Interview de candidat : Michel Sauzet (la suite, et fin)

  • Publié le 20 Jan 2008
  • Commentaires fermés sur Interview de candidat : Michel Sauzet (la suite, et fin)
  • Politique

Après les points déjà rapportés concernant ma toute première rencontre avec Michel Sauzet, je vous propose la suite de cet entretien, et mes conclusions sur cette liste dont je pense toujours qu’elle est condamnée à un score difficile au premier tour malgré ce qui m’a paru d’évidentes qualités. Michel Sauzet aura du mal à combler son déficit de notoriété face au Maire en place ou à un « vieux renard politique bandolais » comme on pourrait qualifier Marcel Bogi, eu égard à ses précédentes participations à des équipes municipales, et son implantation dans le tissu socio-économique de la ville (attestée par ses précédents scores ou par son association de « supporters »).

Après son approche de l’immobilier, ou sa vision de la gestion du tourisme ou de la fluidification du trafic des commerces par une nouvelle approche des parkings, pour ma part j’ai été encore plus intéressé quand Sauzet et ses compagnons m’ont parlé de normes: …/…

…/…

– ils veulent transformer la gestion de la ville en la faisant progresser par l’adoption des normes ISO qui aujourd’hui assainissent et rationalisent l’emploi des ressources dans d’autres communes, y compris dans l’ouest varois. En effet, avec un budget de plus de 20 millions d’euros, Bandol peut être comparée à une entreprise industrielle. Et même si elle était plutôt comparable à une société de services, ce secteur aussi sait aujourd’hui tirer profit de ces outils. Bandol ayant en effet tendance à vivre comme une commune « riche », et à ne pas toujours optimiser ses dépenses (j’en reparlerai), je suis très sensible à cette approche notamment en tant que contribuable. L’ambition de Sauzet n’est pas seulement de maintenir les impôts locaux (objectif déclaré de François Barois), mais carrément de les réduire. Cette démarche semble logique venant des profils qui l’entourent, issus pour certains de carrières d’encadrement dans de grands groupes privés.

– dans cette lignée, Sauzet annonce qu’étant élu, il soumettrait la commune à l’obligation d’un contrôle de gestion garant du bon emploi de l’argent public. Moi je pensais que c’était déjà plus ou moins forcément le cas. J’imagine que ça ne concerne pas les communes de notre taille, et j’apprécie cette démarche volontaire si elle n’est pas obligatoire. Le double contrôle, avec l’argent public, ça me paraît sain.

– la norme HQE (pour Haute Qualité Environnementale) qui est aussi utilisée/respectée par des communes pas si loin de Bandol, est un de leur cheval de bataille. Sauzet s’emporte en dénonçant les dernières réalisations de l’actuelle municipalité bandolaise, qui n’intègrent pas cette dimension. Le recours à l’énergie solaire pourrait être une contrainte pour tous les bâtiments aujourd’hui construits sur la commune. Comme aménagement possible pour moderniser la ville, Sauzet veut même équiper Bandol d’une station photovoltaïque. Les partisans du développement durable doivent donc trouver un interlocuteur (que je ne me suis pas fait préciser) dans l’équipe de Michel Sauzet.

Ce qui m’a surtout frappé dans cette exposé de mesures innovantes pour Bandol, c’est que cette équipe a probablement les épaules pour relever le défi de ce qui semble un programme ambitieux (ces petites révolutions ne sont pas forcément simples à mettre en oeuvre). Avec des hommes comme Gérard Macchi (qui a une expérience de Directeur des Ressources Humaines dans un groupe où l’effectif chiffré en milliers de salariés a dû supposer une vraie compétence pour gérer l’application de normes ISO et autres), ou d’autres issus de l’enseignement mais aussi du monde la communication (on trouve l’un des fondateurs du « Point » et de nombreux autres médias régionaux ou radios libres, etc.), ce noyau dur m’a paru être une équipe affûtée. J’y crois un peu plus quand je me réfère à la liste des communes qui m’ont été citées en exemple: ces gars-là (pardon Mme Saporte, l’équipe rencontrée était mixte grâce à la présence de cette enseignante) ont bossé, et potassé les cas de figure des communes voisines, mais aussi de communes plus éloignées mais exemplaires sur certains aspects. Pêle-mêle, et sous réserve de vérifications que vous aurez tous à faire en discutant avec cette équipe lors des prochaines rencontres qu’ils proposeront, Sauzet et ses colistier(e)s ont planché sur les pratiques de villes comme St-Cyr ou Six-Fours mais aussi sur ce qui se fait à Aix-en-Provence par exemple… J’ai refusé d’emporter la version brouillon de leur programme, qui est actuellement à l’imprimerie. Mais dès que vous l’aurez en main, recherchez les traces de tous ces points, contrôlez, discutez avec eux. Même s’ils ne sont pas élu(e)s, j’espère que beaucoup de leurs suggestions seront reprises. Pour beaucoup d’entre elles j’ai été surpris: pour moi qui connaît très mal le monde du service public, de nombreux points me semblaient « aller de soi » (avec ma logique d’ex-cadre du privé et aujourd’hui de gérant de sarl/travailleur indépendant) et je m’étonne encore qu’on en soit à les proposer dans la gestion d’une commune. Je conseille à nouveau à cette équipe de vite faire appel à un spécialiste d’Internet (j’ai décliné l’offre, restant fidèle à la position neutre et stimulatrice que j’ai choisi pour cette campagne), afin d’améliorer rapidement leur blog et de l’utiliser pour faire connaître leur programme et y débattre avec les bandolais qui s’y intéresseront. Et de choisir une tactique de communication « hors-ligne » percutante et rapide (mais je n’ai pas la recette).

Au final, j’ai trouvé une équipe largement teintée UMP mais aussi composée de gens d’un autre bord politique (je n’ai pas les pourcentages de répartition au sein de la liste), et pourtant très remontée contre les 7 ans de mandature Barois, l’offciel UMP: les réalisations, mais aussi la pratique du pouvoir local est critiquée par Sauzet (isolement décisionnel et autoritaire de Barois ). Sauzet qui n’est pas UMP lui-même ne pouvait prétendre à l’investiture de ce parti. Il partira donc à la bataille sans cet avantage contre Barois qui le cumulera avec le conservatisme électoral qui favorise toujours le Maire en place.

Et c’est là le gros handicap de l’équipe Sauzet. Même s’ils peuvent séduire toute une partie de la population qui peut s’identifier et se reconnaître en eux (professions libérales, retraités cadres du privé, commerçants ou professions intellectuelles, qui peuplent largement les collines de Bandol), ils auront du mal à s’en faire connaître dans un laps de temps qui devient très court. Beaucoup de ces électeurs parfois récemment installés à Bandol se fieront simplement à l’étiquette de parti pour leur choix de vote. Et dans le schéma qui s’annonce, François Barois risque de jouer sur du velours… Soutenu par un parti, et dans le fauteuil de l’hôtel de ville, avec des réseaux politiques opérationnels, le Maire risque de jouer l’ogre et Michel Sauzet le Petit Poucet malgré sa (grande) taille: le match semble joué sur le créneau de la droite sarkozyste. De plus, comme Delaud qui se plaignait de Var Matin, Sauzet me dit que lui aussi a été « habillé pour l’hiver » par notre quotidien régional: quand il répond au journaliste qu’il sera évidemment élu au premier tour, il regrette que l’interviewer ait oublié de retranscrire l’éclat de rire qui transforme un illuminé qui « se la joue », en candidat sympathique qui ne se prend pas au sérieux… Décidément, ça ne sera pas facile de se faire connaître.

Pourtant, je vous conseille d’étudier de près le programme de cette équipe, et sa composition même. Appuyée sur ses deux jambes, droite et gauche, elle prétend tracer une route indépendante des partis, et avec des idées particulièrement bienvenues et soit dans l’air du temps, soit en comblement d’un retard culturel (certaines pratiques me semblent en effet impératives au XXIème siècle). Non-professionnels de la politique, ils abordent cette élection avec un retard de communication, mais avec une vraie préparation de cette mission, de vraies idées et des compétences.

Avant de voter pour eux, il vous restera à vous faire une idée sur la fiabilité des hommes et femmes qui composent la liste Sauzet, en commençant par lui. J’avoue ne pas encore savoir à qui me fier pour me faire une opinion sur le bonhomme, et sa (son-ex?)profession inquiètera beaucoup de bandolais. Il reste deux mois pour débattre, commenter, diffuser l’info, ce que je vous invite une nouvelle fois à faire ici, et en particulier en commentaires de cette note pour ce qui concernera Michel Sauzet, dans le respect habituel des usages de ce blog.

Comme d’habitude, j’espère que ce candidat retrouvera la teneur de nos échanges dans ce double article, et l’invite à corriger en commentaires ou si besoin par réédition corrigée par mes soins toute anomalie par rapport à notre échange (l’internet virtuel est moins définitif que le papier de Var Matin). J’en profite pour m’excuser auprès de Mme Saporte qui a réagi à ma première partie de l’article. Je n’y soulignais pas sa présence en tant que femme. Dans ma génération (et hors du monde politique), la parité semble naturelle et on ne voit même pas bien le besoin d’un recours à la loi pour l’affirmer (comme Elisabeth Badinter, ma position était même plutôt défavorable à cette loi, bien qu’il soit indubitable qu’elle ait fait bougé les choses). Quand j’écris « hommes » en parlant des colistiers, c’est générique de l’espèce, pas du genre. A mes yeux, il n’y a aucune raison de remarquer la présence d’une femme dans une équipe: c’est juste normal. Et comme de plus la loi rend obligatoire la composition de listes mixtes alternées, je ne vais certainement pas relever ce point. Mais aucune misogynie de ma part. Maintenant qu’il reste des progrès à faire à l’échelle de toute la société, c’est évident, et que vous souhaitiez vous exprimer en tant que femme sur la condition féminine en particulier en politique et dans la société me semble une très bonne chose. Je vous propose même mes colonnes si vous déconnectez ce papier des élections municipales, et pouvez lui donner un axe bandolais (l’exercice peut être délicat quand même, et au besoin je retarderai sa parution à l’après mars). Je termine en remerciant tous les candidats qui m’ont reçu, dont bien sûr l’état-major de Michel Sauzet, espérant avoir respecté leurs propos et pensées dans cette retranscription à ma sauce. Pour mes lecteurs, vous apprécierez une nouvelle fois la tentative d’illustration par l’image: la photo nous a coûté une séance de prises de vues assez cocasse, et pardon pour avoir fait très long. Je ne pense pas avoir fait mon meilleur article, ni le plus synthétique. Je tâcherai de retrouver une meilleure forme pour les prochains papiers.