De quel droit?

Je sais que mes critiques souvent virulentes envers les listes et leurs chefs en particulier, les blessent comme ceux qui s’engagent à leurs côtés. J’en suis désolé, car je sais que leur susceptibilité actuelle comme la mienne, est égale à la conviction qu’ils mettent dans le « combat » politique, et à l’accumulation de la fatigue en fin de campagne. Et c’est pour ça que j’ai souvent rappelé mon respect et mon admiration pour ceux qui s’y risquent, certains de façon totalement désintéressée.

Mais quand on me demande de quel droit je formule des jugements définitifs, parfois avec des mots très durs, je rappelle ceci:…/…

…/…

– je suis électeur.

– j’ai ouvert un blog comme n’importe qui d’autre à qui la loi française le permet, en l’ouvrant de plus à la contradiction (dont certains ont profité, pas d’autres).

– mes mots publics sont infiniment plus feutrés que ce qui se dit dans n’importe quelle conversation politique « privée », au comptoir pour le café, ou le dimanche en famille après le repas (je restitue une part de la vérité du discours des électeurs à des politiques qui ne sont pas là pour les entendre): Messieurs les candidats, si vous saviez ce que vos concitoyens disent vraiment de vous (enfin vous savez déjà ce que vous dîtes des concurrents)!!!

Mais surtout je veux rappeler que depuis octobre:

– j’ai écrit plus de 200 articles sur cette campagne.

– j’ai répondu aux commentaires par au moins autant de commentaires que d’articles.

– j’ai traité un volume de mails lié à cette campagne 2 à 3 fois supérieur au volume de commentaires (je n’en ai pas le compte exact).

Je ne sais pas ce que cela représente en temps de travail, essentiellement volé à mon sommeil et à ma compagne. Mais je pense que sur les 116 personnes qui se sont engagées sur des listes, et celles qui se sont engagées en soutien des listes ou d’une autre façon dans la campagne, je ne suis pas forcément en fin de peloton concernant l’investissement personnel dans ces élections et la démocratie locale.

Ce que je sais en revanche, c’est que quel que soit le vainqueur, je n’aurai pas de fauteuil d’adjoint au Maire, je n’aurai pas d’indemnité compensant mes efforts, je n’aurai même pas le droit de voter au conseil municipal comme conseiller. Je me serai fait quelques ennemis, et peut-être parmi les puissants de la ville. Je ferai partie de ceux qui ne fêteront rien quel que soit le vainqueur. Je n’aurai à célébrer que la chance de vivre en démocratie.

Pour être complètement transparent (on m’a posé la question), la notoriété liée à ce blog aura à ce jour rapporté à ma société 3 contrats pour un montant total de 1500€ HT (pour les heures de travail effectuées, pas pour mon activité de blogueur), et 32$ de publicité (qui ne me seront payés que le jour où cette somme atteindra 100$ – soit 70€ à peu près, bloguer me coûte plus cher que ça à l’année, du fait de certains de mes choix techniques).

Encore une fois je regrette que mon discours blesse les plus convaincus, et les plus épuisés, mais je pense que je n’ai outrepassé aucun droit en affirmant mes souhaits, mes exigences, mes satisfactions, mes indignations. Et j’assume tout ce que j’ai écrit, soit parce que je le pense, soit parce que cela reflète des opinions significatives dont je me suis fait le porte-voix.

Je termine par une phrase attribuée à Condorcet que l’on ma rapporté: « s’engager dans un parti est une forme de fachisme ». Je reconnais l’utilité de l’engagement en politique, je ne veux pas faire l’apologie de l’utopie anarchiste, mais cette phrase mérite d’inspirer notre modestie et notre réflexion à l’heure où une campagne s’achève… Il l’a aussi dit dans une phrase dont là je suis certain (source vérifiée) en des termes plus crûs: « L’humanité ne sera heureuse que quand le dernier capitaliste sera pendu avec les tripes du dernier gauchiste. » Heureusement que nous avons plus d’humour que lui…





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Un commentaire

  • @ FRED
    Je ne conteste pas ton droit et même mieux, je te félicite pour ce que tu as fait et te demande de continuer.
    Je voudrais seuleument revenir sur la citation de M. Condorcet.
    Je ne le connais pas assez pour te parler de lui, mais il me semble qu’il a tout faux sur ces citations.
    S’il n’y avait pas de partis politiques, nous vivrions sous une Royauté ou sous un régime totalitaire où un homme seul en détient tous les pouvoirs, sans contestation aucune. Donc ce n’est pas la démocratie. Que la dictature soit de droite ou de gauche, le pouvoir pour un seul homme sans aucune contestation et sans que le peuple ne puisse s’exprimer, ce n’est pas la démocratie.
    Lorsque plusieurs personnes qui ont les mêmes envies, les mêmes espoirs, les mêmes passions se réunissent, ils se groupent en association pour pratiquer leur sport favori, leur culture ou tout autre obi, lorsque cette association est politique, on l’appelle un parti. Donc tout ce qu’il y a de plus démocratique et non du fachisme!!!
    Pour la seconde, heureusement qu’il y a la gauche modérée dans l’opposition lorsque la droite est au pouvoir et inversement pour assurer la démocratie, alors ne pendons pas les uns avec les boyaux des autres!!!
    gervais serge