2010 verra-t-il Bandol se tourner vers l’avenir?

En décembre et même en ce début janvier, l’actualité bandolaise (et les articles sur Bandolais.fr), ont régulièrement tourné autour des chiffres: le débat budgétaire et le vote du budget primitif de Bandol pour 2010 ont donné lieu à une passe d’armes politique qui ancre la ville dans les années passées. En tant que citoyen, j’observe ce combat avec agacement, impatience et fatigue.
Les urnes ont parlé en 2008, et les électeurs ont infligé à François BAROIS, maire sortant, une défaite sans appel, explicables par des raisons multiples, mais que les électeurs ont confirmé par un score de désaveu qui a tourné à presque 70% au premier comme au second tour. Je veux croire que ces mêmes électeurs sauront se souvenir de leurs raisons en 2014. Pourquoi donc les vainqueurs veulent-ils absolument « re-tuer » leur adversaire politique, en arrivant à des extrêmes stupides:
– noircir le tableau plus que de raison.
– user de manipulation grossière.
– interconnecter les 2 mandats de façon excessive et contre-productive.
Simple électeur déjà très occupé, je n’ai pas étudié les données autant que certains de ceux qui se sont exprimés jusqu’ici (et engagent une partie de leur temps en politique), mais j’en fais ma propre synthèse sur la base de tous les échos entendus et lus jusqu’ici. Et comme Jean-Paul JOSEPH, ancien colistier du Maire actuel pendant sa campagne, plus le temps et les manoeuvres passent, et plus je suis convaincu qu’il faut bien séparer les mandats. Explications:…/…


Comme l’a rappelé Christian DELAUD, François BAROIS a bénéficié d’un contexte favorable sur le plan économique, et de caisses municipales plutôt pleines à son arrivée en 2001. Il a utilisé les moyens dont il disposait donc pour mettre en oeuvre des travaux qui correspondaient à sa vision de Bandol, et qu’il a pu mener assez loin notamment grâce à un mandat à la durée exceptionnelle de 7 ans.
Il a été battu à la fin de ce mandat sur à mon sens 4 grandes raisons:
– sa vision de Bandol ne correspondait pas aux attentes des bandolais (certains voyaient la transformation de la ville comme une préparation à l’intégration dans le grand Toulon en faisant de Bandol une banlieue très périphérique et vache à lait financière servant aux grands projets de l’agglomération comme le financement du tramway par exemple, dans le cadre d’une prévisible absoption par TPM).
– la débauche de travaux qui a culminé en fin de mandat ne convenait pas aux bandolais, soit dans leur adéquation avec la ville (proportion, géolocalisation ou image) soit dans leur résultat (avenue du 11 novembre par exemple) même si certains chantiers étaient attendus car nécessaires.
– sa surdité envers les habitants n’égalait qu’une faible capacité municipale à communiquer vers la population, son entourage direct montrant des dispositions guère meilleures.
– le tout se retrouve dans les chiffres, avec une situation financière plus tendue en fin de mandat, et alors que le contexte économique global se renverse, obligeant à un mandat suivant plus modeste et forcément bridé. De plus la Chambre Régionale des Comptes dans son rapport indique clairement que la gestion n’a pas été à la hauteur du budget de la ville, et laisse imaginer que les dérives en l’absence de contrôle digne de ce nom ont pu permettre des abus (cependant personne ne croit à la responsabilité directe d’un François BAROIS perçu malgré ses défauts comme homme intègre, mais pas forcément bien entouré). La page 6 du rapport de la CRC m’a notamment laissé sans voix, et ce n’est pas la lettre-réponse de François BAROIS mais qui est publiée sans contrôle par la CRC, qui répond à mes interrogations sur le degré d’éthique de ceux qui à différents échelons ont laissé se perpétrer certaines pratiques.
Personne n’effacera ces critiques, et des voix le rappelleront forcément si l’envie prenait l’ancien Maire ou ses équipiers de l’époque de briguer un nouveau mandat en 2014.
Pour autant faut-il être injuste, manipulateur, et accabler de reproches infondés le vaincu?
Pour ma part j’en veux à François BAROIS d’avoir abandonné la maîtrise d’oeuvre ET la maîtrise d’ouvrage de la Médiathèque à une officine départementale (« Var Aménagement Développement ») ce qui explique probablement qu’une partie des coûts de ce projet aient flambé: de 8 millions, dossier acceptable pour notre commune, on a fini à plus de 18 millions d’euros. C’est un surcoût de 10 millions d’euros, soit environ la moitié du budget annuel de la commune. Mais ce n’est finalement que 5 à 7% peu ou prou du budget global manipulé par François BAROIS sur la durée totale de son mandat, allez, 7 ou 8% si on compare à un mandat normal de 6 ans. Quiconque tient un budget sait que ce n’est pas sur un tel écart qu’on mettra une ville saine en faillite ou sous tutelle en un mandat. C’est à coup sûr une erreur de gestion que de se mettre en position de financer sans véritable contrôle décisionnel, et ce coup au portefeuille des bandolais suffira à rendre ses rêves de retour utopiques. Mais stop aux manipulations.
En parlant d’impôt médiathèque, en ne parlant de sa propre gestion de la ville qu’autour de l’héritage Barois, en usant de manoeuvres indignes envers l’adversaire et insultante pour l’intelligence des électeurs, les vainqueurs ne sont-ils pas en train de se tirer une balle dans le pied? A force de parler de Barois, toujours placé au centre du débat local, à force de l’éreinter au-delà du légitime, la municipalité en place en fait finalement une forme de publicité (ne vaudrait-il pas mieux l’oublier?) et oblige les non partisans à se transformer en défenseurs malgré eux de l’ancien édile. Croyez-moi, je partage les 4 grandes critiques énoncées plus haut, et n’ai aucune envie de me transformer en avocat de François BAROIS. Je n’ai pas apprécié son mandat, ni comme résident, ni comme contribuable, mais même s’il n’a pas brillé par le fait d’avoir fait avancer la démocratie locale ni par le plein respect des règles de gestion, je trouve inadmissible qu’il soit traité de façon inéquitable ou indigne (vous me direz que je suis un grand naïf devant la vie politique, certes).
Que Christian PALIX et son binôme victorieux, Marcel BOGI, communiquent sur les difficultés de contexte qu’ils rencontrent avec de véritables renversements de tendance, sur les recettes des jeux ou la baisse des mouvements immobiliers qui comptent dans le budget communal, qu’ils fassent preuve de pédagogie. Qu’ils se montrent plus grands que leur prédécesseur avec plus d’écoute de la population, plus de respect et de place pour l’opposition, plus d’information en profondeur sur la vie de Bandol. Qu’ils fassent respecter l’équité entre bandolais, alors que les pratiques actuelles leur font perdre progressivement le respect d’une partie des citoyens, et qu’ils se montrent exemplaires (« élus » doit aussi vouloir dire cela, non?). Qu’ils mettent en place de la transparence dans leur gestion et sur les dossiers qui restent incompréhensibles ou insondables même pour les bandolais qui s’y intéressent comme la SOGEBA et le port par exemple (c’est en bonne voie semble-t-il, ouf!), c’est ce que les plus vigilants des bandolais attendent d’eux.
Mais pourquoi charger la mule avec une politique d’équipement et d’investissement qui fait prendre des risques au budget de la ville: Barois lui-même reconnaît que les conséquences de sa gestion impliquent une modération de deux à trois ans? Cette décision est politique pour profiter de l’effet psychologique de la médiathèque et son surcoût en cas de dérapage des finances, décision très modérément justifiée par la récupération anticipée (juste anticipée, ce n’est pas un cadeau en plus) de la TVA, et qui conduit à une précipitation dans certains dossiers. Si l’expérience Barois laisse une leçon, c’est que Bandol n’a pas besoin de précipitation, mais bien d’application, et de contrôle rigoureux. C’est l’une des leçons que je tire du rapport de la CRC qui insiste à plusieurs reprises sur la mauvaise préparation de plusieurs dossiers (expression ou étude des besoins mauvaise ou incomplète). Et hélas, les dossiers lancés depuis 2008 semblent encore largement porter la marque d’une certaine précipitation.
Il faudrait probablement aussi une vision, une ambition claire pour la ville, mais pour ce qui est du programme électoral de Palix/Bogi, s’il y avait une ambition et une vision pour la ville, on ne la retrouve pas encore dans les faits (ça ne pourra probablement se mesurer qu’en fin de mandat).
Ce n’est qu’un avis d’électeur, mais autant dire que sur le chemin pris, la Mairie ne se fabrique pas un nouveau fan. Pratiquement à un tiers de mandat, je ne peux qu’espérer voir le Maire et son premier adjoint revenir à un peu plus de raison, à une pratique assainie de la politique, et orienter leur mandat vers l’apaisement plutôt que dans des voies dont l’une d’elle finira certainement par faire le jeu de leur ancien adversaire. C’est le temps des bonnes résolutions: que nos élus soient suffisamment inspirés pour enterrer la « politique de grand-papa ». Et puisqu’ils viennent de présenter leurs voeux à la population, permettez-moi de leur adresser des voeux de réussite pour 2010, au nom des bandolais qui partagent ma vision d’exigence.
Frédéric METEY
www.bandolais.fr
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3 Commentaires

  • Laetitia Quilici

    Frédéric,
    Je te rejoins quand tu dis qu’en 2010, Bandol doit se tourner vers l’avenir.
    Je ne suis pas forcément d’accord avec l’intégralité de ton article (tu t’en doutes…), je ne reviendrai pourtant pas sur ton analyse.
    Justement, passons à autre chose. Ça fait plus de 2 ans qu’on entend ces discours de campagne qui sont aujourd’hui stériles compte tenu que les élections ont eu lieu il y a maintenant 22 mois…
    Elles sont terminées, il faut tourner la page.
    Pour moi en tant qu’élue dans l’opposition et qui participe donc aux conseils municipaux, le spectacle est affligeant.
    Cette 1ère expérience d’élue locale, même si elle n’est pas toujours agréable, est quand même constructive.
    Ce que je peux d’ores et déjà en tirer, c’est qu’une équipe ne doit pas se former avec comme seul objectif d’être contre, mais plutôt pour construire, en ayant un projet commun : on ne peut pas simultanément prétendre construire et passer son temps à détruire.
    Et aujourd’hui j’ai le sentiment que l’équipe municipale en place a comme seul projet d’être contre F. Barois.
    Je ne vois pas de projet pour Bandol, il n’y a pas de ligne directrice, pas de cohérence dans les actions, c’est à mon sens du coup par coup sans aucune vision sur le long terme ((je prendrai comme exemple flagrant celui du Casino).
    Il faudrait maintenant que les vengeances personnelles cessent, comme notamment refuser de donner un local à l’opposition, refuser de diffuser le rétro planning pour la publication des articles dans le journal municipal… Et qu’on ne me réponde pas que c’était la même chose sous l’ère Barois, car ce n’est pas une réponse acceptable. La nouvelle démocratie ne devait-elle pas être en marche à Bandol ? On l’attend toujours…. Arrêtons là ces mesquineries.
    Que chacun commence à travailler avec ses propres convictions pour construire l’avenir.
    Prenons de la hauteur, Bandol le mérite !!!

  • bravo Fred pour ce résumé exhaustif de ton analyse du bilan a quasi mi mandat de la municipalité actuelle et de la mandature precedente , qu’il faut , tu as raison , ne pas amalgamer et ne pas utiliser comme alibi .
    moi , j’aimerai plutot que l’on m’ informe
    de l’évolution du projet ( obligatoire ) d’intercommunalité , de la place prévue pour Bandol dans le futur SCOT pour son développement territorial , son rayonnement , ses orientations economiques et la preservation de son environnement , bref , de la vraie prospective pour 2010 , 2011, 2012…2020 ,et plus .
    j’aimerai aussi que l’on ne nous endettent pas a tire l’arigo en periode de vache maigre et pour une durée insensée , toutes choses qui ne réjouissent que les banquiers, qui , il est vrai , en ont grand besoin apres leur inconséquence notoire .
    et puis , et puis , j’aimerai bien savoir ou sont passés les enregistrements des conseils municipaux et l’unique video ; pourquoi ne pas les communiquer sur le site tout beau tout neuf , ce serai vraiment sympa !

  • Laetitia,
    merci d’avoir écouter mon opinion de simple électeur, d’en prendre acte, et de prendre sur toi de ne pas relancer un débat biaisé et qui deux ans après devrait laisser la place à la gestion quotidienne et à long terme de la ville. Au passage Muriel pose quelques-unes des questions qui nous intéressent, et souhaitons qu’elles trouveront leurs réponses et en transparence.
    Il me reste à espérer que lorsque ta génération politique en général, et toi en particulier, arriverez aux affaires, les bonnes dispositions que tu affiches seront appliquées. Et que vous parviendrez à accélérer les choses auprès de la génération actuelle.
    Bon courage pour obtenir les avancées que tu souhaites (et que j’appuie « in petto » évidemment).