé à la « rocaille aux tortues » diffusant sa fraîcheur de fontaine.
    Mais revenons à nos moutons, les 2 fois 2 voies de l’allée J Moulin devenaient un parking sauvage dès la fin d’après-midi, la jardinière centrale se trouvait en jachère plus qu’à l’accoutumé, sous le pietinement incessant des gredins garés anarchiquement.
    Il y a peu, les commerçants se sont réinvestis dans leur devanture, et en l’espace de 4 ans c’est bien la seconde fois que je vois des restaurants du front de mer, se transformer de pied en cape à la saison hivernale.
    J’en veux pour preuve la superbe déco « nature » du « Bistrot du port » (pour pas faire de pub) toute fraîche. Ne me dites pas que c’est un cas isolé, il y à 50 mètres linéaires de restaurateurs le long qui font de même.
    En me promenant hier j’ai vu des boutiques en plein travaux en face du parking central…
    Notons qu’une amélioration de la dernière partie du front de mer, et des allées Vivien, en harmonie avec ce qui a été réalisé en premier lieu, renforcera le pouvoir attractif des commerçants. C’est une évidence et on sait que ça fonctionne !
    Au sujet de l’architecturalement parlant, Bandol est à mes yeux, et de loin le village le plus « remarquable » du littoral entre Marseille et Toulon, non pas pour son « conservatisme Sanaryen (à voir) » mais pour sa représentativité d’un certain type d’habitat : et je cite la base Mérimée : L’architecte Fleury Linossier a signé l’hôtel de ville et la villa Mamichka. La villa Ker Mocotte (rue Raimu), la villa Lou Galant Nis (rue Portalis), Athena Port, les multiples réalisations de Rudy Ricciotti demeurent dans le patrimoine Bandolais, a cela vient s’ajouter les nouvelles créations comme la médiathèque.
    C’est fait palir d’envie plus d’une commune aux alentours.
    Goob