Disclosure 2 : mes relations à Bandol

Suite de l’article Disclosure 1 (paru le 2 décembre dernier), voici le complément, que j’avais prévu pour les jours suivants mais qui entre santé, articles prioritaires, temps de rédaction et impondérables, aura traîné un peu beaucoup : après mes « relations d’affaires » je vais tâcher de lister ici avec transparence mes relations personnelles dont je pense que vous pourriez vouloir être informés pour juger mon point de vue, et surtout vous permettre d’apprécier son indépendance (lesdites relations sont à mettre en rapport avec ce que j’écris, et vous constaterez que mes amis pourraient parfois se demander si je suis le leur, mais ce blog ne sert pas à cultiver mes amitiés).
Si le volet 1 vous a paru sans intérêt, le volet 2 n’en aura pas plus. Mais encore une fois, les lecteurs ont à mon sens le droit de connaître les liens que j’entretiens avec les acteurs de la vie bandolaise, dont je commente les actions publiquement sans plus de précaution de forme que mon cerveau ne le fait in petto, parce que ce faisant, je suis acteur de la vie publique, même si j’ai refusé tout engagement autre que celui-là : donner mon avis singulier de citoyen sur ce que je vois de mon point de vue de simple contribuable et électeur, rien de plus.

Il est rendu nécessaire par le soupçon qu’on qualifie de « connivence » quand il concerne les relations entre les journalistes et les puissants, et qu’on appelle plus volontiers « copinage » à l’échelle d’un village et de blogueurs locaux.

NDA : Je redoute d’oublier un ou deux noms, et si d’aventure j’avais omis de vous inclure dans la liste malgré nos relations (et vos activités publiques bandolaises, sinon mes amis c’est normal que vous ne figuriez pas ici), rappelez-moi la fragilité de ma mémoire en vous signalant en commentaires, et accordez votre pardon à un scribouillard de la nuit qui manque de sommeil.

Les rencontres du web bandolais, et le blog

Les rencontres du web bandolais sont le premier élément de vie sociale que j’ai envie de citer même si je viens d’y mettre un terme, car ce fût un facteur important de ma socialisation à Bandol. Au fil de ces 6 ans, j’ai construit des relations cordiales, régulières avec pas mal de gens impliqués dans la vie publique locale, et a minima souvent commentateurs de mon blog. Plusieurs de ces noms vous sont connus pour cette parole publique, mais certains se retrouvent aussi dans le combat électoral de 2014. Pour autant, difficile de qualifier ces relations, qui pour un tas de raisons ont parfois évolué vers un complément épistolaire, mais faute de temps, ou pour cause générationnelle, ou parce que nos avons des centres d’intérêts différents, n’ont pas évolué vers des relations d’amitié : nous ne nous fréquentons pas en dehors de ces réunions (sauf pour ceux qui sont par ailleurs mes clients – voir les relations décrites dans Disclosure 1). J’entretiens cependant les meilleures relations avec  par exemple :

  • Michel Siorat, Jean-Pierre Chorel, Franck Romano, Roland Reverdy, Jacques Kauffmann, Claude Seux-Bos, Muriel Anguenot, Janine Sauter-Gilli, etc., je ne peux les citer tous, et sans entrer dans les nuances d’affinités et d’accord intellectuel qui me relie à ces personnes : ils n’ont pas les mêmes sensibilités ou engagements politiques, le degré de confiance mutuelle qui s’est établie est variable, certains seront choqués de côtoyer d’autres noms avec qui ils n’ont pas d’affinités, mais je décris là l’état de mes relations objectives (fréquence, intensité). J’entretiens des relations écrites ou informelles quand il nous arrive de nous croiser, et on se dépanne d’un covoiturage dans Bandol intra-muros à l’occasion avec certains, et nous avons finalement des relations de (bon) voisinage entre gens qui savent apprécier des qualités chez les uns et les autres, relations civilisées, cordiales, voire amicales mais sans aucune intimité.
  • Je mets volontairement à part 3 noms : Danielle Revolon qui commente de temps à autre, amie et veuve de mon ami et dessinateur Jean Revolon, Nathalie Caune avec qui je partage des liens d’amitié antérieurs au blog et qui est la photographe préférée de mes lecteurs, et Michel Grataloup (ex-représentant des plaisanciers au conseil portuaire, toujours impliqué dans le CLUPP de Bandol, et agitateur d’idées sur la vie du port) rencontré aux premières heures de ce blog et que nos 2 fichus caractères ont conduit à créer une amitié inattendue. Il a peut-être connu des fâcheries avec plus de gens que moi à Bandol, et j’aime l’entièreté de son caractère (punaise, qu’est-ce qu’on peut s’engueuler!), reconnaître chez lui une inaptitude à la diplomatie encore plus marquée que la mienne, son intelligence technique, son opiniâtreté, et, cela surprendra plus d’un de ceux qui ont tourné les talons au premier accroc, une capacité à remettre en cause ses jugements, à apprendre, à évoluer dans le temps, à reconnaître ses torts, bref, une humilité foncière bien plus appréciable que celle parfois feinte des animaux politiques (par exemple). Donc, je m’enorgueillis d’être l’ami de Michel (en espérant qu’il me pardonne cet étalage public qui violentera sa pudeur) ce qui achèvera l’un comme l’autre de nous cataloguer comme des ânes qui feront la paire aux yeux de certains. Ce n’est pas grave, l’avis de ceux qui nous cataloguent ainsi mérite peut-être la réciproque de notre part.

A cette première série, il faudrait ajouter d’autres noms, issus de la vie sociale générée par mon blog, relations souvent écrites plus que dans la vraie vie, parfois avec des contributeurs (qui me proposent des articles) : Prinz Karl, Patrick Lacaze, Jean-Pierre Rolland, Jean Sarrat, Gérard Demory, Sébastien Delayes, Philippe Coulon, etc., et même des noms qui ne sont plus aussi visibles mais avec qui j’ai eu des relations du même ordre comme Serge Gervais, Max Moutte, etc., mais aussi Christian Viala ou Patrick Durville. Inutile de fantasmer, je ne copine pas, mais ai des relations de bon voisinage avec chacun d’eux : ça veut dire essentiellement qu’on se parle et qu’on est capable de s’écouter, avec du respect mutuel. Avec tous les noms cités ci-dessus, et qui ont tous des opinions politiques y compris au niveau local, j’ai ou ai eu des désaccords, mais aussi des relations civilisées, ou carrément sympathiques, et plus personnelles pour les 3 amis que je mentionne et fréquente dans le privé.

Les acteurs politiques de premier plan à Bandol

Commençons par ceux avec qui je n’ai pas de relations. Mon blog crée inévitablement une (re)connaissance mutuelle, mais les contacts sont très limités avec la plupart d’entre eux, et j’ai fait état de mes relations avec ce petit monde très largement dans mes pages.

  • Mr Muller : aucune relation (d’ailleurs est-il vraiment candidat?)
  • Thierry Revol et Anthony Tinchi : nos relations se limitent pratiquement à cet épisode, et à un voyage en train de Toulon à Cannes que j’ai effectué par hasard avec le plus jeune. aucune relation personnelle.
  • Philippe Ponge : nos seules relations se limitent aux échanges sur le blog et ont été poursuivies hors ligne par mail dans la même veine.
  • Christian Palix : hormis la réunion dans son bureau au sujet du wifi du port, seul intermède de discussion, on se salue courtoisement lorsqu’on se croise. Mais je lui garde une rancune tenace pour avoir gagné une partie de pétanque dans laquelle nous étions adversaires, chez des amis communs (et j’attends de voir combien de lecteurs vont réagir au premier degré). Rien d’autre à signaler de mémoire. Sauf que beaucoup d’articles de ce blog lui sont consacrés, particulièrement à son mode de gouvernance et à son attitude comme homme politique : là non plus, rien de personnel ne nous relie.
  • Frédérique Connat : nos relations sont connues de mes lecteurs. Le différend n’a jamais été soldé. Nous avons depuis dîné en bavardant à la même table à l’occasion d’une réunion d’Anticor83, et nous saluons en individus civilisés quand nous nous croisons. Mes commentaires se bornent à ce qu’elle donne à voir publiquement, toujours rien de personnel, on est strictement en relation par l’expression politique. J’attends toujours (sans illusions) ses explications ou ses excuses.
Ceux avec qui j’ai (eu) des relations :
  • Concernant Marcel Bogi, j’ai tout écrit sur mon blog de nos relations. Cela lui a même fait dire un jour qu’on ne pouvait pas me serrer la main sans se retrouver le lendemain en première page du blog. Et considérant les pratiques de Marcel et de son entourage, que je connaissais de réputation et ai pu vérifié depuis, cette transparence m’a toujours paru une prudence nécessaire. Pour tout relire, cliquez là (et bon courage). De mon client et élève quelques heures en 2004, à candidat qui le premier a voulu me rencontrer (et le seul à m’avoir fait miroiter un poste à la mairie) en 2008, de son incompétence comme premier adjoint vérifiée dans le seul dossier que je lui ai soumis, à l’intimidation physique qu’il est aussi le seul candidat à avoir pratiqué avec moi, je vous ai pratiquement tout raconté (et ce qui manque n’est pas meilleur). Je ne me suis pas laissé amadoué par l’idée de travailler à la mairie, ai toujours critiqué sa démagogie, et ne peut être accusé d’avoir copiné. Nos relations n’ont jamais existé en dehors de cela, et mes critiques se fondent uniquement sur son comportement comme homme politique : si les relations existent bien et sont publiques, il n’y a vraiment rien de « personnel » entre nous, même si supportant visiblement mal mes critiques et surestimant certainement mon influence, lui comme son directeur de campagne ont tendance à vouloir entrer dans un affrontement individuel (une erreur de cible?). Malheureusement, mes critiques à son endroit sont nombreuses, mais argumentées, s’expliquant sans doute par la longévité et la visibilité de Marcel dans la vie politique bandolaise, ce qui fournit beaucoup de matière le concernant.
  • Jean-Paul Joseph m’a contacté pour publier ses premières critiques du mandat Palix dès qu’il s’en est désolidarisé au tout début. À la création de son association, Vigilance et Vérité à Bandol, il m’a demandé si j’acceptais d’en être le webmaster. J’ai décliné, l’engagement dans toute autre forme d’action publique à Bandol autour du thème politique n’étant pas compatible avec la tenue de mon blog, et l’ai renvoyé vers un confrère. Cependant ayant plusieurs amis communs (hors du champ politique) nous avons été conduits à nous fréquenter, et avec la femme de ma vie j’ai été invité à 3 ou 4 reprises à des dîners, par sa compagne. Nous avons aussi partagé la même table lors d’un mariage d’amis communs, et toujours hors champs politique (et également à un anniversaire dans un établissement bandolais). Etant donné qu’il m’avait sollicité pour son association touchant à la politique, j’ai tenu à garder une certaine distance, et n’ai jamais eu la politesse de leur retourner l’invitation d’un dîner chez nous (mes principes personnels et la bonne éducation voulue par ma mère sont en conflit). Si j’ai affronté le maire à la pétanque, lui c’est au tennis que je l’ai eu en face, et considérant la différence de niveau, c’est plus une heure de leçon que de jeu que j’ai reçue. Plus tard lors d’un changement de ses 2 raquettes fatiguées, il me les a offertes, trouvant qu’elles étaient plus modernes que la mienne (état neuf, pratiquement jamais servie) âgée de quelques décennies (et pesant le double). J’aurais peut-être dû refuser, mas il n’était pas encore engagé dans la course à la mairie, et le fait est que je n’aurais pas investi dans une raquette avant longtemps (même après avoir essayé la sienne), mais je me suis quand même payé un cordage neuf. Et j’ai eu l’occasion de rendre le geste en intervenant une fois à son domicile sur un problème informatique bénin (et que je n’ai pas facturé, hors de mon champ de compétences spécialisé). Ce n’était pas conscient, mais en y repensant après coup, j’étais satisfait que le tableau de score affiche « un partout ». Nous avons donc des relations amicales, mais que je m’efforce de garder dans la distance qui sied à nos rôles publics respectifs à Bandol. Je me détendrai après les élections.
  • Laetitia Quilici et Jean-Yves Decroix : nos relations tournent intégralement autour de la vie politique bandolaise. Les échanges sont très cordiaux, parfois vifs sur des désaccords, mais toujours respectueux (au moins de leur côté, mes lecteurs jugeront la façon dont moi je les traite). J’ai fait état d’une invitation à déjeuner chez JY Decroix et avec Laetitia Quilici quelques temps après leur début de campagne. J’avais par le passé et dès avant que Mr Decroix quitte la majorité, pris un café avec lui à quelques reprises pour des échanges sur son action (les iPad qui équipent maintenant les conseillers municipaux par exemple). Rien d’autre à signaler qui ne soit connu de mes lecteurs. Si. Le repas était délicieux.
  • Christian Delaud n’est plus candidat à la mairie de Bandol mais l’a été en 2008, reste le responsable du parti socialiste à Bandol. Il bénéficiait de la caution morale de tous ceux qui m’en ont parlé lorsque je me suis intéressé à la politique bandolaise en 2007, de droite comme de gauche : droiture, connaissance des dossiers, humain, intelligent. S’il ne revendiquait pas systématiquement son étiquette de militant et responsable socialiste pour Bandol, beaucoup de gens m’ont avoué qu’ils l’auraient volontiers choisi comme maire. Avec cet a priori positif sur l’homme, quand je l’ai rencontré la première fois durant la campagne de 2008, la sympathie mutuelle a été immédiate. Il a été le premier à comprendre ce que je faisais, et je n’ai jamais eu à me soucier de la distance à maintenir, car c’est lui qui en a manifesté le scrupule, répugnant à trop risquer de m’influencer en me donnant son éclairage ou sa vision, ou alors avec la plus extrême prudence. Nous nous sommes quand même fréquentés (après l’élection de 2008) moitié chez nous, moitié chez les Delaud : au rythme d’un dîner par an en 6 ans, j’estime que nous n’avons pas nagé dans la connivence, même si comme avec tous les autres, nous nous croisons en ville et échangeons volontiers à chaque occasion (et nos femmes partagent des centres d’intérêts professionnels en plus de la sympathie). Nos débats ont été en général publics, et nos divergences d’opinions affichées. La dernière en date avec son choix de rallier la liste Bandol Naturellement me conduira à lui consacrer un article : au regard des idées que défend ce blog sur la relation élus/citoyens, je suis en total désaccord avec son choix qui est à mes yeux une faute politique, mais ne m’empêchera pas de prendre plaisir à partager à l’avenir un peu plus avec celui que mes lecteurs ont pris l’habitude de me voir appeler « mon ami Christian Delaud » une fois que j’aurai pris ma retraite du blog. Quitte à nous arsouiller sur le sujet politique, plaisir bien français s’il en est.

J’ai bel et bien « copiné »

Puisque c’est l’heure du grand déballage, il faut bien reconnaître que j’ai copiné avec au moins une personne à Bandol, aussi passionnée que moi si ce n’est plus par notre  vie politique locale. Montrant la plus grande méfiance envers mon blog pendant la campagne 2008, Pierre Olivier (c’est de lui dont il s’agit) m’a interrogé après l’élection de 2008 sur ce que je comptais en faire : m’imaginant en sous-marin temporaire, il a été surpris que je lui annonce continuer, et a persisté à manifester une méfiance évidente envers Bandolais.fr. Ca se traduisait par des commentaires malheureusement obscurs car il négligeait la ponctuation et avait tendance à publier à chaud et sans se relire, avec beaucoup de références incompréhensibles pour qui n’avait pas sa mémoire ou les clefs de déchiffrage de ses arguments plongeant dans le passé tumultueux des relations politiques bandolaises. Quelques échanges en chair et en os, notamment à l’occasion des rencontres du web bandolais, m’ont permis de bénéficier d’explications de ses textes, me prouvant ce que je soupçonnais : une mémoire phénoménale (les médecins ont tendance à cultiver ce muscle), une intelligence brillante, des convictions et une culture politiques solides, une passion pour l’Histoire, une connaissance de la vie publique bandolaise qui remonte jusqu’à son enfance, bref, un personnage bien plus intéressant que ce que peuvent imaginer les lecteurs qui auront jeté ses commentaires avec l’eau du bain à la première difficulté de lecture, souvent à même de m’apporter une contradiction très intéressante, et beaucoup plus nuancé en live que par écrit (comme la plupart d’entre nous).

Je ne sais plus exactement comment cela s’est fait, mais nous sommes finalement convenus devant nos difficultés de communication par écrit, de nous voir régulièrement pour un déjeuner d’explications de texte autour de ce que je faisais sur le blog et qu’il commentait (en ligne ou par mail privé). Nous avons adopté un rythme mensuel qui pendant presque 4 ans nous a conduit à déjeuner ensemble, et il a eu le geste de m’inviter en payant le déjeuner (la raison mutuellement acceptée pour la forme étant qu’il ne versait pas de don au blog). Ca a fini par s’équilibrer (cela devenait gênant, d’autant que les dons aux blogs avaient cessé et que la relation devenait franchement amicale), mais pendant donc presque 4 ans, j’ai eu droit à un restau mensuel disons à 70% aux frais de Pierre Olivier. Il est par ailleurs le seul mentionné ci-dessus (hormis les 3 amis cités en tout début d’article) à avoir eu les honneurs de mon bateau, et j’ai été invité à au moins 2 reprises chez lui. Moyennant  quoi j’ai bénéficié de ses informations, de points de vue qu’il était rare à faire valoir dans tous mes contacts bandolais, et j’ai certainement nuancé mes positions en tenant compte de sa lecture des choses, si souvent différente de la mienne. Cependant, chaque fois que nous laissions passer trop de temps, disons plus de 5 à 6 semaines, je voyais ses commentaires se raidir, la méfiance revenir, avec une vision un peu paranoïaque de mon blog. Il ne fallait pas laisser passer plus de 4 ou 5 semaines maximum pour déminer autour d’un verre et d’un repas les sujets évoqués sur le blog depuis notre dernière rencontre. Et en général, tout en comprenant nos différences de positions ou de motivations autour de nos principes (nous mettons chaque curseur sur des postions différentes), nous parvenions à nous comprendre mutuellement.

Cette relation qui est la plus suivie et humainement engagée que j’ai connue à travers ce blog s’est achevée au moment de l’élection des représentants au conseil portuaire en 2012 et/ou de la dernière campagne pour l’élection présidentielle concomitante. Je n’en ai pas l’explication exacte, mais les ponts ont été coupés, et depuis Pierre Olivier se répand par mail auprès de contacts bandolais en me dépeignant comme un vendu au copinage.
C’est cocasse de la part de celui avec qui je suis allé le plus loin dans la connivence (pensez donc : traitement de faveur d’une rencontre du web bandolais pour lui tout seul, et à ses frais…). Visiblement, il craint qu’elle ait chez moi des effets qu’elle n’a pourtant pas réussi à produire avec lui, puisque selon lui je serais dans un camp et manifestement pas celui qui aurait ses faveurs. Le soupçon et une mémoire d’exception n’empêchent pas la contradiction.

Le fait est que le copinage ne mène à rien avec moi sur le plan politique.

Si j’ai des idées sur le comportement politique des uns et des autres, elles se basent toujours sur l’analyse que je peux faire comme citoyen et contribuable, pas comme ami (il m’est arrivé d’en subir le reproche). L’avantage quand on me parle, c’est qu’on peut au moins m’informer de choses que j’ignore ou oublie. Ceux qui ne me parlent pas ou plus me privent de leurs propres informations (et m’accuseront ensuite de ne pas les connaître ou de ne pas m’en souvenir). C’est contre-productif, mais chacun commet bien les erreurs qu’il veut… En résumé et comme je l’écrivais en introduction,  ce blog ne sert pas à cultiver mes amitiés. C’est peut-être ce point qui me vaudra légitimement le reproche de psycho-rigidité. Je veux bien assumer.

Tout ça pour ça

Voilà par le menu les éléments de relations personnelles qui font fantasmer tous ceux qui à Bandol m’imaginent vendu… Des relations un peu partout, avec des gens qui ont des engagements et des convictions politiques bien différentes. Alors pourquoi les étaler ?

  • pour la transparence que je pensais devoir à mes lecteurs, parce que mon blog indépendant a un rôle dans le paysage politique bandolais, ne serait-ce que celui revendiqué de contre-pouvoir. Et que des élections arrivent (donc cette transparence est un peu plus cruciale).
  • parce qu’un jour (enfin ça a dû arriver souvent mais là j’ai eu le témoignage)  quelqu’un a mis en garde un contact contre un de mes amis en lui disant « attention, c’est un ami de Metey, c’est le clan Delaud ». L’ami en question ne connaissant Christian Delaud ni des lèvres ni des dents, et n’étant pas exactement socialiste (ce que je ne suis pas non plus).
  • Parce que je suis effaré de ce trait de la vie de village (oh que oui Bandol en est un) : que des gens engagés disent à leurs futurs camarades de liste qu’ils seraient bon qu’on ne les voient plus fréquenter machin ou bidule (qui sont proches d’une autre écurie) me laisse sans voix. On va bientôt interdire aux amis d’enfance de se parler… Parce que je m’enorgueillis d’avoir eu des contacts civilisés, amicaux, intellectuels, avec des gens de tous les bords connus à Bandol tout au long de ces 6 années, des accords et des désaccords et des engueulades, amis ou pas. Et que je continue à penser par moi-même, en toute indépendance, quitte à me fâcher avec ceux qui ne le comprennent pas. Et que parce que je peux faire des erreurs de jugement, j’ai toujours pratiqué une politique de modération très libérale sur ce blog, afin que vous lecteurs puissiez exprimer mes erreurs ou des opinions contraires, et que nous puissions en débattre à défaut pour quiconque de détenir LA vérité.

Et quand on se permet de me ranger dans un camp, et par dessus le marché de ranger mes amis dans la même case au prétexte qu’ils sont mes amis (alors que parfois nos désaccords politiques sont majeurs), je me dis qu’il y a parfois, pas toujours mais parfois, un peu d’imbécilité et de paranoïa dans l’engagement militant. Ce qui me vaccine jusqu’ici assez efficacement contre l’engagement militant, malgré des convictions politiques personnelles (au niveau national) qui s’affinent avec les années et l’expérience*. Un dernier point : je voterai pour une liste, pas pour un candidat. Et quel que soit mon choix, je voterai forcément contre des amis (au risque de faire surchauffer le cerveau de certains par cette dernière affirmation qui échappe à leur réalité). D’autant plus que je n’ai pas détaillé les relations avec des gens qui vont peut-être ou sûrement s’engager dans différentes listes (il y a une limite à cet exercice de strip-tease, je ne connais pas le futur, même proche).

F.M. – www.bandolais.fr

* j’ai déjà clarifié mon positionnement politique (sensibilité centriste, et prêt à co-signer une très large part de ce que j’ai entendu ou lu de la part de François Bayrou depuis une bonne dizaine d’années – pour l’instant circonspect face à ses derniers mouvements avec l’UDI). On s’en fout un peu à Bandol, mais comme c’est le moment de transparence intégrale, autant le rappeler pour ceux qui ne l’auraient pas lu. Et j’ajoute que j’observe avec beaucoup d’intérêt l’émergence des 2 nouveaux partis (Nous citoyens et Nouvelle donne) porteurs de germes politiques bien plus intéressants à mes yeux que ce que véhiculent aujourd’hui les partis historiques. Ah oui, parce qu’en plus un centriste croit que la gauche et la droite se trompent en tombant dans l’idéologie, et qu’il y a des éléments à prendre de chaque côté, en particulier pour corriger les excès de l’une comme de l’autre.





6 Commentaires

  • @fred
    Je comprends mieux pourquoi tu es souvent en manque de sommeil!!!
    Si tu passes tes nuits à écrire de si longs articles c’est inévitable!!

    J’aime beaucoup ta façon de te déshabiller devant tes lecteurs, même si ce fait nous annonce la fin proche de nos échanges.
    J’ai toujours apprécié ton indépendance l’exemple le plus marquant étant celui de ton refus lorsque l’on t’a proposé un poste à la mairie.
    Le seul bémol à ton article est les quelques lignes consacrées à Pierre Olivier.
    C’est un charmant garçon, mais tout comme toi, il est entier, droit, honnête et dans ce monde pourri où les magouilleurs sont légions, il reste sur ses réserves!!!!

    Merci pour ton explication de texte, et après une interruption de 5 ans environ, je retrouve le Fred que j’ai connu un soir de janvier 2008 sur le quai De Gaulle

  • @ Serge,
    la rédaction de cet article s’étant étalée sur longtemps, c’est malgré sa longueur un des articles qui aura le moins pesé directement sur le sommeil (les articles traitant de l’actualité sont plus rudes pour moi car il faut les caser dans le planning rapidement, quel que soit mon temps disponible).
    Cependant c’est l’un des plus désagréables que j’ai eu à rédiger (comment parler en quelques lignes de ses relations humaines avec les uns et les autres et être à la fois juste et/ou diplomate : c’est un coup à se fâcher avec tout le monde que de décrire ainsi des relations que les personnes concernées peuvent vivre différemment et sans vraiment apprécier d’être rangées dans des catégories qui ressemblent à de grosses louches).

    Je l’ai écrit parce que je l’avais promis, parce que je demande à nos candidats et aux élus de la transparence, que j’érige la « disclosure » en mesure anglo-saxonne à importer d’urgence dans nos pratiques politiques et médiatiques, que je milite pour la lutte contre les conflits d’intérêts, et que cette transparence est donc une réciproque que je m’impose.
    Et aussi à cause de Pierre Olivier et de tous ceux qui (comme la personne qui classe mes amis dans un clan) colportent les rumeurs les plus malsaines sur le contenu de mon cerveau (pourtant clairement étalé via 2120 articles sur ce blog), et sur celui de mes amis dont ils ne savent rien d’autre que leur amitié pour moi.

    Une mise au point s’imposait, et j’ai l’habitude de traiter les problèmes publiquement, toujours en raison de la transparence qui m’a toujours semblé essentielle pour la crédibilité de ce blog. Je n’ai pas d’autre argument que cette transparence et les raisonnements que j’expose à la critique pour mériter la confiance de mes lecteurs en ma sincérité.
    Et il me semble que le portrait que je dresse de Pierre Olivier est plutôt élogieux, et conforme à l’admiration que j’ai pour ses capacités intellectuelles (malgré des prismes personnels d’appréciation très différents) très supérieures aux miennes (mais il n’y a pas que l’intelligence brute et les diplômes dans la vie, sinon nous serions probablement tous très satisfaits de nos énarques et « élites »).

    Pour le poste à la mairie, deux précisions car on ne me l’a jamais proposé (relis-moi avec attention) et je n’ai donc jamais eu à le refuser :
    – cela ne faisait aucunement partie de mes intentions, donc refuser n’aurait pas été un problème, d’autant plus que cela aurait été contraire aux prérequis de ce blog, que j’ai expliqués dès le départ : indépendance, refus du mélange des genres. J’ai toujours dit qu’il m’interdisait tout rôle à Bandol, sinon, ou pourrait croire, et non sans raisons, que je le tenais pour mes intérêts personnels.
    – Quand Marcel me l’a fait miroité (il n’était pas élu mais simple candidat), tout en ne me lâchant pas la main au moment où je prenais congé de lui, ses mots ont été à peu de chose près si ce n’est exactement « Mr Metey, il faudra qu’on se revoit après les élections : nous avons besoin de gens comme vous à la communication de la mairie », ce à quoi j’ai répondu, avec un sourire incrédule devant cette initiative, une phrase très proche de « je crois que vous devriez d’abord vous occuper de gagner les élections »…
    Il les a gagné avec son homme de paille, et ne m’a jamais contacté ensuite pour… quoi que ce soit (et alors même qu’il promettait sur son site de campagne qu’il consulterait les blogueurs – Jaxx et moi – sur les dossiers touchant aux technologies – vous savez, ce qu’on appelle la fameuse concertation avec les bandolais, pas un travail payé, juste l’avis des usagers et de préférence s’ils ont une compétence dans le champ concerné).

    S’il avait vraiment l’intention de me proposer un poste, attendre d’avoir gagné (et donc d’avoir le pouvoir de faire cette proposition) était le minimum, pour au moins ne pas me donner l’impression de vouloir acheter (à crédit) si ce n’est mes faveurs, au moins mon esprit critique. Personnellement j’ai trouvé cela profondément choquant (et tellement conforme à ce que l’on conçoit de pire de la part des politiciens).
    Une des applications de la règle dont je ne sais plus si on la doit à Machiavel ou Sun Tzu :
    – Si quelqu’un vous gène : bloquez-le.
    – Si vous ne pouvez pas le bloquer : achetez-le.
    – Si vous ne pouvez pas l’acheter : tuez-le.

    Et puis Serge, je ne sais pas en quoi tu vois une interruption de 5 ans : le Fred qui pratique la transparence avec ses lecteurs pour qu’il juge de son indépendance avant le scrutin est le même qui a monté le blog et l’a animé pendant 6 ans et demi, juste un peu plus informé sur le sujet qu’il commente… Je ne crois pas avoir varié de ma ligne.

  • @ fred
    J’ai du mal rédiger la phrase, car l’interruption de 5 ans concernait mes commentaires sur le blog
    Etant impliqué dans un bureau d’association, je me suis censuré tout seul même si quelques fois l’envie d’écrire était forte!!!!
    Je ne pouvais en aucun cas commenter ni dans un sens ni dans l’autre une municipalité qui donnait une subvention à notre association et qui nous aidait lors des manifestations.

  • Salut Serge !
    C’est bien sympa de te retrouver parmi les commentateurs ! Ta plume est impliquée, voire passionnée, et pourtant soucieuse de mesure.

    Je ne sais pas si je dois être admirative ou choquée d’une telle astreinte d’auto-censure ! Admirative pour la retenue toute pacifiste et la diplomatie dont tu as fait preuve pendant tout ce temps, de ton propre chef. Choquée par ce que tes mots impliquent comme une évidence. L’argent public des subventions aux associations servirait donc à museler une partie de la population ?

  • @ Serge :
    ce n’est pas la rédaction de la phrase qui pose problème, mais les comptes : ta plus longue interruption de commentaires n’a pas excédé 30 mois… Tu es l’un des commentateurs les plus prolixes de ce blog avec plus de 330 commentaires. Et tu as laissé des traces chaque année, multiples, sauf en 2012 et 2013, même s’il est vrai que ta participation était plus intense (presque 40% de tes commentaires) en 2008.
    La mémoire nous joue des tours à tous, et c’est une des raisons pour lesquelles ce blog restera en ligne jusqu’en 2020 au moins même sans activité : à titre d’archives.

  • Bonjour Nathalie

    Merci pour ton commentaire, j’y ai retenu trois mots importants: admirative, choquée et passionné.

    Je pense que tu ne dois être ni admirative, ni choquée, je n’ai eu aucun effort à faire, je suis ainsi. L’éducation qui me vient de mon Grand-Père m’a forgé ainsi.
    Ce n’est pas l’argent public qui m’a muselé, mais ma conception des rapports humains,
    Les Bandolais ont choisi en 2008 une municipallité ( je respecte le choix qui n’était pas le mien) et en tant que membre d’une association j’étais amené à rencontrer des élus, des adjoints pour l’accomplissement de ma tâche au sein de l’association.
    Très respectueux du verdict des urnes même si les résultats ne me conviennent pas, je me devais de tout faire pour que les manifestations que nous organisions soient le mieux possible pour le bien de Bandol.
    Aujourd’hui, libéré de mon engagement associatif et en pleine campagne électorale, je prends plaisir à revenir parmi vous.

    Le troisième mot « passionné »: Oui je suis un passionné, tout ce que j’ai entrepris, c’est avec passion, aussi bien dans ma carrière professionnelle que dans mes loisirs et je suis certain que le jour où la passion ne sera plus en moi je serai au bout de la route.

    Aujourd’hui, l’environnement, l’écologie, le respect de notre planète, sont devenus les motifs de mon engagement passionné.