Fête de la Musique à Sanary et Bandol

Cette note fût publiée originellement et à cette date sur mon blog perso : reprise ici le 22/10/2007.

J’ai oublié de « poster » sur mon blog (pas encore le réflexe de blogger sur tout) après la Fête de la Musique, mais franchement y’a des moments où ça fait du bien d’éructer publiquement.

Ce 21 juin au soir, après dîner, on décide d’aller faire un tour à Sanary pour voir les animations de la Fête là-bas, ville un peu plus grosse, plus jeune et animée que Bandol, au moins de réputation. On débarque à 23H40, et après 10mn sur le port, on tombe sur un groupe dont le son nous plaît. Mais c’est pour l’entendre annoncer sa dernière chanson de la soirée!!! Ils ont pour instruction de tout arrêter à minuit, faute de quoi ils auront de très sérieuses difficultés pour revenir l’an prochain. De fait, à minuit pile, tous les groupes et musiciens présents tout le long du port (qui est noir de monde, joli succès d’attraction pour Sanary s’arrêtent de jouer…

On en reste estomaqués!!! Pour avoir fait pratiquement toutes les fêtes de la musique ces dernières années souvent à Paris mais aussi ailleurs et parfois même à l’étranger, je sais que cette fête est un vrai moment de liberté, une des rares nuits blanches officielles de l’année, et la nuit durant laquelle il est normal que l’animation dure jusqu’à 3 ou 4H du matin, et même au-delà sans que personne n’y trouve rien à redire.

Sanary a réussi à attirer énormément de monde, une foule de badauds, et des terrasses pleines de clients, et à minuit, alors que la fête bat son plein, la municipalité se permet de virer tout le monde, artistes du jour et spectateurs qui festoient dans une ambiance bon enfant. J’en étais vert de honte, notamment par rapport à l’un de mes amis étrangers, qui devait une fois de plus penser qu’en France, on n’aime vraiment pas les clients, et que le sens du service, de l’accueil, viennent après bien d’autres considérations.

De fait, à Bandol où nous rentrons aussi sec pour essayer de profiter de la fin de soirée, le calme est là aussi déjà revenu, mais probablement parce qu’il y avait beaucoup moins de monde.

Si je peux comprendre qu’on empêche les bars du port de jouer de la musique forte toutes les nuits de l’été, ce qui serait invivable pour les voisins, au-delà d’une heure raisonnable (entre 23H et 1H du matin), je ne comprends pas qu’une municipalité interdise la fête de la Musique au-delà de minuit, alors que le reste de la France va jubiler et profiter jusque tard dans la nuit. A la limite, à Bandol où le rapport démographique publié par la Mairie indique que 50% de la population est dans la tranche « sénior », cela peut s’expliquer, le Maire soignant son électorat… Mais à Sanary, qui est une ville plus moyenne, mais qui station touristique aussi réussit le pari d’attirer la grande foule sur cet événement, mettre les gens dehors quand la fête bat son plein, là je me sens écoeuré.

La fête de la musique est peut-être la fête de rue la plus sympathique et conviviale de l’année, en France mais aussi ailleurs aujourd’hui. A Sanary il vaudrait peut-être mieux l’interdire purement et simplement, puisqu’elle est à ce point déconsidérée. En 2006, en tous cas, moi j’irai la revivre, à Aix, Marseille ou Paris.





Article suivant : Une photo presque réussie