François Barois : programme pour un second mandat

  • Publié le 7 Mar 2008
  • Commentaires fermés sur François Barois : programme pour un second mandat
  • Ouest VarPolitique

François Barois pourrait poursuivre son oeuvre de redéfinition du schéma urbain de Bandol en cas de réélection. La présentation de son programme est cohérente avec ce qu’il a fait ces 7 dernières années. Vous avez le fascicule et le le site web, mais je vais vous donner mes impressions sur ce qu’il en a dit lors de la réunion publique dédiée à cet exercice. Ne ratez pas la fin de l’article, je crois avoir compris aujourd’hui seulement, un truc essentiel pour ce vote (je suis un peu lent, mais tout seul, avec le sentiment d’avoir réussi un puzzle).

C’est bien par l’urbanisme qu’il a attaqué, son axe principal, sa marotte aussi.

Poursuite de l’adéquation du PLU pour épouser le SCOT du grand Toulon, car comme il l’a rappelé, pour lui tout le débat sur l’intercommunalité se finira dans la grande aire toulonnaise, et il est plus disposé à se laisser attraper par Toulon/TPM que de faire un détour par la communauté de la Ste Baume avant, à l’inverse des 3 hommes qui lui disputent le fauteuil de Maire. Il veut tendre vers un équilibre entre la densification prévue de la population (en particulier au sud de la Loire et tout particulièrement sur la bande littorale), et le quota légal de logements sociaux: projet immédiat avec des logements prévus rue de Buffon via le 1% logement (c’est pas ma solution préférée, mais la volonté de respecter la loi est là). Dans la foulée, il veut aussi réaliser un bâtiment sur les terrains qui entourent la gare, consacré à des logements de type sudio/studettes: c’est pour loger les saisonniers l’été, et les étudiants (de Marseille et Toulon) hors-saison. Il paraît que les hôteliers en ont besoin, mais je ne sais pas dire si les étudiants viendront se loger à Bandol. Et puis il faut voir le projet et son intégration (connaissant les goûts de François Barois je suis plus inquiet, avec une gare de Bandol tellement SNCF et méditerranéenne, que je l’ai idéalisée en symbole du bonheur à l’époque où je fréquentais Bandol depuis Paris, par le train de nuit, au petit matin – c’est pas du lyrisme à deux balles, mais faut juste avoir reçu la lumière d’ici dans cette gare aux premières heures du jour en arrivant de Paris pour comprendre).

Plus loin il a attaqué le projet de Christian Palix de réaménagement du quai de Gaulle, en deux voies seulement. J’ai déjà écrit que je trouvais suicidaire cette idée, et donne raison à Barois: le projet Palix m’intéresse mais a besoin d’un sacré relifting (concerté) pour atteindre positivement ses objectifs. Là où ça m’a intéressé, c’est que François Barois a conclu que cette solution en l’état bloquerait l’accès au centre, et DONC QUE LES GENS NE POUVANT ENTRER EN VILLE, ILS IRAIENT A SANARY. COMME D’HABITUDE…

Comme d’habitude???!!! L’aveu est confondant (quand je vous dis que cet homme m’est sympathique par le peu de dissimulation qu’il pratique). C’est tout le problème. Effectivement, depuis que François Barois est Maire, les gens qui veulent sortir en ville vont à Sanary. Les touristes aussi. Et cela n’a pas l’air de l’émouvoir. Si quand même, pour redonner du plaisir au promeneur, Barois veut rendre piéton le centre ville, les abords de l’église, mais sans que j’ai vu ce que recouvrait ce projet… Difficile de se prononcer. Et je crains que cela ne suffise… Ce qui a fait l’attrait de Bandol, pendant près d’un siècle, ce n’était pas l’approche architecturale qui siérait à Marne-la-vallée ou à Noisy-le-Grand (où elle est parfaitement adaptée à la fonction). Bandol est une station balnéaire qui a plu par son charme en plus de son site naturel privilégié. François Barois ne réconciliera les bandolais fâchés avec lui sur ce point précis, qu’en écoutant ses concitoyens les plus amoureux de la ville et en tenant compte de leurs avis.

Pour le transport et le stationnement, plusieurs projets de parkings sont dans ses cartons avec notamment le déblocage attendu du terrain des box entre poste et cimetière. Un autre sous le terrain de sport du collège ferait office de parking pour la gare SNCF (ben oui, comme là-bas il va faire son immeuble saisonniers/étudiants, il risque d’empiéter sur l’actuel stationnement dédié – suivez un peu!).

Le financement de ces parkings est un mix entre des clauses contractuelles de recette du parking payant, pv et subventions mais j’ai pas suffisamment bien noté pour le reformuler. Ce qui en inquiète plus d’un, c’est la tête de la réalisation qu’il envisage entre la Poste et le cimetière. Il n’y aura bientôt plus beaucoup d’endroits en ville ne portant pas sa patte, et on a le droit de ne pas aimer (ça concerne quelques bandolais).

Travaux toujours avec d’autres rétrécissements de voies (réduire la vitesse de circulation), et pour faire bonne mesure (y’a vraiment des bandolais que le déplacement des véhicules à moteur panique), il prévoit d’acheter une paire de jumelles radar/infrarouge, pour veiller à bien faire respecter la vitesse partout en ville… Sidérant. Mais il se retranche derrière le fait que c’est une demande émanant de nombreux habitants, et qu’il ne faudra pas venir se plaindre. Dans son langage: vous l’avez voulu, vous l’aurez eu! Mais qui écoute-t-il? On va finir stressés comme des parisiens à force de chercher la sécurité absolue (qui est une illusion). Moi je vous le dis de suite, en quittant Paris pour Bandol, je suis venu chercher une certaine tranquillité de vie, une certaine bonhomie dans les rapports humains, et le spectacle des joueurs de boule le long du port. Pas des caméras partout (d’ailleurs il n’en veut pas non plus car cela ne fait que déplacer les problèmes sans les résoudre, du centre vers les quartiers par exemple, il a raison), pas de policiers stricts et rigides sur l’application des textes qui peuvent souffrir des tolérances dans un village en fonction d’une analyse intelligente des situations, ni de dos d’âne et panneaux à tous les angles de rue… Le mieux est l’ennemi du bien, et en l’espèce je ne perçois pas de dangers multiples et omniprésents partout dans Bandol. Le principal problème est certainement d’avoir un habitat pavillonnaire propice aux visites d’indésirables, surtout si la plupart sont fermées une grande part de l’année. Mais si les bandolais passent leur temps à les lui réclamer, un jour il va nous les accorder ces caméras partout, il en est capable… Mr Barois, tenez bon, en cas de second mandat, pas de caméras partout. Je suis à vos côtés pour ce combat.

Pêle-mêle ensuite, la préparation au PRIFF qui ne manquera pas de concerner un jour Bandol, vers Poutier de mémoire (lutte contre le risque incendie, avec élargissement des voies de circulation pour permettre les accès pompiers ou l’évacuation en cas de départ de feu). Au passage je m’étonne de trouver ça dans un programme. Avec ce genre de listes, on peut faire des pages et des pages de programme (et accuser Delaud d’avoir un programme vide comme je l’ai entendu hier). Delaud n’a pas fait de livret programme mais une double feuille avec juste un titre par idée. C’est plus économique que 20 pages de photos pour un candidat fauché je suppose. Mais Delaud comme Sauzet ou Palix, il faudra bien aussi qu’ils s’y plient au PRIFF eux aussi. Vu du côté électeur et spectateur des journaux télévisés, on suppose qu’un Maire qui ne respectera pas ce type d’obligations verra sa responsabilité engagée. Aucun Maire n’échappera à ce genre de réalisations. Je me trompe peut-être, mais après son bilan et son programme, je sais que ce Maire fait beaucoup de choses, et j’ai le sentiment qu’il veut que ça se voit, que ça se sache. Moi je veux juste savoir ce qu’il fera en dehors des figures imposées. Le programme qu’un candidat à la Mairie doit nous détailler, ce sont les figures libres. Son programme est conséquent, mais à l’alourdir, il prend le risque de me nous noyer (ça recoupe un peu mon discours sur ses qualités assez moyennes de communiquant).

Et dire que le programme d’un autre est vide en comparant le poids du papier, ça s’appelle un effet de manches dans les prêtoirs, et en campagne, un coup bas indigne. J’ai déjà dit ce que je pensais du poids du papier dans la campagne, et si je compte les tracts qui circulent en ville ajoutés à la quantité de livrets « votez pour moi », François Barois pourrait se voir décerner une médaille (par équipe et en individuel) qui ne lui plairait pas…

Le port: après les travaux de la panne D, ce sont les pannes A – B – C qui seraient refaites, comme les sanitaires plaisanciers, et l’ajout de 30 nouvelles places pour les professionnels.

Un parcours santé est prévu au parc du Canet (sympa ça, Marta court déjà pas loin et veut m’y coller – ça sera plus fun, parce que moi, le jogging…).

L’embellissement de la ville passe pour lui par des mesures (mal notées sur mon bloc-note, oups) concernant les climatiseurs qui fleurissent partout dans Bandol, des éclairages blancs basse consommation, encore plus de fleurissement, et de bittes (car les rambardes sont plus chères dixit le Maire : d’abord traiter les fondamentaux, les rambardes – la qualité – se fera plus tard, petit à petit). Vous connaissez déjà mon sentiment sur ce qu’il produit dans ce domaine.

Pour le tourisme, rappel du vote de l’hôtel**** du Casino, avec le concours de la ville et du Conseil Général, et rappel aussi que la résidence Clairefont rachetée par la Mairie de Gardanne va devenir une résidence hôtelière ***. C’est le volume de touristes qu’il saurait drainé qui dirait s’il a raison de tenir cela pour suffisant. C’est une question difficile que seul Palix semble traiter de façon volontariste avec son projet d’attirer un type Mercure ou Novotel près de l’autoroute.

L’office du tourisme au passage sera transféré prochainement à la maison des vins, ce que tous les candidats semblent avoir acté car personne n’est revenu dessus.

Pour améliorer notre tourisme, l’éducation des professionnels est une saine démarche qu’il propose (ça rejoint les idées d’approche qualité de Sauzet), et lui aussi promet de travailler la clientèle de tourisme professionnel (usage de la Médiathèque??) et des croisiéristes. On est heureux d’apprendre qu’on n’est pas marié avec le M6 Live, même s’il n’a pas révélé quand ce sommet d’août sera remplacé par un programme d’animations plus riches et plus étalées.

Son prochain grand projet, c’est au Val d’Aran qu’il le réserve, avec une tour au stade des grands-ponts, pour y loger des entreprises de pointe, avec en ligne de mire le Pôle Excellence Mer que doit devenir Toulon. Comme me l’a précisé Mme Sauter-Gili (sa colistière) rencontrée et connue presque par hasard aujourd’hui, s’il n’a pas promis de piscine, François Barois intégrera dans le cahier des charges de ce projet, un complexe aquatique spa/piscine, puisque c’est pour lui la seule chance d’offrir un jour ce vieux rêve aux bandolais, à qui la Grande Bleue ne suffit pas.

Ce projet est un point délicat. Si Barois passe, ce projet est cohérent avec ce qu’il fait de la ville. Une modernisation en rupture avec l’histoire balnéaire de Bandol, tournée vers le grand Toulon, cherchant à développer des activités qui s’inscriront dans ce schéma, où Bandol pourrait être considérée comme une banlieue chic de l’agglomération, mi-dortoir résidentiel, mi-ville moderne et active, avec un peu de tourisme à cause du littoral et de son port… C’est un pari, mais c’est aussi un remède de cheval (attention à ne pas tuer le patient). En tous cas, c’est très loin de ce que beaucoup d’entre nous (immigrés) sont venus chercher dans la vie à Bandol, et très loin de ce que les natifs aiment de leur ville. En ce sens, les projets de ses 3 concurrents, pour aberrants qu’ils puissent lui paraître, cherchent au contraire à arrêter la direction prise par Barois, et à renouer avec le « coeur de métier » de Bandol: une petite mais formidablement dotée, station balnéaire. Delaud veut y aller progressivement avec un travail de fond qui attirera à nouveau les investisseurs hôteliers privés ( et pour pouvoir aussi se donner les moyens d’autres chantiers liés au développement durable). Palix a une démarche plus agressive avec refonte très lourde de la promenade et démarchage d’un grand groupe hôtelier. Sauzet lui, parie d’abord sur le port (que ne négligent pas les 2 autres non plus).

Je m’en tiendrai là, car je pense (si j’ai raison), qu’on touche ici au noeud du choix à faire dimanche. Si on repart sur un mandat Barois, son bilan+programme révèle la vision qu’il a pour notre ville, et que je crois avoir décelé (et c’est ma surprise, il a une vision pour Bandol qu’il veut modeler dans ce sens). Cette vision est liée à la future aire toulonnaise. Je crois qu’il sait où il va, mais voulons-nous y aller nous bandolais? Contrairement à ce que j’ai crû en lisant et publiant Guy C. Lévy, François Barois a un but qui est probablement coordonné avec la structure UMP du département, et avec l’homme de l’ouest du Var, Falco maire de Toulon. Ils préparent ce dessein pour la grande agglomération.

Ou alors je me trompe complètement, et c’est juste l’application d’un urbanisme décalé, par un homme dont le goût a été formé par des années d’environnement militaire. Mais ça me semble soudain moins plausible. Selon moi il suit un planning de projet, et je peux le comprendre (adhérer est une autre question).

C’est curieux, car Delaud m’avait étonné avec une vision aussi lors de notre première rencontre. Lui aussi anticipe les grands pôles de l’arc méditerranéen (Gênes, Nice, Marseille, Montpellier et Barcelone). Connaissant mal l’histoire de Bandol, et encore moins ses personnalités, j’avais été surpris comme électeur passif, par la projection que pouvait avoir un politique local d’une ville de petite envergure, minoritaire de surcroît, sur l’interaction de sa ville avec son environnement. Ce sont des questions que je connais dans le monde de l’entreprise mais que curieusement je n’avais jamais vraiment transposées à la politique très locale (en plus je suis un ex-citadin, pas un enfant de province, nos réflexes sont différents). La discussion avait été passionnante. Je ne sais pas si Sauzet et Palix ont la même vision globale, mais tous trois intuitionnent que pour y jouer le mieux son rôle, Bandol doit s’appuyer sur ses qualités inaliénables: un nom, un terroir agricole connu (vin), une « rade » et un port d’exception, une histoire prestigieuse à son échelle, un environnement de toute beauté, un arrière-pays riche d’attraits, et du charme à revendre, ne serait-ce qu’avec sa perle, Renecros. C’est aussi l’explication de leur choix à tous les trois pour l’intercommunalité obligatoire pour Bandol d’ici 2010: la communauté de communes Sud Sainte Baume qui valorisera ces qualités, avant le peut-être inévitable grand plongeon dans l’influence de Toulon/TPM. Si l’un de ces candidats passe, il aura alors raison de faire ce choix. Car il ne pourra défendre cette vision de Bandol que grâce à l’intégration dans cet ensemble homogène de terroirs, de culture, de tourisme, de ruralité aussi, d’authenticité provençale (ça va se raréfier dans le coin): et cet ensemble devra faire bloc pour préserver/valoriser sa spécificité. Je comprends aussi que Bogi ait longtemps voulu s’attacher à Sanary qui jusqu’ici ne réussit pas trop mal dans cette démarche, au-delà de ses intérêts et fidélité politique avec le Maire de Sanary (mais comme Sanary ne peut pas entrer dans Sud Sainte Baume…).

J’ai encore fait trop long, et je sais que vous saurez où trouver le reste du programme du Maire sortant sur lequel je n’ai pas d’autres remarques valables à faire. Mais je crois qu’on a le choix entre 2 grandes pistes avec ce vote, dont une déclinée en 3 variantes de rythme et de management. l’intercommunalité est vraiment « le pivot de la campagne« . Mais je n’imaginais pas à quel point ce titre était prémonitoire de ma (in?)compréhension des enjeux.





Article précédent : Résumé sur ma position