Des emplois municipaux à Bandol: compétence et politique

Il fallait revenir sur le sujet des emplois à la Mairie de Bandol, c’était une promesse, après que ma deuxième tentative de parler de ce tabou ait donné (non sans maladresse de ma part) quelques réactions intéressantes.

Cette fois, j’y reviens en me posant la question de savoir si l’embauche dictée par des considérations politiques ne nuit pas à l’optimisation des compétences dont la Mairie a besoin. Je le fais à travers un exemple très délicat puisque je vais citer nommément des personnes (ce que j’aurais préféré éviter mais je ne sais pas comment clarifier mon raisonnement sans cela), et en étant libéré de mes scrupules par le fait que les développements de ce dossier reviennent au premier plan de l’actualité bandolaise.

A la mairie, certaines embauches doivent être « compatibles »

Je l’ai écrit à plusieurs reprises*, Marcel BOGI premier adjoint  m’a « fait du pied » (trois fois exactement), en m’indiquant qu’il souhaitait qu’on étudie ensemble comment mon profil pourrait être utile à la Mairie de Bandol. Chaque fois, je lui ai poliment indiqué de me rappeler avec nos agendas sous les yeux pour fixer un RV pour étudier la question, et il n’a jamais donné suite (il était demandeur a priori, pas moi).
Considérant le peu d’empressement que je manifestais pour « sauter sur l’opportunité », je suppose qu’il a préféré quelqu’un de plus motivé, et trouvé un profil plus souple que le mien (je suis particulièrement rigide) en embauchant une parente d’un membre de son premier cercle personnel, et dont la spécialité professionnelle est plus pointue que la mienne en matière de communication (certes j’ai une solide formation en marketing, mais ne suis pas un professionnel pur jus de la « comm »): j’avais cherché le profil de Fabienne LAURE sur internet, et si celui que j’avais trouvé est bien le sien, elle a effectivement un CV qui dans le privé mentionne une expérience de la communication qui la qualifie probablement pour un poste de responsable de la communication municipale. Dont acte (je vous fais grâce de mes commentaires dans l’hypothèse où elle n’aurait pas le profil et que je me sois trompé de curriculum).

Guerre des chefs : on doublonne les postes et fonctions

On sait aujourd’hui que les tensions internes à la majorité municipale, et le partage des délégations donnant la communication à Marcel BOGI (avec les excès risibles dont on se souvient) étant ce qu’ils étaient, le Maire éprouvait semble-t-il quelques difficultés à garder un peu de contrôle dans ce domaine.
C’est là dessus que se basent ceux qui expliquent la mission de Patrick DURVILLE à partir du mois d’avril, professionnel de l’informatique missionné pour améliorer les outils de communication internet de la ville: ils voient en réalité deux services communication à Bandol, celui de la Mairie (avec sa responsable de la communication), et celui du Maire (avec Patrick DURVILLE qui depuis lors signe et se présente comme directeur de la communication).

Quand l’outil supplante l’usage: hiérarchie politique, plus que de compétence

Avant les derniers développements, je trouvais pour ma part curieux qu’un informaticien chapeaute une communicante dans un service communication (suite au retrait des délégations du premier adjoint). J’ai fait un peu de gestion de projet de ce style dans ma vie, et c’était bien le marketing qui était à la maîtrise d’ouvrage, et l’informatique à la maîtrise d’oeuvre (et le lien hiérarchique est sans sans ambiguité).
Attaqué sur un blog concernant ses compétences en communication, j’avais été surpris que Patrick réponde sur sa compétence informatique: cela traduisait une méprise, l’incompréhension parfaitement excusable d’un homme de la technique pour une question qui n’est pas de son champ professionnel. Pour moi observateur, c’est la personne qui a un pedigree « communication » qui devrait piloter la « comm » municipale, et Patrick DURVILLE qui déclarait chez moi venir en renfort de la Mairie strictement sur son bagage technique aurait dû être strictement concentré sur la mise en place technique des outils informatiques (qu’il a techniquement tirés plus haut sans doute aucun).
Mais voilà, Fabienne LAURE étant « liée » à Marcel BOGI, sa compétence (si elle est bien celle que je crois) n’est pas exploitée à fond, et c’est sur un homme plus sûr mais dont le profil est sur le papier moins adapté que le Maire s’appuie pour sa communication. Que de compétences désorganisées, pour des raisons politiques…! Même si Patrick DURVILLE prouve régulièrement qu’il apprend (vite).

Quand le politique balade tout le monde avec des justifications foireuses

Les derniers rebondissements de l’affaire ne laissent pas sans commentaires:

  • un courrier du Maire minimise le rôle de Patrick DURVILLE depuis avril, le ramenant à une simple mission pour un site internet (a priori le forum de la ville).
  • Patrick DURVILLE a oeuvré bénévolement pendant cette période selon ce même courrier du Maire.
  • son rôle était cependant bien celui de Directeur de la communication:
    • c’est ainsi qu’il était présenté et signait.
    • il a créé le forum officiel de Bandol mais pilotait et améliorait aussi le site web Bandol.fr sur lequel plus de la moitié des articles portent sa signature informatique.
    • il a oeuvré comme (bon) photographe officiel sur tous les événements municipaux depuis avant l’été (c’est sa passion, donc plausible sur son temps libre).
    • c’est vers lui comme chef de la communication que l’école m’a renvoyé lorsque j’ai voulu traiter un problème d’article soumis par un parent d’élève, et c’est bien lui qui a géré la relation de la Mairie avec moi dans ce dossier, qui n’avait rien d’informatique.
    • etc.
    • son implication relève visiblement d’un travail à temps plein, et non de la simple mission qu’on veut nous faire avaler.
  • aujourd’hui il endosse le poste (vacant suite au départ d’un autre proche de Marcel BOGI – A. DORIOL), de Directeur de Cabinet du Maire.
  • si j’en crois vos commentaires, il y a des postes politiques (et cela semble normal de l’avis plutôt unanime) et le poste de Directeur de Cabinet EST indubitablement l’un des postes les plus politiques.
  • c’est contraire aux affirmations de Patrick qui dans notre entretien de l’époque affirmait ne surtout pas vouloir être mêlé à une démarche politique et vouloir limiter son rôle à son compétence informatique. Je lui ai donné crédit de sa bonne foi à l’époque, et éprouve aujourd’hui un sentiment curieux (mais je suis prêt à entendre tous ceux qui aujourd’hui argumenteront que Directeur de Cabinet n’est pas un poste politique).

Georges FRECHE (et d’autres) citai(en)t Machiavel (Le Prince) pour expliquer la politique

Je retiens de vos précédents commentaires qu’il est normal que certains recrutements soient politiques. J’espérais que cela ne se faisait pas forcément au mépris des capacités, et constate que la politique même à notre échelon communal, est d’abord et avant tout une affaire de réseaux et d’influence. Bienvenue dans le réel. Mais on revient bien à mes articles précédents, et les embauches municipales sont volontiers opaques voire bizarrement menées, et pas forcément avec le souci du meilleur profil au bon poste avec pour critère l’intérêt général en tête.

J’ai contacté Patrick DURVILLE au sujet de l’incroyable courrier du Maire qui je l’ai montré ci-dessus ne fait que vendre une salade pour justifier une situation anormale née d’un conflit politique: sa réponse ayant été formulée dans le cadre d’une correspondance qu’il m’a stipulée privée, je lui laisse ainsi qu’à la Mairie le soin d’apporter les éclaircissements publics qu’ils jugeront nécessaires.

D’une façon générale, dans ce domaine, comme l’avait noté ceux qui s’étaient émus de la démission d’Alexandre DORIOL (en position d’élu sur la liste électorale Palix/Bogi) pour lui permettre de devenir non pas membre du Conseil Municipal mais Directeur de Cabinet du Maire (là au moins il y a un salaire décent pour un travail à temps plein et correspondant à l’implication d’un actif), l’électeur se voit raconter pas mal de balivernes pour justifier les arrangements politiques et distribution des postes, des sièges, des missions, quitte à soutenir des « vérités » indéfendables. Mais quand on a commencé à mentir, comment sortir du mensonge tête haute…?

F.M. – Bandolais.fr

Note subliminale: j’invite certains adversaires du Maire à commenter avec toute la prudence nécessaire, sauf à être certains de ne pas pouvoir être pris en flagrant délit des mêmes travers. Je porte un regard d’électeur exigeant, mais pas sectaire: j’aurais la même sévérité pour tout élu, et je crois qu’une bonne part de mes lecteurs est assez proche de moi sur ce point.

* voir par exemple la fin de l’article du 5 mars 2010





14 Commentaires

  • […] sur l'image pour aller sur l'article du PointJe voudrai commenter ici l’excellent article de Frédéric Metey sur bandolais.fr qui soulève un problème qui n’en est pas un, parce que tout le monde le connait ici et […]

  • […] parlé il y a peu de la communication municipale notamment à travers les responsables Internet de l…, une petite liste de chiffres pourra peut-être redonner un peu de contexte à ces considérations. […]

  • […] article de cette semaine abordant les conditions de l’arrivée d’un nouveau Directeur de Cabinet du Maire de Bandol est en plein dans l’actualité. Dans les 48H suivantes, deux blogs […]

  • […] revenu sur le Conseil Municipal du 15 novembre, notamment sur la question sensible du personnel, pour laquelle nous avons déjà manifesté de l’intérêt et aimerions plus d’informations: on attend toujours la parole officielle sur ces points. Le […]

  • […] question du personnel municipal et des anomalies contractuelles qui pourraient sévir à Bandol comme ailleurs ne laisse pas de préoccuper les observateurs. Le 3 […]

  • muriel anguenot

    Fred , étais tu a la conférence de Marcel Ruffo ?
    on a pu y entendre le grand professeur de médecine et grand communiquant évoquer ses souvenirs d’interne avec C Palix .
    il souligna par 3 fois son intelligence .
    et il appuya sur un loisir que pratiquait avec assiduité notre maire a cette époque , qu’il qualifia avec un brin d’ humour de discutable : le poker .
    d’ou peut etre les coups de bluff dont nous sommes  » victimes  » de maniére récurrente , si ce n’est par l’exemple récent que tu évoques , le bluff de nous faire croire que Patrick a pu etre dir’ com’ sans etre déclaré comme tel , sans traitement , sans couverture sociale , sans etc ….
    maintenant , si ça passe , pourquoi s’en priver ?
    mais comme dans tout jeu de hasard , l’addiction n’est jamais bien loin , et la ligne aisée a franchir sans que l’on ne s’ en rende compte parfois , et les dommages multiples qui y sont liés sont souvent importants , et c ‘est l’escalade , le toujours plus pour se refaire . alors , oui , coup de bluff , coup de poker , ça peut etre dangereux .mais le coté positif , c’est qu’il n’est jamais trop tard pour revenir en deça de cette  » ligne  » et arreter de « jouer  » .

  • @ muriel,

    si ce que tu dis est vrai je serais ravi de jouer les décisions qui sont prises pour Bandol
    en Heads up !
    (heads up = tête à tête au poker format no limait texas hold’em)

  • Holà ! Je réserve d’ores et déjà ma place le plus près possible des joueurs …James , porteras tu des lunettes noires ? ( J’aime beaucoup l’humour de James ) .En effet Muriel ; celà peut ressembler de façon troublante à une ascension . Une escalade …Une simple lueur de lucidité suffirait à rompre l ‘ envoutement . Il suffirait peut -etre que les joueurs otent leurs lunettes , pour que  » la lumière soit  » ?

  • Jacques KAUFFMANN

    Bonjour tout le monde.

    Cette histoire est trés intriguante.

    Patrick bénévole ? Cela n’apparait pas possible. Il s’agit là d’un emploi permanent, sur une tache déterminée, pour le compte d’une collectivité territoriale.

    On n’est pas dans le monde associatif. De mauvais esprits utiliseraient facilement les gros mots de « travail dissimulé », qui est l’appelation juridique du « travail au noir » bien connu notamment dans notre région, pour le qualifier.

    Et il faut bien vivre. Pour vivre, il faut un revenu.

    La manière dont le recrutement de Patrick avait été annoncé me laisse bien penser à une boulette.

    Rappelez vous. Il s’agissait bien d’un Directeur de la Communication. C’est comme cela qu’il intervenait sur les blogs bandolais pour commenter les sujets de sa compétence. C’était une grande avancée (ce qui voulait dire, en miroir par rapport à l’ère Barois, caractérisée dans l’esprit de chacun comme celle de l’autisme).

    Alors qu’est ce qui a pu se passer pour assister à un tel virage sur l’aile ?

    J’ai l’impression que « Bandol en Action » est sur la bonne piste.

    Le recrutement de Patrick était simplement impossible. C’est un poste technique, qui est donc ouvert en priorité aux fonctionnaires territoriaux. Ce n’est que si le recrutement d’un fonctionnaire territorial échoue (parce que pas de candidat, ou pas les compétences recherchées) que le recrutement est ouvert à tous le monde.

    Et il doit y avoir des dizaines de candidats qui justifient des compétences nécessaires en communication et informatique au sein de la Fonction Publique Territoriale.

    Ce qui justifierait, si le problème vient de là, le refus de la préfecture d’accepter ce recrutement hors fonction publique.

    Et qui explique aussi que Patrick finisse par être recruté comme Directeur de Cabinet, puisque c’est un poste politique à la discrétion du maire.

    Une pierre deux coups, la situation de Patrick se trouve régularisée et le maire récupère également un bras droit de qualité et volontaire.

    Personne n’aurait ainsi menti, les intentions évoluant en fonction des contraintes.

    Resterait un problème récurrent à la mairie de bonne appréciation des textes juridiques. Aprés le débat sur Huis clos et enrégistrement du conseil municipal, cela fait un nouvel exemple.

    Jacques

  • @ Jacques ,
    tu en oublies un autre rigolo de probléme : l’intervention de la tres serieuse Cour des Comptes dans la  » gestion  » des comités de quartiers de Bandol ; ça n’est peut etre pas un probléme d’appréciation des textes juridiques , mais c’est un bon canular pour qui connait un tant soit peu cette juridiction ; a moins qu’ils n’ aient fait des dépenses somptuaires apparaissant sur un budget inadequat , franchement , je ne vois pas ….

  • quelle histoire , de quoi se plaint t’on
    pour une fois ou le Maire fait attention aux dépenses de la Mairie chacun rale parce que le directeur de la communication travaillait bénévolement

  • Petite annonce:
    Bar l’escale Bandol, recrute Bénévole pour travailler 35 heures par semaine.
    Débutant non accepté
    Salaiire : 0€
    Charges: 0€
    Avantage en nature: 0€
    Cotisation retraite : 0€
    perspectives emploi 0
    Envoyer CV

    PS: si possible a durée indeterminée

  • Franck,
    Combien de CV as-tu reçu ?
    CV : c’est bien Curriculum Vitae et non Christian Viala (il faut se méfier parfois des abréviations) ?
    Je ne pense pas que Christain Viala comme Fred Metey, qui en dehors de leur profession pour laquelle il perçoivent un salaire et une couverture sociale, dépensent beaucoup de temps et d’énergie pour une activité citoyenne sur le web, sans objectif autre que celui de l’objectivité, aient aussi le temps de venir travailler, gracieusement dans ton bar !
    Pas plus que P Durville, ces derniers mois, qui était dans un cas semblable, à la différence que plutôt d' »alimenter » l’expression citoyenne, plus ou moins indépendante, a préféré employer son temps au service des bandolais, et des gestionnaires élus de leur ville !
    Envisages tu de compléter ton annonce par des perspectives autres qu’un bénévolat à durée indéterminée ? Par exemple un autre intérêt intellectuel et un autre statut à terme ? Je pense que ton annonce pourrait devenir plus attractive (à condition, bien entendu, que tu sois crédible au niveau de la suite à apporter à tes engagements) !
    Merci pour ta note d’humour qui permet de faire avancer le débat

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    NDLR: Pierre, je ne sais pas pour Christian (commerçant mais sous quel statut?), mais quant à moi, point de salaire… En tant que professionnel indépendant, j’ai une rémunération, plutôt variable (et comme pour toi j’imagine, inexistante si je suis en congés par exemple)… Quant à la couverture sociale, y’a pas à dire, je cotise, mais du fait de mon statut, il paraît qu’il vaut mieux ne pas en avoir besoin tant elle est minable (par chance je n’ai pas encore eu besoin de vérifier).

  • Gérant (salarié) de Société N° SIRET 381724384
    Suivre le lien pour de plus complètes informations.

    http://www.societe.com/societe/mcs-381724384.html