La nationalisation du scrutin municipal à Bandol

La rumeur s’interrogeait sur la présence de la liste FN à Bandol pour le scrutin municipal de mars 2014 : selon les politologues de nos médias nationaux, la constitution de la liste d’extrême-droite serait moins facile qu’espéré pour ce parti dans de nombreuses villes de France où il voulait être présent. La faute peut-être à la difficulté encore réelle pour certains à assumer cette étiquette publiquement, même si la dédiabolisation de la façade entreprise par Marine Le Pen semble avoir débridé quelques vocations.
A Bandol on s’interrogeait (la question m’est plusieurs fois revenue aux oreilles) et le candidat Philippe Ponge a levé les interrogations en publiant le récépissé de dépôt de sa liste en préfecture.

Et on attend donc sa liste quelque part entre 15 et 20% au premier tour si on se réfère au passé localement et à l’humeur du pays donnée par les sondages : quels que soient les noms qui figureront sur cette liste, et quel que soit son programme (à cette heure, c’est pratiquement plus mince que « mon programme en 1H »). Cela n’aurait aucune importance, le vote FN est (toujours selon les mêmes politologues médiatiques) un vote qui se base sur l’étiquette FN avant de prendre en compte quelque autre paramètre que ce soit, et les scores des élections intermédiaires sont là pour préparer le parti à la présidentielle 2017 plus que pour mener une vraie bataille locale avec espoir de victoire (sauf dans quelques communes dont Bandol ne fait pas partie a priori).

Le vote FN serait donc un vote à portée nationale (un message politique aux dirigeants du pays) et non pas bandolaise. Mais ce n’est pas le seul. L’UMP est dans la même logique.

Pour preuve, voici un extrait du courrier que j’ai reçu (je ne sais pas comment le principal parti de droite a inclus mon adresse dans ses fichiers car je ne me souviens pas avoir jamais eu l’occasion de la lui donner) :

Là où ça devient cocasse, doublement, c’est qu’à Bandol, au lieu de nous demander des sous (ou des euros, je sais, je sais), l’UMP aurait pu faire des économies sur l’envoi de ce mailing :

  • il n’y a pas de liste de gauche qui se présente à Bandol.
  • il n’y a pas non plus de liste UMP qui se présente à Bandol.

Et l’UMP l’a annoncé, l’investiture sera ici attribuée entre les deux tours, pour être sûre de bien la donner au futur vainqueur (c’est pas sûr mais c’est l’idée). Le message au Président de la République sera donc à Bandol conforme aux voeux de l’UMP : la gauche sera battue… et avec un peu de chance ça fera une ville de plus à mettre dans les statistiques du raz de marée UMP attendu…

Qu’un parti prépare d’abord la parole de ses représentants sur les différents plateaux de télévision le 23 et le 30 mars à 20H, au lieu de raisonner local dans un scrutin municipal me navre. Il y aura les élections européennes juste après (le 25 mai) pour passer les messages de politique générale, nationale, européenne, les messages idéologiques.
Pendant ce temps-là, La Cadière d’Azur qui a voté à 64% pour le candidat UMP aux dernières élections présidentielles se prépare à peut-être reconduire pour la 4ème fois un maire communiste (un 5ème mandat à plus de 80 ans, est-ce raisonnable, mais c’est un autre débat – en tous cas voilà un communiste qui a l’air de rudement plaire à ses administrés UMP)…

Et Bandol dans tout ça ? Et l’impact sur le conseil communautaire de la CCSSB ?
La seule info est que nous sommes partis pour au moins une triangulaire au second tour, voire une quadrangulaire (le FN n’est pas dans une logique d’alliance, et il est peu probable que les 3 ou 4 autres qui peuvent viser le second tour y songent).

 F.M. – www.bandolais.fr

 P.S. : pour être complet et honnête, l’UMP ne me demande pas de faire un don pour les municipales à Bandol. Ca servira au parti dans d’autres villes de France : il s’agit selon les termes employés de reconquérir les villes acquises à la gauche… C’est donc un appel aux militants politiques, ceux qui veulent que leur parti gagne, sans se poser la question de savoir si localement il y a de meilleurs candidats pour nos villes : le meilleur candidat, pour un militant, c’est forcément celui du parti. On n’a jamais prétendu que l’adhésion à un parti était une invitation à l’esprit critique.
Donc même si je tourne en dérision le paradoxe local, cela fait sens pour le parti de solliciter ses sympathisants financièrement. 





9 Commentaires

  • […] m’étais déjà fait prudemment l’écho d’une rumeur (précisée comme telle) indiquant que Bandol était peut-être concernée par les possibles difficultés du parti […]

  • Une nationalisation qui ne sert à rien, car sur un scrutin municipal où il n’y a aucun enjeu pour les listes extrémistes, il y a tout de même un danger pour les autres listes.
    a Bandol nous avons 7 listes (liste FN comprise).Le suffrange exprimé en retirant les votes blancs ou nul, si nous supposons que les 7 listes se retrouvent à égalité, chaque liste aura environ 14% du suffrage.
    lorsque l’on sait que pour se maintenir au second tour, il faut recueillir au moins 10% des suffrages exprimés, la marge est étroite.

    Toujours en supposant que 2 listes fassent le trou et obtiennent 26,5% et 26% et que les 5 autres fassent jeu égal, elles se trouvent en dessous des 10% nécessaires.

    Dans ces 5 listes, si je retire la liste FN, il y aurait peut être dans les quatres équipes
    quelqu’un de valable pour faire un ou une Maire.

    Donc le vote FN lors d’une élection municipale d’une commune comme Bandol est dangeureux.

    ils auront bien le temps de prendre leurs suffrages lors des européennes où là ils auront des élus.

  • @ Serge :
    ta moyenne pour 7 listes ne tient pas.

    1) Un maire sortant, fût-il très bas (pour mémoire F. Barois qui a été sévèrement battu a un peu dépassé les 30% à chacun des deux tours de 2008) ne fait pas moins de 25% voire plus.

    2) une liste FN, même avec des inconnus d’un bout à l’autre et sans programme, attirera l’électorat FN et devrait jouer entre 15 et 20%.

    3) les autres listes vont se battre pour les +/- 50% restants, soit 10% en moyenne pure, peut-être même moins. Ca va faire des ravages car plus les 2 premiers seront hauts, et plus la barre des 10% nécessaires au maintien pour le second tour sera dure à atteindre, surtout si une troisième liste arrive à décoller, ce qui réduira les scores des autres au rang de candidatures de témoignages (mais dans un village, entre familles et amis, aucune ne devrait s’écrouler pour autant sous les 5%, sauf à avoir très très mal jugé leur aptitude à convaincre ne serait-ce que leur entourage : ils sont presque 30 par listes et il ne leur faut qu’environ 300 voix pour ça selon la participation).

    4) Ceux qui prétendent avoir voulu unifier l’opposition, mais se sont présentés quand même sur le tard (Revol, Bogi) en se surajoutant aux candidatures déclarées de longues dates (VVB, Bandol Passion ou Connat) au lieu de les renforcer (pour quelles raisons*?) sont d’ores et déjà responsables de l’éparpillement des voix d’une opposition qu’ils ne voulaient pas (paraît-il) voir se présenter divisée.
    Quel sens a leur candidature? Leur degré de préparation sera à l’appréciation des électeurs.
    Mais les masques tombent de la face des égos. Et à ce jeu là, c’est bien le maire sortant (qui devrait mathématiquement sortir en tête du premier tour) qui est le gagnant du round de dépôt des candidatures…, surtout s’il arrive à accrocher les 30% comme son prédécesseur qu’on disait à l’issue du premier tour au niveau plancher. Le second risque fort d’être loin derrière, et même pas forcément devant le FN.

    Ce qu’on appelle un succès d’une opposition intelligente. Et encore heureux qu’ils soient tous à droite et qu’on n’ait pas eu une liste de gauche pour taper 15 à 20% : on finissait avec une triangulaire gauche (aucune chance à Bandol), FN (aucune chance à Bandol) et un maire réélu dans un fauteuil au second tour (parce que 5 listes d’opposition de droite pour 35% des voix, ça n’assurait même pas une quadrangulaire pour avoir un opposant de droite au conseil). Ce scénario suffit à lui seul à montrer le côté villageois, pagnolesque et oui, vraiment risible, de la politique dans notre charmante station balnéaire.

    * nous n’avons par exemple jamais eu l’explication du divorce de Bandol en @ction ex association de Connat et Bogi, celui-là même qui disait place aux jeunes et qui se demande aujourd’hui « les dirigeants ne sont-ils pas trop jeunes pour gouverner »
    C’est ce qu’on appelle de la constance dans le jugement, mais à Bandol ça va devenir proverbial.

  • @ Fred

    L’avenir nous le dira, mais je ne pense pas que pour une élection municipale le FN fasse un aussi haut score, tout comme je ne pense pas qu’une liste dépasse les 30%
    Pour le reste nous voyons les mêmes risques.

    ——————–
    NDLR : @ Serge
    Faut-il parler de risques ?
    Bandol a le droit de réélire son maire.
    Mais Bandol aurait aussi pu avoir droit à une ou deux propositions alternatives, intelligentes, construites, et pas trop polluées par les batailles d’égos…

  • Christian Delaud

    @ Serge et Fred
    L’élection de 2014 n’a rien de comparable à celle de 2001 dans laquelle le maire sortant ne se représentait pas, mais on y avait 3 adjoints sortants candidats et pas de candidat FN.
    Malgré tout je vous laisse méditer les chiffres du 1er tour
    inscrits 7340, votants 4929, exprimés 4799
    1- Bogi RPR – 1er adjoint sortant 33,76 % battu au second tour
    2- Barois UDF-DL – 3ème adjoint sortant 20.67 % vainqueur au second tour grâce l’alliance avec Danielle Canévari
    3- Christian Delaud Gauche Plurielle 17,02 %
    4- Daniele Canevari Sans Etiquette – adjoint sortant 12,65 %
    5- Christian Peyre Sans Etiquette – mais adhérent du Parti Radical de Gauche avec Maurice Connat comme 1er adjoint 8,06 %
    6- Albert Beissier Sans Etiquette 4,15 %
    7- Henri Florent Sans Etiquette 3.69 %

  • @ Christian

    effectivelment difficile de comparer les différents scrutins municipaux, les conditions ne sont pas les mêmes.

    La présnce du FN en 2014 est une nouveauté pour moi, mais le vote FN étant un vote contestataire, je ne pense pas qu’au niveau municipal il fasse le score d’une élection nationale.

    Rendez-vous au lendemain du premier tour

  • @ FRED : tu nies/conteste/déplore (?) le comportement national des votants dans un scrutin municipal ? C’est pourtant comme ça que ça fonctionne, sauf à sortir un lapin de son chapeau en forme d’exception qui confirme la règle.

    Un élément qui va influencer les pronostics : qui va récupérer les voix de la gauche ? Deleau avec un maire à la gestion hyper centralisée et secrète ou JPJ ? Ou laeticia ? ou un peu des deux ?

    Le FN réducté à « vote contestataire » ? Qu’est-ce que ça peut m’énerver ça !

    ça ne correspond pas à la réalité. Une réalité que la droite refuse de voir. Votent au front national ceux qui y ont intérêt, comme les TES votent naturellement à gauche en faveur d’un état providence. C’est aussi simple que ça.
    Les artisans et commerçants votent de plus en plus FN au fur et à mesure que sa crédibilité augmente, associée à sa dé-diabolisation. De même les PME et PMI,
    pourquoi ?
    parce qu’ils sont les seuls à ne pas pouvoir échapper à l’impôt. (1) Parce qu’ils constatent que la gauche (ni la droite) ne fait rien pour réduire le train de vie de l’état. Parce que ces gens ne bénéficient que très peu de l’état providence qui va essentiellement vers le médical et l’éducation. Par contre ce sont ces catégories qui supportent l’impôt. Donc ils ne votent pas à gauche. (2)
    Parce qu’ils constatent que la droite est représenté par un maillage des multinationales qui accaparent la presque totalité des subventions, donc de leurs impôts : recherche pour l’eau, retraitement des déchets, le solaire, j’en passe et des meilleurs. Plus les grands et petits marchés de l’état et des collectivités locales qui leur échappent totalement ou les réduits à l’état de sous-traitant esclave de : Eiffage; Gdf suez ; vinci; bouygues; kaufmann & Broad; vivendi; Veolia environnement (à preuve son actuel bras de fer dans la collecte des poubelles + sa maison des énergies nouvelles + son usine de traitement des boues à la Seine + toutes sortes de priorité qui n’en sont pas), les autoroutes,les lignes LGV, etc . .
    conclusion : on vote front nationale pour virer les profiteurs de droite et les profiteurs de gauche : il n’y a rien de contestataire là dedans. On vote comme on a toujours voté : pour son bifteck.
    Nota : ils feraient mieux de voter au centre, qui est le refuge des gens honnêtes actuellement, c’est à dire des idéalistes, humanistes, Laïques, éthiques, sincères. Le problème c’est que le centre ne sait pas formuler des slogans attractifs. Il faut être un viking pour ça et un viking n’est jamais au centre.
    Sans compter les médias qui ne veulent que des forts en gueule genre marine + frigide bargeaux + mélanchon + Tapie + Philippe Lucas.
    C’est pas faute de leur en proposer des slogans et des symboles, mais bon ! On ne fait pas boire un âne qui n’a pas soif 🙂

    (1) n’oublions pas que les TES paient leurs impôts avec l’argent que leur versent les TER et . . . avec 6 milliards de dette supplémentaire tous les mois que les TES ne paieront jamais : ni par une réduction de leur retraite, ni par un allongement de leur âge de la retraite. En tout cas pour l’instant c’est l’inverse.
    (2) quand on nous montre des gendarmes qui ont enregistré un très mauvais score dans les campagnes avec des délits qui ont plus que doublé + la drogue + les gitans + les planques derrière les arbres. . . et qu’ils se pavanent ensuite à la télé pour faire bonne figure . . . avec la numérisation en 3 D pour expliquer qu’un rocher est tombé sur un train. Non mais j’te jure!

  • @ Patrick Lacaze.

    En parfait accord avec votre analyse des idées du centre.
    Le seul problème ceux sont les hommes qui le représente (Je ne parle pas du représentant local pour pas qu’il y ait d’ambiguïté!!)
    Mais comment suivre l’idée d’un homme (FBayrou) qui condamne la politique économique socialiste et qui dit haut et fort qu’il va voter F.Hollande. Aujourd’hui son parti signe un accord national avec l’UDI et l’UMP, s’engageant à faire équipe commune….. et à Marseille le Modem demande à vater contre M. Gaudin!!!!!

    Pensez vous que les électeurs de base puissent y comprendre quelque chose? Ils vont donc vers un vote contestataire ou sanction vers les extrêmes qui sont le FN ou le Front de Gauche

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    NDLR : Patrick, Serge, je sais que le point de départ est une liste locale mais qui par plusieurs aspects ramène à des enjeux nationaux, mais si vous pouviez éviter de facilement élargir vos analyses sur le plan national, on éviterait à ce blog une pollution par des sujets qui ne sont pas ceux prévus ici (et que nous ne règlerons pas ici, et qu’il me fatiguerait de devoir gérer en plus de nos problématiques bandolaises), je vous en saurais gré.
    Vous voilà avertis (une nouvelle fois, vous vous souvenez que vous êtes tous les deux dans la courte liste des gens soumis à modération), et les prochains commentaires digressifs, je taille dedans sans pitié, ou je me les garde carrément pour moi…
    Et à l’attention de Serge, je pense que des électeurs peuvent comprendre : la politique n’est pas forcément du blanc ou noir, mais souvent du gris, particulièrement au centre… sinon c’est que le centre a basculé définitivement du côté blanc ou noir. Mais pour voir le gris, il vaut mieux éviter d’avoir un filtre blanc ou noir sur les yeux. Rejeter la culpabilité du vote des extrêmes sur le centre gris tend à prouver qu’on a un gros filtre sur les yeux : a priori les politologues sont quasi unanimes pour dire que c’est l’impuissance et l’échec de tous les dirigeants blancs gris et noirs depuis plus de 30 ans à avoir prise sur le réel et l’économie en particulier qui favorisent le report des électeurs vers des solutions radicales…

    NB: Serge, j’avais le choix entre soit valider ton commentaire et te préciser ça et soit ne pas le valider. Tu comprendras qu’on en reste là et pourquoi dans les règles de ce blog que tu piétines répétitivement, il y a le souhait de s’en tenir à des problématiques bandolaises. Le commentaire de Patrick est passé parce qu’il faisait écho à un article (qui explique que la présence d’une liste FN, et la démarche d’appels de fonds de l’UMP font rentrer la politique nationale dans le scrutin) et il le fait en développant des arguments et raisonnements socio-économiques sur le comportement des agents (c’est déjà très limite pour Bandolais.fr). Tu lui réponds sur un plan purement militant et idéologique, en disant « c’est le camp d’à côté (gris) qui est moins bien que notre camp (blanc ou noir) qui est responsable de la montée des extrêmes : ce qui est une ineptie au regard de l’histoire politique du pays depuis 1973 et qui demanderait quelques volumes imprimés comme réponse. STOP.