Autocritique téléphonée

Oui, je fonctionne de façon injuste, malgré tous mes souhaits d’équité et de neutralité.

Pour la première fois, j’ai eu un contact téléphonique assez « tonique » avec Laurent, le webmaster de l’équipe Bandol2008 (avec qui je n’avais eu que des échanges de mails pas toujours doucereux jusqu’ici), pour me faire part de son agacement face à une tendance de mes écrits, qui ne peuvent jamais souligner un point positif de son équipe sans en même temps le pondérer, le réduire via d’autres considérations. Et cela justifie probablement aussi une partie des critiques que m’adresse Serge Gervais aujourd’hui supporter du camp Barois.

Il se peut que j’ai introduit un biais dans la campagne, involontaire, même si je ne pense pas mon influence si grande. Mais examinons cela de plus près, introspectivement, et par les circonstances aussi.

Je pense que Laurent (le « sherpa » de Marcel Bogi et Christian Palix) a en partie raison, et que cela s’explique par mon mode de fonctionnement: …/…

…/… quand j’ai un dialogue avec mes interlocuteurs, j’humanise aussitôt la relation, je cherche à comprendre l’autre, ses motivations, etc. Plus le dialogue est riche, plus ma prise en compte grandit, plus je suis à l’écoute, critique aussi, mais j’augmente ma prudence, ma mesure.

L’illustration frappante est le cas du Maire sortant:

Aucun doute au regard de mes statistiques, vous aviez une attente de communication avec l’équipe municipale, et chez moi c’est encore plus flagrant, puisque j’ai exercé cette pratique du dialogue en l’ouvrant publiquement.

Côté Mairie, on a nié cet appétit de communication, ou son intérêt. Résultat, si je suis capable de discerner des points qui me paraissent positifs, mes critiques sont en revanche directes envers le Maire et son entourage, assez entières et sans prise de gants. En face, silence radio, ou bien réactions agressives et négatives envers mon blog et moi. Du coup, je n’affirme plus que mon exigence, intransigeante. Je n’hésite pas à sortir l’artillerie lourde, mais toujours assumée, signée, à visage découvert. Les saloperies que certains partisans se sont envoyées par en dessous, sont bien moins propres et avouables que mon blog, mais il n’y a qu’à moi qu’on fera des reproches ou des misères… Pourtant on ne pourra pas m’accuser de coups bas, sport si répandu en politique.

Chez Palix et Bogi (qui ont été les premiers à m’ouvrir la porte de leurs candidats, soulignons-le), le contact n’a pas été maintenu. Très faibles réactions de leur camp dans les commentaires laissés chez moi, et pratiquement pas de contacts, jusqu’à ce coup de fil. Mon ton était naturellement redevenu direct, incisif, alimenté uniquement par vos retours, par ce que les bandolais m’apprennent du passé de la ville et de ses figures locales (et cette opinion publique a voté « tout sauf Bogi » en 2001, elle n’est pas que rose).. Je ne me fie jamais à une opinion isolée, mais quand j’estime avoir suffisamment recoupé une info, je m’appuie dessus, et attends de mes lecteurs qu’ils terminent la nuance, les corrections. Mais là encore, ce sont mes attentes, mes exigences d’électeur et de citoyen qui s’expriment spontanément, supérieurement.

Ma compagne qui me connaît bien le confirmera: la difficulté de relations avec moi tient avant tout à mon degré d’exigence (envers les autres, mais aussi envers moi). Je pense que j’ai subi une pression de cette nature il y a bien longtemps, et elle est intégrée dans ma façon d’être aujourd’hui. C’est aussi elle qui me fait clarifier les choses avec cet article, après l’explication franche et directe avec Laurent.

A l’inverse, sans le vouloir vraiment, les contacts sont nés plus tard avec les équipes Delaud puis Sauzet, mais se sont maintenus. Pour certains parce qu’étant en campagne et très présents en ville, je les ai croisés, plus que d’autres: à chaque fois, on a pris le temps d’échanger, de réfléchir, de partager des informations, le ressenti des bandolais tels que nous le recevons, eux et moi. D’autres, parce que pour diverses raisons nous sommes en contact (ex.: Julien Banchet avec qui je partage un goût immodéré de l’internet, est un interlocuteur que j’ai au moins en ligne une fois par semaine). Dans le monde journalistico-politique, des connivences naissent avec moins que ça. Laurent comme Serge craignent que je n’ai pris ce pli là, et je ne peux pas me laver de ce soupçon, pas plus que tous ceux qui ont des relations professionnelles ou personnelles avec des membres d’une ou plusieurs listes (et vous êtes nombreux dans ce cas à Bandol). D’autre part, à aucun moment ces candidats et leurs supporters n’ont douté de l’intérêt de ma démarche, mais ont au contraire plutôt tenté de la propulser, de l’enrichir, de participer… C’est ce que j’attends de tous. Et là il faut bien dire que les grosses écuries n’ont pas été à la hauteur de mes souhaits. Leur culture et leur expérience politique ne s’y est pas adaptée.

Si on ajoute que ma position dans cette élection a toujours été en faveur du débat et de la démocratie, on peut aussi supposer que je tire moins lourdement sur l’ambulance (traduire que je suis moins sévère avec les candidats plus petits ou qui partent de plus bas dans les « sondages », qu’avec les ténors de la place, sauf quand il y a vraiment amateurisme ou dérapage, qui me rendent très vite très acerbe quel que soit son auteur, l’équipe Sauzet en a eu fait les frais bruyamment en début de campagne par exemple). Je peux l’admettre. J’aspire sans aucun doute à une forme d’équilibre entre les pôles qui me paraissent respectables, et tant que l’équilibre est nié, je me bat pour rectifier. Vous n’avez pas fait autre chose en sanctionnant Barois. Avec 30%, il sait aujourd’hui que son autisme à la Mairie ne peut pas durer 6 ans de plus: l’équilibre entre bandolais n’a pas été respecté.

Enfin, je ne serai pas complet dans cet exercice de transparence, sans dire que je suis devenu très méfiant envers l’équipe Palix/Bogi, peut-être à tort, mais c’est un fait. Toutes les équipes ont tenté de me faire publier des infos, en m’incitant plus ou moins subtilement à en penser ce qu’elles en pensaient. Mais par deux fois, dans mes contacts « offline » en particulier avec Laurent, j’ai eu le sentiment d’avoir vraiment affaire à une tentative de manipulation, dont une a eu un certain retentissement dans les commentaires de mon blog. Je n’y reviens pas, dans ce cas précis tout a été publié pour que chacun se fasse son opinion, et cela est derrière nous. Une troisième fois, par un supporter déclaré de cette équipe, j’ai eu une info que je ne pouvais pas vérifier. J’ai consulté des amis sûrs, qui m’ont recommandé de ne pas l’utiliser, envisageant même qu’il puisse s’agir d’une forme de piège destiné à me décrédibiliser. Je n’en sais rien, et au final ce n’était pas très important, mais c’est vrai que j’ai pris pour habitude de me méfier plus particulièrement de cette équipe, et devant sa domination annoncée, je ne leur passe rien, je suis intransigeant. Privilège du leader, désolé… Mais tout ce que j’ai écrit, je l’assume, en conscience.

Alors quoi?

– oui j’induis sûrement un biais par mon approche, de blogueur individuel. Je ne suis pas le forum publique et parfait de Bandol, même si Bandolais.fr sert aussi d’espace d’expression publique.

– oui, tant que tous les candidats me paraissent avoir quelque chose d’intéressant, j’imagine que mon rôle est de vous obliger à prendre en considération toutes les propositions, pas seulement les options proposées par les équipes les plus installées, ou les plus riches en moyens de campagne.

– oui, je suis plus intransigeant avec les leaders qu’avec les challengers (ils doivent se faire leur expérience aussi, et ne sont pas forcément plus mauvais).

– je pense aussi que mes lecteurs ont tous leurs neurones, savent qu’ils lisent un blog personnel, tenu par un homme inexpérimenté en politique et bandolais de fraîche date comme le rappelait Bandol2008 à mes débuts (je fréquente Renecros depuis 30 ans quand même). Et comme je l’ai écrit, par le volume de sujets traités, j’espère que chacun peut se faire son opinion, et corriger mes excès (et si besoin publiquement à l’aide des commentaires).

Mais, tout ça ne préjuge pas de mon vote. Bandolais.fr est une réflexion à laquelle je vous associe pour approfondir un sujet qui m’intéresse, à l’occasion de cette campagne, et mon vote reste mon choix de citoyen dans l’isoloir, pour opter en mon âme et conscience pour un projet et les hommes qui le portent. Dans l’exercice intellectuel, j’ai volontiers tendance à prendre le parti contraire à l’opinion dominante, même si je le tempère dans mon discours public.

Enfin, si j’agace autant les 116 personnes qui se sont engagées dans la campagne des municipales sur les 4 listes initiales, c’est parce que je suis seul. Ca me donne une visibilité exagérée. En 2014, je ne sais pas s’il y aura 5, 10 ou 20 blogs d’habitants de Bandol, mais Bandolais.fr n’aura pas le relief qu’il a aujourd’hui. Il fera partie d’un débat plus large (ça me permettra aussi d’écrire à un rythme moins délirant, laissant faire une partie du travail par d’autres). Aujourd’hui cas unique localement, je focalise l’attention, mais je m’oblige à une certaine exemplarité par la responsabilité que me donne cet excès de présence. Cependant je ne suis pas responsable du fait que personne d’autre ne se soit approprié l’outil de débat qu’est internet, sous toutes ses formes. Que n’avez vous fait ouvrir des blogs par vos amis, par des personnalités de la commune, bénéficiant d’une autorité supérieure à la mienne? Vos sites de campagne, c’est bien, mais aujourd’hui le débat se passe aussi ailleurs sur Internet, et là il faut bien dire que vous m’avez laissé une place vide, sur laquelle je me suis jeté par appétit de débat, dans lequel je n’ai trouvé que très peu de répondant…

Certaines équipes ont mieux su interagir avec moi que d’autres: peut-être les plus modernes (pas seulement sur internet, mais aussi dans leur forme de communication et d’ouverture politique). De ce malentendu qui a pu naître avec certaines équipes, je ne me sens pas non plus responsable. Je ne suis qu’un reflet de l’époque, et il faudra bien que tous évoluent pour s’y adapter.