La « surprise » de l’entrée en campagne de la liste « Votez Bandol »

Ce dimanche soir, j’ai pris le temps d’assister à ma première réunion publique de la campagne électorale des municipales de 2014. C’est la liste « Votez Bandol » qui se présentait, et c’est bien la curiosité qui m’a poussé à prendre une heure pour découvrir une liste qui s’était manifestée sous forme d’association citoyenne depuis presque 2 ans, sans que son blog m’ait permis jusqu’ici de vraiment appréhender… grand chose.

Je ne dois pas être le seul dans ce cas, car l’affluence lors de cette première réunion publique qui est le premier pas de l’entrée en campagne, était un peu cruelle à l’échelle de la salle Jules Verne que la mairie met à disposition des candidats. Surtout si on compare aux photos et vidéos des précédentes réunions publiques qui s’y sont déjà tenues. Mon « confrère » de Bandol-blog (Christian Viala) a abondamment [EDIT : lien mis à jour] filmé et fait des photos et je vous renvoie à ses prochaines publications pour vous faire une idée*. Et dans l’assistance, comme toujours dans ces réunions, on comptait des observateurs déjà engagés dans une équipe candidate, réduisant d’autant l’impact réel de cette réunion qui aura faiblement touché l’électorat local.
Les raisons peuvent être multiples :

  • choix du créneau, un dimanche (journée familiale?) à 16H30, mais je ne sais pas s’il y a de bons ou mauvais créneaux.
  • la période, ventre mou de la campagne (une curiosité forte pour les premiers mouvements à l’automne, un peu d’assoupissement ou répit après les fêtes et avant qu’on ne rentre dans le dur du sujet à l’approche de l’échéance?)
  • un mois de janvier qui est un mois particulièrement creux à Bandol?
  • et surtout une incroyable bourde de communication : en changeant son statut d’association citoyenne à celui d’équipe candidate sous un nouveau nom de campagne (Votez Bandol), cette petite équipe a déserté son blog historique juste après les voeux, sans y annoncer ni son nouveau site destiné aux élections, ni y annoncer sa première réunion publique de campagne… Les bras m’en sont tombés !

Bref, passer à côté était facile, et c’est ce qui est arrivé à la plupart d’entre vous et des bandolais en général.

Premiers éléments de communication

Cet oubli contredisant le coeur de compétence d’une des deux têtes de liste est plutôt dommage, car sur le reste il y eut quelques bons choix de communication, et l’introduction faite par Anthony Tinchi (l’un des deux visages de cette écurie depuis 2 ans), montrait la patte d’un jeune homme diplômé de cette spécialité marketing, avec une bonne idée de vidéo qui a tourné un peu rapidement en début de « cérémonie », mais intelligemment en boucle pendant tout le reste de la présentation, permettant de relire posément les points listés. J’y ai personnellement relevé quelques mentions qui m’ont titillé les neurones, qui prouvent que cette équipe a véritablement réfléchi sur des sujets incontournables, et quelques formulations qui laissent augurer d’une démarche intellectuelle originale (les équipes ne pouvant tout réinventer – ce n’est d’ailleurs pas toujours souhaitable ou nécessaire – ont tendance à marteler les sujets qui sont inévitables, mais communs à toutes, et en pompant parfois sur le voisin, ou dans le passé : de vieux projets étudiés plusieurs fois sans aboutir depuis 20 ou 30 ans, font leur réapparition à chaque campagne, je vous laisse les citer). On peut penser qu’il y a eu un vrai effort préparatoire depuis 2 ans, à confirmer durant la campagne.
Je note au passage que leur site électoral est un des plus réussis en termes de comparaison à ce qui se fait de plus moderne dans le web (je ne suis toujours pas graphiste et critique esthétique, mais les codes et usages qui font la tendance du web sont plutôt bien respectés, et en font un site simple et potentiellement assez performant côté visuel, ergonomie et navigation, dans l’attente de son contenu – et s’ils veulent bien rajouter le flux RSS qui manquait déjà à leur précédent site associatif, et que Facebook ne suffit pas à remplacer).

Quelques orientations clairement définies

Il faudra attendre la publication sur leur site du diaporama d’hier soir, et surtout ensuite leur programme (qu’Anthony Tinchi a précisé garder volontairement pour plus tard – personne ne découvrant trop tôt ses arguments spécifiques). Comme en 2008, on va se retrouver avec un max de lecture en un minimum de temps, et j’avoue être très agacé par l’attentisme maximal de ceux qui ne parleront qu’au dernier moment. Je m’en vais vous faire un second article dans la foulée sur le sujet…

Mais des engagements indiquent déjà publiquement la prise de conscience par cette équipe de questions clefs où il faut impérativement agir, et oui, trancher, décider, s’engager. Avant que vous ne retrouviez chez eux le détail des points évoqués, je mentionne en exemple que sur le port, le Dr Thierry Revol a indiqué son choix de le faire évoluer en régie (« personnalisée »??) à la fin de l’actuelle délégation de service public (en vigueur jusqu’à décembre) et d’aboutir à une transparence sur la distribution (je préfère le terme « attribution » qui fait moins clientélisme) des places aux usagers. Ce n’est pas une exclusivité, mais prendre position est un premier pas louable du point de vue de ceux qui veulent voter en raisonnant.
De la réunion de ce soir, je retiens que plusieurs points m’ont donné envie de tendre l’oreille et d’écouter cette liste : il y a visiblement une réflexion qui sera peut-être difficile à porter compte tenu de la faible mobilisation actuelle visible autour de cette équipe, mais que les autres candidats pourraient être bien inspirés d’écouter aussi (pas que pour la campagne, mais pour gérer la ville en cas de victoire). Qui que ce soit qui l’emporte, l’utilisation d’énergies nouvelles et de neurones actifs peut supposer un ouverture à toutes les composantes de la vie locale. La victoire n’exclut pas l’intelligence et la prise en compte de l’intérêt général, ce qui a un peu manqué à Bandol lors des derniers mandats.

L’échec du « pacte » pour Bandol

Reste une dernière critique, sans laquelle ce blog ne serait pas ce qu’il est.

Quelle « surprise » de voir cette liste se porter candidate ?!
Avoir militer pour un pacte d’union, et devant l’échec de cette proposition, venir se rajouter au problème de la dispersion des voix, j’avoue que la démarche me paraît un peu contradictoire, et je suis volontairement très soft. A fortiori si on considère la « démonstration de force » de ce dimanche soir, il apparaît évident que cette liste n’avait pratiquement aucune chance de porter avec succès cette revendication. Je n’y vois que de la posture. Pourquoi au lieu de rajouter de la division, ne pas avoir rejoint des candidats déjà plus installés et avec lesquels il y avait accord de vues, ou de valeurs, ou du respect (n’y a-t-il pas un tri à faire entre ceux avec qui on se sent capable de travailler, et ceux qui sont disqualifiés pour une raison ou une autre, plutôt que de prétendre rassembler tout le monde – et finalement personne…)?

  • Quelles ont été les actions vraiment entreprises pour y parvenir?
  • Est-ce qu’un recommandé avec accusé de réception est la bonne méthode pour engager des gens dans un dialogue constructif bienveillant et ouvert?
  • Ca ressemble plus à un ultimatum et à une recherche de preuves d’échec par anticipation… Je ne suis pas sûr que j’y aurais répondu si j’avais été concerné, et dans l’affirmative, c’eût été avec beaucoup d’agacement et d’a priori négatif, avec un sentiment d’agression plus que de main tendue.

Il y a beaucoup de monde qui parle de la nécessaire réduction du nombre de listes, et du risque de dispersion des voix. J’en ferai un article là aussi, car je commence à avoir beaucoup à dire sur l’affichage et la méthode.
Dès l’annonce du « pacte » par Thierry Revol, je le « savais » candidat, et beaucoup de gens en étaient convaincu dès la création de son association citoyenne

  • Qui étiez-vous pour espérer organiser l’union? Marcel Bogi a échoué il y a un an (il jouait sur ce qu’il espérait être l’autorité de l’ancienneté, mais certes en posant la condition de sa présence, qui pose plus de problèmes qu’elle n’en résout). Laetitia Quilici la réclame un peu tard comme fer de lance UMP de l’alternative à droite, légitime (par son engagement dans son parti) mais manquant de la force de l’investiture du parti pour fédérer la droite, et trop marquée pour unifier plus large.
  • Qu’aviez-vous fait de significatif qui puisse vous permettre de vous poser comme rassembleur? D’autres ont semé depuis plus longtemps ou plus profond que vous (Frédérique Connat, Jean-Paul Joseph), mais tracent leur sillon, et ils ont sans doute leurs raisons.
  • Et de rejeter la faute de l’échec de votre démarche sur les autres? Leur égo pose-t-il vraiment plus problème que votre propre ambition?

Il y avait évidemment une posture dans cet appel, et du pur jeu politicien dans le constat d’échec. C’est dommage de la part de ceux qui voudraient représenter du sang neuf dans la vie politique bandolaise.

F.M. – www.bandolais.fr

* je suis de plus en plus paresseux avec ce blog, et heureux de me décharger de beaucoup de choses sur le reste de l’internet bandolais.





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