Billet d’humeur!! 100%

Le prétexte n’est qu’un détail. Mais ça m’agace au plus haut point. Et parce que je craque devant l’ampoulage de la parole officielle, aujourd’hui je me fends d’un vrai billet purement d’humeur.
L’objet du délit: un simple titre d’article municipal, comme on en lit dans la prose de toutes les communes de France, comme on en retrouve dans la langue de bois des politiques, comme savent aussi parfois en commettre des journalistes un peu serviles.
« Bandol, une ville convoitée« … Si j’ouvre un dico, convoiter signifie « désirer avidement »… Pas de quoi fouetter un chat me dira-t-on, mais c’est l’accumulation d’enjolivements de la réalité qui me fait sortir de mes gonds, tant j’ai parfois le sentiment qu’on veut nous entraîner au pays des bisounours, nous appliquer une méthode Coué qui ne vise qu’à endormir notre esprit critique.

Si je me souviens bien des discours de campagne électorale, les opposants de 2008 (dont les vainqueurs d’aujourd’hui), n’avaient de cesse de déplorer que fût un temps où Sanary était une charmante ville située à côté de Bandol, et que (rejettant la faute sur l’ancien Maire François BAROIS), Bandol était aujourd’hui un village situé à côté de Sanary: beaucoup de bandolais convenaient de ce déclassement de notre ville (mais pas forcément que depuis 2001), et le déplorent encore. En deux ans de gestion, par la magie d’une entreprise croisiériste qui programme 6 escales sur la saison, Bandol devient « une ville convoitée ». Que les blogs amateurs, les discours d’opposants, les chroniqueurs humoristiques fassent dans l’excès, dans la caricature, dans l’humour, c’est plutôt normal, attendu même. Mais quand les organes de communication officiels nous sortent des énormités qui n’ont rien à voir avec la réalité, pour à force de répétition nous faire croire à une situation qui n’est pas la nôtre, je chauffe (souvenez-vous de l’incroyable chemin qu’il a fallu parcourir pour obtenir un début de vérité sur les chiffres). Communication ne veut pas dire propagande, et j’aurais accepté bien des titres pour un article pédagogique nous expliquant les efforts de la Mairie pour réattirer une certaine clientèle, et travailler son image à l’international. Par exemple et sans grande réflexion:

  • Bandol renoue avec les croisières
  • Bandol veut profiter de l’engouement pour les croisières
  • Bandol travaille sur sa renommée internationale
  • Bandol à l’assaut d’une clientèle différente
  • Bandol va devoir faire un effort sur les langues
  • Bandol veut capitaliser sur la réputation mondiale de son nom/AOC
  • etc.

Tous ces titres collent plus humblement à la réalité (même avec un peu d’exagération qui traduit un volontarisme mais sans vendre d’illusions): la Mairie a fait un effort de négociation (et c’est bien) pour qu’une clientèle étrangère et au pouvoir d’achat intéressant puisse (re)découvrir notre ville et espérons-le, s’en faire l’ambassadrice à son retour au pays… Je me souviens d’un conseil municipal où cet effort était évoqué, avec la programmation de ces premiers tests, que la municipalité espère voir multiplier lors des prochaines saisons. On n’en est pas à une bataille rangée de Tour Operators faisant la queue devant le port pour pouvoir bénéficier des meilleurs créneaux de débarquement sur le planning annuel (« ville convoitée », j’vous jure…)
De grâce, messieurs les élus, par pitié, responsables de la communication, ne nous endormez pas à coups de formules décalées! Tenez-vous en à la transparence, à l’humilité, à la communication de vos efforts et de vos travaux, à vos réussites et à vos marges de progression à venir.
Bandol n’est pas une ville convoitée. Bandol est une ville qui survit en roue libre par la force de ses atouts « naturels » ou historiques (géographie, topographie, capacité portuaire, SNCF au centre, AOC), mais qui a besoin d’un sérieux coup de collier pour retrouver ne serait-ce qu’une petite partie de son lustre d’antan, et reprendre la main sur sa réputation.
L’entêtement à vouloir nous faire avaler des billevesées dans les domaines les plus divers me fatigue. Les électeurs ne sont pas des gogos, et l’emphase d’un discours politique qui ne correspond pas à la réalité perçue par les gens est le meilleur moyen de se préparer un siège éjectable aux élections suivantes. Et Bandol aurait plutôt besoin d’un peu de stabilité politique intelligente que de voir une alternance inévitable tant l’irresponsabilité ou l’irréalité des discours oblige à virer des élus qui donnent le sentiment de se payer notre tête (et souvent avec notre budget).
On a de la chance que ces voiliers de croisière n’aient pas retenu quelques-uns des ports alentour: et il n’est pas écrit que nos voisines, amies et néanmoins concurrentes ne nous supplanteront pas si Bandol s’avère un peu juste dans l’impact qu’elle laissera en souvenir à ces touristes.

Frédéric METEY
www.bandolais.fr

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7 Commentaires

  • …(soupir)…c’est sûr !

  • comme disait DUTRONC
    ET MOI ET MOI ET MOI

  • le terme » convoité point d’exclamation « est assurément  » enorme  » pour qualifier l’attrait de Bandol suite au debarquement d ‘ une soixantaine de badauds pour la soirée .et comme le définit Jean Claude Chifflet dans son petit bouquin  » 99 mots et expressions a foutre a la poubelle « :  » si je devais comparer le langage contemporain a une garde robe , je dirais que l’on ne fait plus que dans la taille unique , format XXL !  »

  • bravo Fred , enfin !!!

  • James,
    si ce sont mes billets d’humeur qui vous plaisent, il faut me lire plus régulièrement, car parmi les 1230 derniers billets, j’en ai semé quelques-uns, au point qu’on m’a reproché d’y céder trop facilement.
    Je vous recommande notamment ceux qui touchent à Bandol Mag (déjà le thème de la communication municipale), ou à l’époque de la campagne électorale 2008 pendant laquelle j’ai pesté plus souvent qu’à mon tour.
    Mais un blog ne peut pas être qu’un mouvement d’humeur permanent.

  • je jette un coup d’oeil quotidien à ce blog , je pense que c’est assez « régulier ». Comme vs le dites vs même sur 1230 billets « quelques uns » ne parlons pas de Bandol mag après 40 ans dans la presse je serais sévère!!! J’imagine que comme moi la bêtise vous insuporte et elle règne ! alors « l’humeur » cela détend un peu même si je sais que cela ne règle rien…Il est important que « l’on » sache que nous ne sommes pas dupes…

  • S’il est vrai qu’il ne faut pas s’endormir sur ses lauriers (et dieu sait s’il y a des choses à faire à BANDOL : rénovation du CASINO, revoir le plan de circulation du port, améliorer le plan des festivités, dynamiser les ruelles qui sont derrière le quai du port, etc…etc….) , je me rappelle qu’il y a 15 ans, alors que j’étais commercial et que je revenais de BANDOL car j’habitais à MARSEILLE, j’avais dit à mon épouse : » aujourd’hui, j’ai vu le paradis, le rêve serait d’y travailler et d’y habiter ».
    Quelques années plus tard, un peu par hasard, le rêve d’y travailler s’est réalisé.
    BANDOL, c’est beau, c’est lumineux, c’est bleu, c’est propre, il y a du bon vin et tellement d’autres belles choses : j’apprécie cela tous les jours car une bonne partie de la FRANCE voudrait faire comme moi.