Bandol en route pour 4 longs mois

Bigre, me voilà obligé d’improviser un nouvel édito en lieu et place de celui déjà différé la semaine dernière (pour des raisons inverses). L’actu commande dans les médias (sur les blogs comme dans la presse).

L’édito que m’a inspiré les derniers événements abordera 4 thématiques :

1) Campagne électorale lancée à Bandol
2) Etat d’avancement (connu du public)
3)  Réunions, textes de campagne, tournée des popotes, etc. : Messages et canaux de communication
4)  Militantisme numérique : une pratique qui sera (ici) régulée

Campagne électorale lancée à Bandol

La première réunion électorale publique pour 2014 la semaine dernière, marque indubitablement le début de la campagne active. Avec un site électoral en plus de son site associatif historique, Jean-Paul JOSEPH rejoint Bandol Passion au nombre des équipes structurées en termes de moyens de communication, et qui abordent cette élection municipale avec l’intention claire d’être autonomes et présentes en tant que listes constituées au premier tour. On doit évidemment anticiper la troisième liste dans ce cas de figure que devrait être celle du maire candidat à sa réélection (qui usuellement entre toujours plus tard en campagne officielle et active, je veux dire avec des moyens de campagne qu’on ne peut pas confondre avec l’activité de la mairie).
Ce sont d’ailleurs ces deux équipes que j’ai remarquées et qui m’ont été signalées comme actives sur le terrain : j’ai croisé 5 personnes de Bandol Passion en tournée des commerces et elles diffusent ses tracts dans les boites à lettres, tracts que VVB distribue pour sa part déjà devant certains supermarchés.

Etat d’avancement (connu du public)

Avec sa réunion publique étonnamment précoce (au regard des habitudes du passé), JP Joseph entre en phase offensive en affirmant sa position indépendante des réflexions qui traversent encore à ce jour l’opposition (dans quel (dés)ordre aller à la bataille?), et en brûlant très tôt la première cartouche de ses réunions publiques (deux par équipe je crois, pour lesquelles la mairie fournit une salle municipale) : histoire d’attirer l’attention des médias, de s’afficher prêt très tôt en revendiquant le travail accompli tout au long du mandat par évolutions publiques successives (dissident, acteur solitaire, réflexion associative critique, mutation en force politique, candidature). Comme l’ont fait remarquer ses supporters en commentaires, son projet (à voir sur son site de campagne) témoigne d’un avancement que personne n’a encore affiché jusqu’ici, les autres équipes étant à ma connaissance encore largement dans des phases de rédaction (au mieux), ou de consultation des électeurs sur leurs attentes, voire pire.

Mais concernant la déclinaison du projet en programme, le site VVB2014 invite à patienter jusqu’à février, rejoignant un calendrier de campagne plus classique dans le « jeu politique ». Certains acteurs politiques m’avaient confié en 2008 qu’ils ne croyaient qu’à l’efficacité des deux dernières semaines de campagne électorale. Personnellement je considère que cette pratique (que je veux bien croire réaliste) contribue à l’abaissement démagogique du débat politique, et non pas à l’éducation citoyenne, politique, civique de l’électeur.

Réunions, textes de campagne, tournée des popotes, etc. :
Messages et canaux de communication

J’ai déjà traité des questions d’adéquation entre messages et tuyaux adaptés pour les faire passer au public. Mais l’heure est assurément venue d’en reparler.

Prinz Karl partageait dès jeudi soir en commentaire sa frustration quant au contenu de la réunion publique, très courte et sans aucun caractère informatif de son point de vue pour l’électeur (l’information tangible est délivrée via d’autres canaux, le site de campagne en particulier). Et il critique aussi entre autres, l’absence de présentation et de clarification concernant les personnes présentes sur scène aux côtés ou derrière le candidat (je vais me limiter à ces deux points pour aujourd’hui).

Faisant partie de ceux qui connaissent (un peu) Prinz Karl, et son degré de réflexion, je comprends sans problème son ressenti. Je ne partage pas du tout son point de vue sur les objectifs de communication d’une réunion publique, mais le rejoins totalement sur la deuxième critique. Je m’exprime ici plus comme ancien étudiant en marketing (et en professionnel qui a eu un peu à toucher aux questions de communication, déclinaison particulière de la discipline marketing) que comme citoyen électeur bandolais.

Avec deux réunions publiques, il est impossible de traiter le fond politique de façon exhaustive, et n’en traiter qu’une partie est probablement une impasse. Le cadre des réunions « privées » que chaque équipe organise habituellement chez les différents membres de la liste qui invitent leurs voisins et connaissances, est beaucoup plus propice au dialogue et à des jeux de questions-réponses, ciblées.

Une réunion publique, ça sert à quoi (selon ma perception, sans que je m’en réjouisse ou approuve comme citoyen l’intégralité de ces points) :

  • comme son grand-frère le meeting électoral (employons ce vocable pour décrire les grands raouts des partis lors des élections nationales), la réunion publique est d’abord là pour motiver les troupes, et faire vibrer les hésitants.
  • elle est l’occasion de nouer un contact « charnel » entre le politique et son public : langage non verbal, charisme, capacités oratoires (non négligeables dans une fonction qui a un rôle de communication important).
  • c’est le moment d’user de séduction (si elle existe) du candidat et de l’équipe : affirmer une personnalité, user de son charme ou de son humour, de son prestige (professionnel, physique altier, talents ou notoriété publics). On use au besoin du prestige de parrains. Ici un ministre, en 2008 on avait eu droit à une (très célèbre) chanteuse de jazz chez l’un, et chez un autre à un colistier bandolais (une semaine par an mais) grand patron et ancien chef de cabinet ministériel au finance. Ce n’est pas mon arme préférée (tellement trompeuse), mais elle est indissociable de la nature humaine, et du fonctionnement (imparfait) de nos systèmes démocratiques. Des caractéristiques d’aisance face à la foule, d’autorité naturelle, etc. peuvent impressionner une partie de ceux venus en curieux, rassurer ceux qui cherchent un chef, tout un tas de schémas qui correspondent à des attentes très diverses d’un électorat protéiforme.
  • c’est un moment court, de rencontre entre le candidat et une masse plus ou moins représentative de l’électorat, qui peut aussi servir à faire passer une vision, une conviction profonde, à donner une direction à sa future action politique.
    On est plus dans le credo que dans la démonstration. Ce n’est pas ce qu’on pourrait souhaiter en politique, mais c’est aussi cette capacité à entraîner l’adhésion qui est la marque de la plupart des plus grands noms politiques de l’Histoire (toute échelle conservée, entre l’Histoire, et la vie municipale de petites communes).

La réunion publique ne peut pas remplacer le texte, qui lui fournira le détail, fouillé, argumenté, long, parfois fastidieux, qui ne servira qu’à une fraction de l’électorat (que j’aimerai la plus large possible), qui a le temps, la volonté, les capacités de lecture et d’analyse pour aller au fond des réflexions politiques souhaitables.
Quelle durée devrait avoir la réunion publique informant véritablement l’électeur? Combien y assisteraient? Qui irait au bout? Ne faudrait-il pas un stage plus qu’une réunion? Et à multiplier par combien d’équipes? Je me base sur vos commentaires n’ayant toujours pas eu le temps de visionner la vidéo de jeudi soir proposée par Bandol-blog, mais je ne suis pas sûr que le contenu varie beaucoup sur les autres réunions de candidats. Et toutes les réunions électorales de masse me semblent calquées sur ces principes de communication et non pas de dialogue politique entre des postulants et la partie du corps électoral qui a fait le déplacement.

Personnellement, j’irai autant que possible à au moins une réunion de chaque candidat pour capter d’autres choses que l’information programmatique : personnalité, façon de traiter les sujets ou de les esquiver, où est l’accent dans le discours, repérer les intonations de sincérité et la soupe politicienne,  évaluer le (choix du) niveau de discours du candidat et de ses colistiers, ressentir une éventuelle complémentarité (ou au contraire monotypie) des personnalités clefs d’une équipe, degré d’implication perceptible des uns et des autres, etc. J’irai pour tout ce que le texte ne m’apprendra pas. A fortiori pour une élection où je crois plus à qualité des individus qu’à la coloration politique des engagements idéologiques généraux.

Et donc comme Prinz Karl, je suis stupéfait qu’on n’ait pas eu un mot d’explications (selon vos témoignages) sur le rôle des personnes qui partagent la scène avec le candidat (voir vidéo ou photos parues). En 2014, beaucoup plus informé sur le monde politique/associatif (bref, public) bandolais que je ne l’étais en 2008, je serai particulièrement attentif à la composition des équipes, et au moins autant qu’à la qualité des chefs de file, pour décider de mon vote. D’autant plus qu’observateur attentif du dernier mandat, j’ai mesuré l’importance de cette composition des listes sur la vie locale.
Faire moins d’une heure de réunion publique avait certainement un objectif de percussion du discours. Mais il me semble qu’allonger un peu la présentation pour l’élargir à quelques personnalités clefs autour du leader, a minima, s’imposait. J’ai reconnu des têtes, déjà impliquées par le passé dans la vie politique bandolaise, ou engagées dans la vie publique locale sous d’autres formes (associations, etc.), et j’attends avec impatience d’en savoir plus, euphémisme.
La précocité de cette réunion de campagne est certainement une raison de ce choix de discrétion (nouvel euphémisme) : on sait que les mois qui précèdent l’élection sont le théâtre de défections, de transferts, de négociations internes, pour emprunter au langage du mercato footballistique. La prudence est certainement de mise, tant qu’on est encore loin de l’échéance. La première cartouche « réunion » étant brûlée, je parie que la seconde du candidat JOSEPH servira largement à présenter la liste, telle qu’elle sera arrêtée pour l’élection (ainsi que les personnalités supports qui se seront impliquées sans être dans les 29 noms portant le projet à l’élection). En ce sens VVB2014 a certainement shooté le premier tir vraiment très tôt, mais aussi fait un coup de campagne façon « Deus ex machina » par ce choix de date qui créée l’événement en premier. C’est de la (bonne?) communication. Nécessaire en politique.

Militantisme numérique : une pratique qui sera (ici) régulée

J’avais vilipendé l’équipe Palix/Bogi en 2008, pour leurs grotesques pseudo-sondages organisés puis revendiqués comme du militantisme numérique (au sens en ligne, mais surtout au sens de faire « nombre », donner une illusion de masse). J’ai également sévi contre le comportement trollesque de certains supporters de Mme CONNAT lors de différentes péripéties sur mon blog, qui venait faire la claque pour leur candidate en répétant cycliquement combien elle était formidable, et abusant répétitivement des commentaires, et en meute, sans autre argument que leur foi et leur admiration pour leur chef de file. Certains y ont même gagné leur inscription dans la liste des gens que je soumets à mon contrôle de modération avant publication (beaucoup plus éventuelle, normalement, les commentaires sont libres chez moi). Des anti-Palix venant vider leur sac d’humeur contre le maire ont récemment subi le même traitement.

Or depuis jeudi, j’observe le même comportement de meute et plus laudateur qu’argumenté de la part de fans du Dr JOSEPH (incluant certains de ceux déjà soumis à modération). J’ai bloqué ces dernières heures certains commentaires sans aucun intérêt pour notre débat citoyen (émanant de personnes déjà modérées, mais aussi de nouveaux supporters clamant leur flamme sans aucun argument). Un ou deux, ça va, en remplir des colonnes, ça ne va pas le faire, et ce message vaut pour toutes les équipes.

J’invite les candidats à appeler leurs troupes (au moins celles avec lesquelles ils ont le contact) à une certaine mesure. Que l’enthousiasme et l’affection s’exprime sur les sites respectifs des équipes, et fasse nombre, c’est logique. Chez moi, cela n’a qu’un intérêt très limité (en tous cas de mon point de vue mais ici j’ai un certain pouvoir de décision). Et en termes de communication, ces accumulations, d’agressivité ou d’amour (politique) sont pénibles pour les autres commentateurs venus échanger au plan des idées, lassants pour les simples lecteurs, désagréables pour le blogueur qui héberge les débats, et au final, en termes d’image, de communication, généralement contre-productives.
On n’est pas sur un forum à faire des guerres de tranchées, de nombre : vous êtes ici chez moi, et vous y serez chez vous si vous respectez l’esprit qui anime ce blog depuis 6 ans et qu’il me coûte de devoir encore expliquer.

Conclusion

Ces 4 mois vont être très longs.

Message à mes correspondants

J’ai reçu énormément de mails depuis 10 jours, et en particulier depuis le lendemain du dernier jeudi. Je tâche de répondre progressivement à chacun, mais ce n’est pas forcément faisable en une phrase. Cet article apporte une partie des réponses, mais autorisez-moi quelques délais : si je ne l’ai pas encore fait, c’est que matériellement je n’ai même pas pu examiner la vidéo de l’affaire qui fait l’objet principal de cet article. Je vous écris en privé dès que possible.

F.M. – www.bandolais.fr





8 Commentaires

  • J’ai tout lu!
    Bonne journée

  • Jean-Pierre Chorel

     » désagréables pour le blagueur qui héberge les débats » : à classer dans la rubrique humour ?

  • muriel anguenot

    moi aussi !
    tres bonne journée

  • J’ai aussi tout lu et surtout apprécié la recommandation justifiée à l’adresse des passés maître en caillassages couverts par la burka de l’anonymat du pseudo.
    Le débat qui s’annonce a besoin d’autre chose que des attaques sans argumenter sur des solutions réelles à des problèmes réels. Quelque soit le résultat des élections l’Élu(e) ne contentera pas tout le monde, mais la seule chose que nous pourrions lui promettre, nous tous, c’est le respect de sa légitimité républicaine et cesser de nous substituer à des Élus d’opposition mandatés pour, eux, contester.

  • @ JP Chorel
    Bien vu Jean-Pierre. Le correcteur orthographique a sévi et fourni cette jolie coquille. À la relecture je découvre plusieurs fautes d’orthographe et anomalies de ponctuation. Je tacherai de corriger ce soir avec autre chose qu’un téléphone.

  • @ Jean SARRAT :

    cesser de nous substituer à des Élus d’opposition mandatés pour, eux, contester.

    Je ne te suis pas jusque là. Sans vouloir se substituer, je serais très très inquiet de vivre dans une société où seule l’opposition issue du vote serait en droit de contester. Les contre-pouvoirs sont fort heureusement nombreux et divers, les pouvoirs séparés, et la société civile doit fournir son lot d’idées, de critiques, de contestation, de proposition. Il est hors de question que je laisse le champ de la critique aux seuls politiques, qui sont aussi une corporation (au sens le plus strict du terme), avec tous les avantages et inconvénients que cela engendre.

    Ce que je critiquais dans mon 4ème point de l’article, c’est l’accumulation de commentaires visant à dire soit :
    – bouh, pas beau, caca…
    soit :
    – ah que mon champion il est le meilleur et le plus beau.

    Le tout en faisant, et c’est bien ça le plus gênant, l’économie du moindre argument factuel ou même explicatif…

    Je ne critiquais rien de moins, mais rien de plus.

  • @ Fred
    Je suis satisfait de mon commentaire qui a su déclencher ta réaction car tes arguments, que j’accepte, sont toujours lus avec beaucoup d’intérêt. Ceci dit, sans « pommader », je confirme que tes analyses et la pédagogie qui va avec enrichissent le sujet traité, pour moi, même si je ne partage pas toujours tes choix: merci.

  • J’ai fait une rapide relecture et corrigé quelques bricoles de pure forme (orthographe, ponctuation, liens supplémentaires,…)
    Et bravo à ceux qui ont tout lu !